‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 128 sur 188 · CHAPITRE IX. -—- GÉOGRAPHIE ECOLÉSIASTIQUE ANCIENNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. -—- GÉOGRAPHIE ECOLÉSIASTIQUE ANCIENNE

dont le nom commence par Lok-, étaient encore des trêves à la fin du xvrr siècle : Locquirec était une trêve de Lanmeur aux enclaves de Dol, Loguivy-Plougras et Lohuet étaient trêves de Plougras, Locquenvel n'était qu'un prieuré-cure ; en outre, l'examen de la carte montre que le petit territoire de Locquenvel, aux limites factices, correspont! au domaine très restreint d'un prieuré et n’a rien de comparable avec le territoire d'une paroisse ; tout semble révéler un morceau arraché à la paroisse de Plougonven ou à la Chapelle-Neuve, sa trêve. Loguivy-lez-Lannion a, de la même façon, un très petit territoire aux limites toutes factices; l'on y reconnaît le petit domaine agricole qu'exploite un prieuré; l'emplacement du village de Loguivy, le long de la rivière, suffirait à prouver que ce n’est pas une paroisse ancienne ; par ailleurs, c'était une enclave de Dol ; toul indique que c'est un démembrement de la paroisse de Ploulec’h, qui primitivement était limitée au nord par le Léguer, . à l'ouest et au sud par Ploumiliau, à l'est par Ploubezre. Locquémeau est demeuré une trêve, ce village n'ayant pas pris une extension assez importante pour obtenir son autonomie, Saint-Michel-en-Grêve, en breton Lomikel, était un prieuré-cure ; l'emplacement du village, sur la grève, indique en outre une origine peu ancienne ; son territoire très restreint, aux limites purement factices, semble avoir été prélevé sur Plouzélambre ; en 1828, on lui a ajouté une partie du territoire de Trédrez".

Les Tré- qui sont actuellement des paroisses ne semblent pas des paroisses anciennes. Trémel a été une trêve de Piestin jusqu'en 1829. Tréduder, dont le territoire eat tout petit ne fait nullement l'effet d'une paroisse ancienne : tout semble indiquer un démembrement de Plouzélambre, qui déjà amoindri par la création du prieurécure de Saint-Michel, n'a plus aucune étendue. Trédrez est certainement une ancienne trêve de Ploumiliau : lorsque l’on examine, sur une carte, le territoire de Ploumiliau, qui est immense, on voit qu'une longue bamde de terrain enserre

3. Avant l'ordomnance royale du 23 juillet 1828, la limite avec Trédrez avait toujours été la petile rivière de Saint-Michel, si bien que la plus grande partie du bourg de Saint-Michel, toute l’ancienne roule, était sur Trédrez. Les habitants de ce quartier devaient se rendre à la messe paroissiale de Trédrez distant de trois kilomèlres.

du côté continental tout le territoire de Trédrez et rompt l'unité du territoire de Ploumiliau*. Tréglamus était une trêve de Pédernec avant la Révolution.

Les Lan- ne sont pas non plus des paroisses anciennes. Lannéanou était avant le Concordat une trêve de Plouïgneau; Lanmeur et Lanvellec étaient des paroisses, mais aux enclaves de Dol ; or aucune des enclaves de Dol n’a un nom en Plou-, autrement dit on n’a aucun exemple d’enclave de Dol, dont le nom indique une paroisse primitive ; l’on comprend très bien que les enclaves ont dû être, à l’origine. des monastères qui relevaient d’une maison-mère lointaine, mais les paroisses primitives n'auraient pu relever ainsi

d'organes lointains.

On a vu déjà combien il était intéressant d'examiner la configuration et l'étendue du territoire des paroisses. Lanmeur et Lanvellec offrent à ce point de vue des éléments importants, de nature à faire décider que ce sont des paroisses constituées après les paroisses primitives et au détriment de celles-ci. Lanmeur a un territoire assez vaste, mais il n’est borné par aucune limite naturelle : fait bizarre, son territoire comprenait avant la Révolution la trêve de Locquirec, morceau qui est complètement séparé de Lanmeur par toute l’étendue du territoire de Guimaëe. Guimaëc est certainement une ancienne paroisse : c’est le nom du bourg, Guic-, alors que l’ensemble du territoire paroïissial devait porter un nom en Plou-, nom qui a disparu. Le territoire de Guimaëc a été démembré de toutes parts, et sur la carte on peut constater ces démembrements successifs. Le bourg est à la limite qui sépare Guimaëc de Lanmeur ; une partie du bourg et la ferme de Penquer, dont le nom est significatif, sont sur Lanmeur. Le territoire constitue une longue bande resserrée entre Lanmeur et sa trêve, Locquirec. Enfin, la trêve de Locquirec comprend la frérie de Lézinear, frérie qui tient à Guimaëc par toutes ses limites fterriennes et qui est complètement détachée de Locquirec : la frérie de Lezinear ne touche à Locquirec que par une très étroite langue de terre au bord de la grève du

4. On a, en même {emps, rattaché Locquémeau à Trédrez, bien qu'ils soient séparés par une rivière. La longue bande de terrain que Ploumiliau a conservée lui a permis de garder une vue sur la mer pour avoir du goëmon.

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