‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 157 sur 188 · CHAPITRE XI. —- LA CONSTITUTION DES PAROISSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. —- LA CONSTITUTION DES PAROISSES

importe, il n’a jamais à l’intérieur de la paroisse d’établissement en Lan- où en Tré-, alors cependant qu'il peut en avoir aux environs. Il est le saint de la paroisse, il ne donne son nom, dans la paroisse, qu'à une seule institution religieuse, la paroisse elle-même ; son rôle est exciusif. Ce n’est donc pas un culte alors florissant, ni une fantaisie, qui a déterminé le choix de ce saint pour un rôle si spécial, si intimement et si exclusivement lié au groupe social de la paroisse.

L'examen des noms de nos paroisses permet de constater que les éponymes sont très nombreux ; la plus grande diversité règne parmi eux. Ils ne sont nullement groupés par région comme pourraient l'être les sanctuaires élevés en l'honneur d'un saint dont on propage le culte, el aucun personnage n'apparait comme ayant été le grand saint honoré de l’époque. On constate le même fait pour les Lanet les Tré-, leurs éponymes sont, eux aussi, très nombreux et très irrégulièrement répartis. Il n’en est pas de même lorsqu'on examine le développement des cultes qui donnent naissance aux noms en Lok-, on est surpris du nombre considérable de Locmaria, Lochrist, Loqueltas, Loguivy, el l’on sent que l’on est devant des cultes qui prirent un développement considérable à l’époque où ces noms de lieu furent créés ; ces lieux-dits sont aussi fréquents que les statues récentes du Sacré-Cœur, de Notre-Dame de Lourdes ou de Jeanne-d’Arc, qu'on voit aujourd'hui, répandues en grand nombre dans nos églises ; ce sont des cuites à la mode ; ils s'étendent partout à la fois ; et l'on peut fréquemment rencontrer de véritables séries de chapelles qui ont été élevées le long des voies par lesquelles le culte s’est propagé *. La situation est toute différente pour les noms en Plou-, Lan-, Tré-, ils ont pour éponymes des saints très divers, ces éponymes sont très irrégulièrement réparüs, et l’on chercherait en vain, pour ces époques, un culte à la mode. Cette constatation, qui avait déjà été faite”, prouve

22. C'est le cas des Locqueltas égrainés tout le long du Blavet ci sur Ja côte morbihannaise. — En France, le culte de saint Martin, bien délaissé maintenant, a donné naissance à un nombre considérable de paroisses.

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