GHAPITRE IX; — GÉOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE ANCIENNE
Les paroisses primitives avaient un territoire considérable ; Guimaëc, avant son démembrement, couvrait tout le territoire depuis le Douron jusqu'à Plougasnou ; Plestin, même après le Concordat, avec sa trêve de Trémel, avait aussi une étendue immense. Ploumiliau, privé de Trédrez, à encore onze kilomètres sur sa plus grande longueur. Plouïgneau a quinze kilomètres d'est en ouest ; il possédait la trêve de Lannéanou avant la Révolution et avait alors dix-huit kilomètres du nord au sud. Piougras, avec ses trêves de Loguivy et de Lohuec, avait quatorze kilomètres du nord au sud et autant d'est en ouest sur les plus grandes longueurs ?.
forts (Castrum Henpail, dans la vila de saint Guntiern, Castrum Alrae dans le Gart. de Quimperlé) ; précisément, Morlaix, Hennebont et Auray qui sont à cheval sur une rivière, se trouvaient divisées par cette rivière en deux paroisses, l’une rive droite, l’autre rive gauche ; chacune de ces paroisses étant d'anciens prélèvements sur les antiques paroisses : Auray avait la paroisse Saint-Gildas, ancien démembrement de Brech, sur la rive droite, et Saint-Goustan, ancien démembrement de Plunéret, sur la rive gauche ; Hennebont avait Saint-Caradec sur la rive droite, démembrement de Caudan, et Saint-Gilles, sur la rive gauche, démembrement de Kervignac (Luco, Pouillé de Vannes, PP--882, 07124, 7814 0145) 155).
9. Plestin et Trémel, sa trêve, font 4.645 hectares ; Ploumiliau et Trédrez, 4.534 ; Pédernec, avec ses trêves, Tréglamus et Mouslérus, 6.011 ; Plouaref et Le Vieux-Marché, 5.187 ; Plougonver, La Chapelle-Neuve, sa trêve, avec le prieuré-cure de Locquenvel, 6.780 : Plougras et ses trêves, Loguivy et Lohuec, 9.133. Plus on monte vers de haut pays, plus les paroisses étaient grandes ; la population était peu dense, un même clergé pouvait suffire à la tâche ; la plus grande paroisse des Côtes-du-Nord était Bothoa (devenue Saint-Nicolas-du- Pelem), avec ses quatre trêves, Kérien, Lanrivain, Canihuel el Sainte- Tréphine ; elle mesurait 28 kilomètres N.-S. et 23 E.-0., couvrait toui le territoire limité par le Blavet et le Sullon, soit près de 14.000 hectares ; elle n’a été démembrée que par la Révolution qui lui a retiré ses trêves. — Lanvézéac, déjà paroisse au xv° siècle (LONGNON, Pouillés de Tours, p. 349), a 176 hectares ; c'est une des plus petites paroisses de la région ; c’est une Lan-, et il n'y a qu'à regarder la carte pour voir qu'elle est un démembrement de Cavan et de Caouënnec, sa trêve, dans le territoire desquels elle est encastrée de trois côtés. Quant aux paroisses d'origine seigneuriale, La Roche-Derrien, qui mesure aujourd'hui 183 hectares, peut être regardée comme le type de ce ganre ; c'était déja une paroisse avant le Concordat. Dans le Morbihan, la paroisse de Guéméné, ancienne trêve de Locmalo, mesure 109 hectares, elle a la même origine et est resserrée autour du château.