B. — NOTE SUR L'ORIGINE DES PAROISSES
Duns les rechérches qui ont élé exposées, concernant l’origine des paroisses, il n'a été fait aucun état des éléments que l'ancien droit pouvait fournir. 11 s'agil là de choses très complexes ct très spéciales. J'ai cru devoir les laisser de cûüté. Qn trouvera cependant ici deux remarques très importantes.
Les paroisses à présenlalion laïque sont lrès rares en Bretagne, elles sont tout à fait l'exception ; autrement dit, les paroisses bretonnes n'ont pas de fondateur Jaïc. M. du Halgouël en à fait la remarque en ajoutant que ces droits auraient peut-être disparu de bonne heure (Mém. Soc. d'hist. et d'archéol. de Bret., IV, 1923, pp. 34-35). M. Bourde de la Rogerie avait étudié aussi la question; il à eu l'extrême obligeance de me communiquer une statistique et des relevés sur carte avec comparaison pour les provinces voisines. En rendant compte de l'ouvrage de M. du Halgouët, il insista sur ce délail : « Contrairement à ce que l'on peut constater dans les provinces voisines, très peu de paroisses bretonnes avaient pour présentateur un scignèur laïque {aucun auteur n'a essayé d'expliquer, croyons-nous, celle remarquable particularité de l'organisation religieuse el sociale de Bretagne). Par contre, les droits honorifiques... prirent un développement extraordinaire dans les églises bretonnes. »
ancienne. — Je n'ai pas fait état des lieux-dits Goz-Ilis, « la vieille église » ; ils désignent des champs où lon a découvert des ruines gallo-romaines (abbé Mary, Les Gohilis, Congrès archéologique de France à Vannes, 1881, pp. 170-174) ; il n'y a aucun doute à cet égard.
dé APPENDIG
On ne peut admettre que les droits des présentateurs laïcs aient disparu. 1} s'agissait de droits trop importants pour que ceux qui les détenaient ne les aient pas jalousement défendus. D'ailleurs, comment expliqueraii-on que les droits honorifiques aient pris un développement ‘considérable, alors que les droits réels des présentateurs auraient disparu.
M. de la Rogerie a eu raison de voir dans ce fait spécial à la Bretagne, une particularité de l’organisation sociale el religieuse de la province. I! semble que cette particularité est due d'abord à l'origine de l’église paroissiale qui n'a pas été fondée par un riche propriétaire foncier voulant doter sa villa d'un culte régulier, ou sur le domaine de qui on a élevé l'église : de ce fail, un seigneur laïe ne pouvait avoir aueun droit sur l’église, et il ne s'est pas créé en Bretagne, comme en France, de courant qui eût pu pousser les seigneurs à usurper ces droits quand ils ne les possédaient pas. Il faut ajouter que l'église, en Bretagne, n'a pas été bâtie en un lieu de défense, et par conséquent elle n’a pu entrer dans un casléllum sous la garde d’un chevalier.
Les laïcs sont rarement propriétaires d'une église en Bretagne. La pièce xxiv du Cart. de Landévennec, eaclesia Sanctus, concerne Le Saint, dans la paroisse de Gourin (M), chapelle alors privative, devenue plus tard église lréviale : ce n'était pas une église paroissiale. Peu de familles nobles portent le nom d'une paroisse ou d'un Guic-, la paroisse est rarement une seigneurie.
En Bretagne, c'est l’universalité des habitants de la paroisse qui est propriétaire de l'église. Ce sont lous les paroissiens réunis qui décident des cessions de tombes ou chapelles privalives à l'intérieur de l'église (BOURDE DE LA ROGERIE, in An. de Bret. XXXV, 19922, p. 346) ; le seigneur qui veul avoir vitre ou lombe est obligé de le demander aux paroissiens (bu HALGOUET, 0p. cit, p. 67). |