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Le territoire constitue toujours une unité géographique nettement dessinée ; la mer ou de hautes collines boisées, des vallées profondes, le limitent de tous côtés ; la paroisse occupe un plateau situé entre ces limites naturelles ; parfois elle réunit deux plateaux coupés par une vallée moins importante ; mais les vallées importantes et les massifs forestiers sont des limites qu'elle ne traverse jamais.
Les chefs-lieux de paroisse sont toujours sur le plateau , ils ne sont pas nécessairement au centre : Plougras est vers l'extrémité ouest de la paroisse ; Si la paroisse est côtière, le chef-lieu est loin de la mer ; Plougasnou, Guimaëc, Plestin, Ploumiliau, Ploulec’h, sont fort en arrière de la côte”. Locquirec, Saint-Michel-en-Grêve et Loguivy-lez-Lannion, qui sont sur le bord de la mer, ne sont pas, on Fa vu, des paroisses anciennes. Le chef-lieu n’est jamais sur une rivière, Le Ponthou, Belle-Ile, Morlaix, Lannion, ne sont pas, non plus, des paroisses anciennes, on l’a vu aussi. Enfin, le bourg n’est pas en un endroit naturellement fort ; il est sur un point quelconque du plateau, mais non pas au sommet ; il n’est pas installé sur une position stratégique, il est plutôt dans un léger pli de terrain. Le bourg a cherché à être à l'abri des vents, peut-être aussi à être moins visible. On ne voit pas qu'il Soit établi sur une voie ancienne ; les voies romaines d’ailleurs étaient rares, et l'examen de la carte et l'histoire du pays conduisent plutôt à décider que les routes ont été créées après les bourgs et pour les desservir. A l’époque primitive, il suffisait d’être sur le plateau pour que les communications soient possibles : le plateau offre un sol
10. Ces règles s'appliquent à loute la Bretagne. Pour la Cornouaille, V. BOURDE DE LA ROGERIE, in Soc. arch. Fin., 1905, p. T8 : « Les premiers émigrants bretons, probablement par crainte des pirates saxons, fixèrent toujours le cenlre de leurs plous à une certaine distance des côtes, par exemple à Esquibien, à Plouhinec, à Ploaré, à Poullan, de préférence aux hâvres où existent de nos jours Îles ports si florissants d'Audierne, de Poulgoazec, de Tréboul et de Douarnenez ». D'autres
exemples. peuvent être cilès : Beuzee-Coneq — Concarneau, Nizon -— Pont-Aven (F.), Rianlec —- Port-Louis (M.), Pleumeur-Gautier — Lézardrieux, Quemper-Guézennee — Pontrieux (C.-du-N.). Mais il ne faudrait
pas voir là une ville haute d'où on redescend pour occuper l'échelle, car ces bourgs chefs-li‘ux sont sans lien aucun avec le port ; les émigrants bretons ne semblent pas s'être intéressés À la navigation, ils apparaissaient comme des terriens.