Voyez au chapitre VII
qu'il ne s'agit pas de cultes qui ont été importés dans le pays, qui ont joui d’une grande renommée, et déterminé les lieux-dits, les chapelles et les églises qui sont sous leur vocable.
Enfin, une dernière constatation a été faite, à savoir qu’un très grand nombre de paroisses ont pour éponymes des saints complètement inconnus par ailleurs ; leurs noms sont attestés par le seul nom de la paroisse dont ils furent patrons, et par la toponymie de cette paroisse ; ils ne sont éponymes d’aucun autre nom en Plou-, Lan-, Tré-, au dehors de cette paroisse. Les saints qui donnent leur nom à des Lan-, ou à des Tré-, en ont au contraire souvent plusieurs. Cette constatation est importante ; elle nous fait toucher de plus près à l'œuvre de ces missionnaires. L’éponyme de la paroisse a fondé une paroisse. Arrivé dans le pays, il l’a parcouru, il a trouvé une petite circonscription qui constituait une véritable unité géographique, il s’y est arrêté, il a travaillé la population de ce petit territoire, il en a fait une paroisse. L’éponyme des Lan-, Tré-, Lok-* a joué un tout autre rôle ; il est arrivé dans le pays et s’est confiné dans la retraite, recevant ceux qui venaient le visiter, mais sans faire œuvre de pasteur, sans se constituer un troupeau ; il a changé de place lorsqu'il était importuné par les populations voisines *. Le pasteur, au contraire, aimait son troupeau, ce troupeau était le sien, il avait eu du mal à le constituer, il a voulu rester à sa tête, il lui a donné sa vie tout entière, il n'a pas été un itinérant, et son nom est inconnu au dehors de la paroisse qu'il a créée.
- Il était fatal que la paroisse empruntât son nom au prêtre qui l'avait fondée ; les noms de paroisses n’existaient pas avant la constitution des paroisses ; on a vu, en effet, qu’en Bretagne c’est la paroisse qu'on crée, contrairement à ce qui se passe dans les évêchés gallo-romains où l’on dote un village d’une église et où la paroisse emprunte son nom à l'église ou au village. En Bretagne, au contraire, on a créé la circonscription paroissiale, et cette circonscription a un
24. Je parle des Lok- qui sont sous le vocable d'un saïnt dont le culte n'a pas été introduit post mortem.
25. Les vies latines font souvent allusion à ce fait qui détermine les ermites à chercher un nouveau lieu de retraite.