‹ Les saints de l'église de MarseilleChapitre 26 sur 40 · SAINTE EUSÉBIE · texte numérisé non relu

SAINTE EUSÉBIE

ET SES COMPAGNES Vierges et Martyres

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Cassien, le fondateur de l'institut cénobitique à Marseille , avait créé, en même temps que Pabbaye de Saint-Victor, un couvent de vierges chrétiennes. Gennade, qui vivait cinquante ans après lui, dit exprèssèment: « Cassien...., ordonné prêtre à Marseille, fonda deux monastères, un pour les hommes, Tautre pour les femmes; ils existent encore aujourd'hui. » (Gennade, c. 6i).

L'établissement de ce monastère date de l'an 420 en» viron. Il fut, croit-on, placé à son origine sous le vocable de la Très-Sainte Vierge. (André, p. 2). Cependant il prit bientôt celui de Saint-Cyr. C'est ce dernier nom que lui donne une inscription célèbre, dont nous aurons à nous occuper bientôt, et que l'on assure être des premières années du VI' siècle.

Saint Cyr était un petit enfant, qui fut martyrisé à Tarse de Cilicie en 804, pendant la grande persécution de Dioclétien. Tandis que sa mère, sainte Julitte, traînée devant le proconsul, était torturée pour la foi, Cyr, âgé à peine de trois ans, pleurait, sans que rien pût le

calmer, et criait : « Je suis chrétien. » Le proconsul furieux le saisit, et lui brisa la tête sur les marches du tribunal (MartyroL Romain^ i6 juin). La mère et l'enfant furent ensevelis par deux servantes fidèles. Plus tard, sous le règne de Constantin, leurs reliques furent honorées à Antioche, d'où saint Amator, évêque d'Auxerre, les apporta en Gaule au commencement du V* siècle. Une partie de ces reliques vint en la possession des religieuses de Marseille (André, p. 14); et c'est pour cette raison qu'elles se mirent sous le patronage de saint Cyr.

La régularité des dames Cassianites leur attira bientôt une réputation universelle de sainteté ; leur couvent devint le modèle des autres maisons religieuses; et saint Césaire, dans les premières années du VI* siècle, y fit élever sa sœur Césarie, qu'il destinait à diriger la congrégation de femmes qu'il voulait réunir à Arles, a II rappela du monastère de Marseille, dit saint Cyprien, sa sœur, la vénérable Césarie, qu'il y avait envoyée afin qu'elle s'instruisît de ce qu'elle devait enseigner, et qu'elle fût disciple avant de devenir maîtresse. » (Vita S, Cœsariij 1. I, n* 25).

Sous l'épiscopat de saint Sérénus, l'abbaye marseillaise était sous le titre de Saint-Cassien, soit qu'elle eût abandonné celui de Sainte-Marie et celui de Saint-Cyr, soit, ce qui est plus probable, qu'elle les portât simultanément. A cette époque, le monastère s'était accru de constructions, par lesquelles le patrice Dynamius l'avait joint à une maison qu'il possédait tout auprès. En novembre 596, saint Grégoire-le-Grand écrivit à l'abbesse Respecta. A la prière du même Dynamius, il lui accorda le privilège de l'exemption, mettant le temporel du monastère hors de l'ingérence de l'évêque,

auquel il ne laissa que la surveillance spirituelle. (Saint Grégoire-le-Grand, 1. vu, ép. 12).

. Au commencement du xr siècle, nous voyons de nouveau l'abbaye sous le titre de Sainte-Marie. (Cartul.y n" 40). Enfin, quelques années après, quand les filles de Cassieâ se furent retirées en ville, dans un couvent bâti sur la prison de saint Lazare, elles adoptèrent le vocable de Saint-Sauveur, et elles l'ont conservé jusqu'à la Révolution française.

C'est cet antique monastère qui a été illustré par le martyre de l'abbesse Eusébie et de ses trente-neuf compagnes.

' La mort héroïque de ces glorieuses vierges ne nous a pas été racontée par les historiens contemporains; la tradition seule en a gardé lé souvenir ; mais cette tradition est continue, affirmative, et doit nous inspirer une foi certaine. Elle a été consignée dans le Propre de l'Eglise de Marseille ; et nous ne pouvons mieux faire que de traduire ici les leçons de l'office, qui la contiennent tout entière :

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