Ip., pp. 27 et
23. En Inguiniel (M.), il existait une frérie de Trevchrist, ou Treuchrist (Luco, Pouillé de Vannes, p. 283) ; Tref a ici le sens de frérie, ce n’est pas le terme ancien Tré-, et cette frérie doit son nom à Ja Chapelie-Christ du village de Lochrist ; il ne faut donc pas faire état de ce nom pour décider que le culte de Christ est de l’époque des noms de lieu en Tré-. — L'on notera qu'il n'existe aucun Plou-, Lan-, Tré-, suivi du nom de Christ, pas plus, d’ailleurs, que du nom de la Trinité (tandis qu'en Galles il y a un Llandryndod, cf. Six saints, p. 50, n. 1), mais il y a un Plougras et plusieurs Langroas sans aucun Lokroas, alors que les Templiers ont répandu beaucoup le culte et les reliques de la Vraie-Croix ; je fais cette remarque pour bien montrer combien ces questions sont délicates. — J'ajoute que le travail de Guillotin de Corson, dont chacun reconnaît l'utilité, n’a pas fait état des culles que les Templiers et Hospitaliers ont pu développer, non plus que de la toponymie ; la toponymie apporte énormément de renseignements sur les possessions de ces deux ordres, DENSMETeENS que les documents écrits nous laissent ignorer.
Un culte que les Templiers et Hospitaliers ont très certainement étendu en Bretagne, c’est le culte de saint Jean- Baptiste ; il n’y a aucun doute à cet égard. Presque partout où ils possédaient des terres, ils ont élevé des chapelles sous le vocable de saint Jean. Or, il existe au moins quatre Locjean qui étaient leur propriété : la chapelle Saint-Jean de Locjean en Kernevel (F.), appartenait aux Hospitaliers * la chapelle Saint-Jean-Baptiste au village de Loyan, en Kervignac, et la chapelle Saint-Jean de Locjan, ou Locjean, en Riantec (M.), étaient au milieu de possessions considérables relevant des Hospitaliers *. La commanderie de la Feuillée possédait l'ancienne chapelle Saint-Jean au village de Lojan, en Châteaulin *. Il existait une chapelle de Saint- Jean ou de Lojean, en Moréac (M.) ; en l'absence de textes indiquant que la chapelle ait appartenu aux Hospitaliers, l’on notera dans la même paroisse, une autre chapelle dédiée à saint Jacques ; la présence de ces deux cultes chers à l'ordre de Malte, suffit à établir son influence dans la paroisse *. Il existe en outre un Kerlojean (C.E.-M.) en Loperhet (F.), c’est un nom et rien de plus.
Les Templiers et Hospitaliers ne sont entrés en Bretagne que vers 1130 ; leur développement est du xrrr° siècle : il y a là un élément de chronologie important : les Lochrist créés par eux, et les Locjean sont de la fin du xrr° sièrle ou du xirr° siècle.
24. G. DE CORSON, 0p. cit., p. 16. — C.E.-M. et Association bretonne, 1900, p. 919.
25. C.E.-M., Ros., G. DE CORSON, 0p. cit., pp. 262) 263. — Il y a un lieudit Le Cloistro en Kervignac (C.E.-M.) et G. de Corson signale un Park er Illoestr en Merlévénez, paroisse limitrophe. Cf. un moulin de Rhodes en Merlevénez (Rog.). — Les registres de bapt. mar. et sép. de Kervignac écrivent Lojan en 1678, 1695. — Pour la chapelle en Riantec, v. Arch. dép. Morb., 172, G, 1, 970, qui signalent la chapelle Saint-Jean-Baptiste en 1691 : la réformation de 1442 donne Locyahan (DE LAIGUE, La noblesse bretonne aux XV°- -XVI siècles, évêché de Vannes, Rennes, 1902, in-4°, p. 656). Le Cartul. du Morbihan, p. 427, mentionne le moulin de Loc Johan en Riantec, en 1323. — Sur ces deux chapelles, v. Ros., Répert. archéol. qu Morb., p. 517, Association bretonne, 1900, p. 226. ;
NC Lin FF Re Au qe Ù rOISS \ » le nom de cette paroisse est bien
antérieur aux ordres militaires ; *v. infra, notre article sur cette paroisse.