‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 20 sur 188 · LES TERMES PLOU-, LAN-, TRÉ · texte numérisé non relu

LES TERMES PLOU-, LAN-, TRÉ

Il ne saurait être question de donner ici la définition de ces trois termes, ils désignent des établissements religieux, des institutions, et c’est le but du travail tout entier d'apporter une définition exacte de ces termes. I] suffira d'indiquer, pour faciliter les recherches purement toponymiques qui font l’objet de ce chapitre, que Plou- désigne le territoire d’une paroisse ; Lan- désigne parfois un monastère, el souvent une simple chapelle, un oratoire ; Tré- désigne un hameau :-ce hameau peut être d’origine religieuse, quand

37. Locmaria-Quimper à été établi autour d'une église très ancienne, Sanctæ Mariæ de Aquilonia civitate. — Une charte du Cartulaire de Quimperlé, p. 138, en 1031, cite l’ecclesia sancti Ronani, qui est notre Locronan de Cornouaille, or cette église, citée en 1031, existait déjà depuis un certain temps.

38. L'on a considéré saint Ivy comme le dernier de nos saints (LA BORDERIE, llistoire de Bretagne, I, p. 497-8) ; or il n'a que des Lok-, ce qui vérifie ce qui avait été dit. — Ces conclusions chronologiques sont graves ; elles intéressent l'histoire du culte de saint Gildas et de saint Guennolé, qui n'ont que des Lok- ; l'étude que j'ai faite de ces cultes confirme mes conclusions ; v. mon article sur la Topographie du cuite de saint Gildas, supra cit.

il s’est constitué autour d’une Lan- ; en ce cas il-a un saint pour éponyme.

L'on trouve des noms constitués avec les termes Plou-, Lan-, Tré-, dans toute la Bretagne, celle qui à été. jadis bretonnante et celle qui l’est encore ; cette constatation “est importante, elle indique que ces noms existaient déjà avant l’époque du recul du breton. Les chartes et vies de saints anciennes nous en fournissent de nombreux exemples ; autre constatation qui prouve l’antiquité de ces noms. Enfin, le fait que les mêmes personnages sont fréquemment éponymes de Plou-, en même temps que de Lan- et de Tré-, indique que ces noms de lieu sont contemporains. |

Il y a plusieurs objections à cette dernière remarque : dans certains cas, il semblerait que ces divers noms de lieu ne sont pas de la même époque ; l’on connaît le fait eurieux de Lanpabu, cité dans la prima vila Tuduali, et devenu Trépabu, ancienne trêve de Ploumagoar (F.) ; ce fait ne peut être interprété comme indiquant que les Tré- seraient postérieurs aux Lan- ; il indique seulement qu’il a co-existé un Lanpabu et un Trépabu, l'un est l'établissement religieux, Pautre le hameau voisin”. Le monastère et son nom ont disparü, le hameau a subsisté. Il existe encore des exemples de ces doublets : Lannidy et Trévidy autour de la chapelle Saint-Idy (C.E.-M.) en Plouigneau (F.); Lanharan et Tréharan autour de la chapelle Saint-Haran en Plestin (C.-du-N.) *, par ailleurs on a un exemple inverse de celui de Lanpabu, c'est la Tref Tudaual donnée comme trêve de Briec par la pièce xrv du cartulaire de Landévennec, et qui est devenue la trêve de Landudal (F.) *.

L'on peut encore obiecter qu’il existe des noms:de lieu en Lan Tref-, et que de ce fait, la lan ayant emprunté son nom

29. Les deux noms coexistaient encore en 1627, puisqu'on les retrouve dans un acte de cette année (DE LA PASSARDIÈRE, Topologie des paroisses du Léon, In Echo paroissial de Brest, 10 janvier 1909).

40. Six saints, p. 21. — Les exemples semblables sont fréquents.

mais il est difficile de les relever car les cartes ne signalent en général que le seul hameau principal.

41. Le texte donne Tref ‘Budqual, qui est une cacographie. Budgual n'est attesté par aucun autre exemple, v. Chresto., p. 112. Il ne saurait y avoir aucun doute ‘sur cette identification, le cartulaire cite toutes lea trêves de Briec et Landudal doit représenter néoessaisement Tref Budgual.

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