‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 158 sur 188 · Voyez au chapitre VII · texte numérisé non relu

Voyez au chapitre VII

qu'il ne s'agit pas de cultes qui ont été importés dans le pays, qui ont joui d’une grande renommée, et déterminé les lieux-dits, les chapelles et les églises qui sont sous leur vocable.

Enfin, une dernière constatation a été faite, à savoir qu’un très grand nombre de paroisses ont pour éponymes des saints complètement inconnus par ailleurs ; leurs noms sont attestés par le seul nom de la paroisse dont ils furent patrons, et par la toponymie de cette paroisse ; ils ne sont éponymes d’aucun autre nom en Plou-, Lan-, Tré-, au dehors de cette paroisse. Les saints qui donnent leur nom à des Lan-, ou à des Tré-, en ont au contraire souvent plusieurs. Cette constatation est importante ; elle nous fait toucher de plus près à l'œuvre de ces missionnaires. L’éponyme de la paroisse a fondé une paroisse. Arrivé dans le pays, il l’a parcouru, il a trouvé une petite circonscription qui constituait une véritable unité géographique, il s’y est arrêté, il a travaillé la population de ce petit territoire, il en a fait une paroisse. L’éponyme des Lan-, Tré-, Lok-* a joué un tout autre rôle ; il est arrivé dans le pays et s’est confiné dans la retraite, recevant ceux qui venaient le visiter, mais sans faire œuvre de pasteur, sans se constituer un troupeau ; il a changé de place lorsqu'il était importuné par les populations voisines *. Le pasteur, au contraire, aimait son troupeau, ce troupeau était le sien, il avait eu du mal à le constituer, il a voulu rester à sa tête, il lui a donné sa vie tout entière, il n'a pas été un itinérant, et son nom est inconnu au dehors de la paroisse qu'il a créée.

- Il était fatal que la paroisse empruntât son nom au prêtre qui l'avait fondée ; les noms de paroisses n’existaient pas avant la constitution des paroisses ; on a vu, en effet, qu’en Bretagne c’est la paroisse qu'on crée, contrairement à ce qui se passe dans les évêchés gallo-romains où l’on dote un village d’une église et où la paroisse emprunte son nom à l'église ou au village. En Bretagne, au contraire, on a créé la circonscription paroissiale, et cette circonscription a un

24. Je parle des Lok- qui sont sous le vocable d'un saïnt dont le culte n'a pas été introduit post mortem.

25. Les vies latines font souvent allusion à ce fait qui détermine les ermites à chercher un nouveau lieu de retraite.

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