‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 135 sur 188 · CHAPITRE IX. — GÉOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE ANCIENNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — GÉOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE ANCIENNE

première cellule de la société chrétienne. Dans cette paroisse, il y a des hameaux, des écarts en Tré-, qui parfois ont un saint pour éponyme; il existe d’autres hameaux en Ros-, Ran-, Bod-, Ker-, etc., à noms laïcs, des monastères ou des chapelles en Lan-, Lok-, qui peuvent relever d'organisations monastiques lointaines ; ces hameaux, ou ces monastères, peuvent prendre de l'extension, être érigés en « trêves » et devenir même des paroisses ; en dehors de la paroisse et de la trêve régulière, il n’y a aucun groupement local d'aucune sorte =

Les fréries que l'on appelle parfois à tort des trêves, mais à qui ce nom doit être refusé puisqu'elles ne détiennent pas une église tréviale, portent des noms quelconques, empruntés à un hameau, à une ancienne seigneurie ou au saint patron de la chapelle, lorsque la frérie possède une. chapelle. Souvent le mot breton treff, qui dans certaines régions désigne une frérie, s’est agglutiné au nom de la frérie, et ainsi la frérie a un nom composé en Treff-, mais le premier terme à gardé son sens indépendant, et longtemps les actes ont écrit ces noms en deux mots. La frérie n’a aucun caractère religieux, elle ne possède pas nécessairement de chapelle, ou bien si elle en possède une, cette chapelle peut très bien ne jouer aucun rôle dans la vie de la frérie. La frérie n’est pas une institution religieuse " ; c’est une circonscription qui a été créée pour la perception des dîimes, une dimerie, un trait de dîime : dans certaines régions on l'appelle une cordelée, un quartier. Elle à beaucoup servi à la répartition des fouages et des corvées ; le général de la paroisse était heureux d'utiliser cet organe intermédiaire qui possédait des « esgaïlleurs » et facilitait lacquittement des impôts. Certaines fréries qui possédaient une chapelle avec un pardon fréquenté, ont eu une activité plus grande que les autres ; elles ont même eu parfois un petit corps politique qui avait à gérer les intérêts de la chapelle et aïidait Île fabrique chargé des comptes. Avec le temps, ces fréries sont

48. IL en est de même dans la commune actuelle ; tout hameau ne constitue pas une « section » de commune, au point de vue de l'état civil, des élections et des biens communaux.

#9. Je n'insiste pas sur cette question, Rosengweig a établi ce principe dans l'introduction au Dict. topogr. du Morbihan, p. vir. — Sur les fréries, voir supra, chap. Il, n. 23 et 47.

devenues des réalités ; de nos jours encore, elles jouent un rôle important dans la vie locale”. Mais il importe de bien savoir que leur origine n’est pas ancienne, ce sont des circonscriptions créées pour faciliter la levée des impôts, ce ne sont pas des subdivisions géographiques qui puissent intéresser l’histoire religieuse ancienne de la Bretagne.

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