CHAPITRE If, — LA CHRONOLOGIE DES NOMS DE LIEU
Les Lan- ont gardé plus longtemps leur signification propre. Il existe plusieurs Lannévez, « la nouvelle lan », et plusieurs Langoz, « la vieille lan » : Lannévez en Duault (C.-du-N.) (C.E.-M.), en Tréflez (F.) (P.T.T.), et Lannévez (C.-du-N.), qui était paroisse avant la Révolution, aujourd'hui en Ploubazlanec, Langoz en Loctudy (F.), prononcé Langouz, auprès d’une chapelle dédiée à saint Tual® et Langoz en Landunvez (F.), avec un ancien oratoire dédié à saint Samson * ; tous ces noms de lieu sont en zone bretonnante. Ils ne sont que cinq, trois Lannévez et deux Langoz, et ces cinq exemples ne suffiraient pas à décider que l’on ait longtemps continué à constituer des noms de lieu en Lan- ; l’on remarquera en outre que ces cinq exemples sont bien peu de choses, si l’on considère que Lan- est fréquemment suivi d’un adjectif ou d’un nom commun *.
Par contre, les Plou-névez, c'est-à-dire La paroisse neuve, sont nombreux : il y en a six : Plounévez- Quintin et Plounévez-Moëdec (CG.-du-N.), Plounévez- Lochrist®, Plounévez-Porzay et Plounévez-du-Faou (F.), enfin Pléneuf (C.-du-N.) ”, en zone française. A cette liste, il faut certainement ajouter la paroisse de Névez (F.), qui semble avoir été * Plou-Névez, et dont le terme Plou- n’est pas demeuré collé au nom, comme cela s’est produit pour.
48. C.E.-M., et RITALONGr, Les Bigoudens, Nantes, 1894, in-8°, p. 361. — Cf. le correspondant gallois Henlann sur la Wye, J. LOoTH, in Rev. cell. XL, p.123.
49. Lettre de R. Le Men, publiée par DoM PLAINE, Vie de saint Hervé, in Rev. hist. de l'Ouest, 1893, p. 62, n. 1 du tirage à part : ce Langoz n’a aucun rapport avec le Langolthoë de la vita Hoarvei, v. l'édit. de LA BORDERIE, Soc. d’émul. des C.-du-N., XXIX, 1893, p. 266 et n. 3.
50. Coat, guern, aber, bruc, ros, castel, ilis ; guen, meur, bihan, bras.
51. À noter que le bourg chef-lieu de cette paroisse s'appelle Guinévez (voyez la gwerze traduite par Le Bras, Légende de la mort, II, p. 239), tout comme si le second terme était un nom de saint,
52. Le nom de cette paroisse a longtemps été transcrit sous sa forme brelonne primitive, bien qu'en zone française : Pleunevet ou Pleunevez (Pouillés de Bret., publiés à la suite du Cart. de Redon, p. 566). — Plounévez-Porzay et Plonévez-du-Faou sont nommés dans une pièce au Cart. de Quimperlé, vers 1086, p. 41, in Plebe nevez Porzoet, …. in Ploeneves in Fou, et la dernière dans la pièce xLvi du Cart. de Landévennec, Pleunegued in Fou. (Gette pièce a été rédigée avant 1040. LATOUCHEY 0p. cit, p. 12.) Ces Plounévez sont d’ailleurs antérieurs de
beaucoup à ces dates.
beaucoup de paroisses qui sont désignées sous le seul nom de l'éponyrie “. Le nombre de ces Plou-névez est considérable par rapport aux rares Lan-névez, surtout si l’on songe que le nombre des Plou- est très restreint comparé à celui des Lan-.
Les Plou-névez et peut-être les Plou-lan, indiquent que l’on a probablement continué à constituer des noms en Plou-, alors que les Lan- et les Tré- existaient. Il n’est pas question ici de s'appuyer sur des considérations empruntées aux choses que désignent ces termes ; le problème doit pour l’instant être envisagé du seul point de vue de lonomastique. L’onomastique nous apprend que ces. termes üht été employés à la même époque puisqu'ils sont suivis des mêmes éponymes, qu'on les rencontre dans les chartes les plus anciennes, et qu’on les retrouve en dehors de la zone bretonne actuelle ; certains de ces noms, les Plou-névez et'les Plou-lan, seraient un peu postérieurs aux premiers.
11 faut ajouter qu’à l’intérieur des noms en Plou-, le terme plou a longtemps gardé son sens propre ; le mot ploué continuait à être employé dans la langue courante, et ainsi les noms géographiques qui le comportent, conservaient leur valeur de mot composé ; depuis longtemps, au contraire, les noms composés en Tré-, et en Lan- n'avaient plus que la - valeur d’un nom simple“ ; l’'éponyme des plou, patron de la paroisse, continuait à recevoir un culte ; les scribes ne manquaient pas de traduire les noms de paroisses sous la forme latine Plebs X...*. Depuis longtemps ils n’employaient
53. La pièce xix du Cart. de Ländévennéc désigne déjà cette paroisse sous le seul nom in Neuued ; sur le nom, cf. Chresto., p. 222. — L'on notera qu'il n'existe pas de Lok-Névez, pour la raison que Lok- désigne un monastère où un oratôire dédié à un saint, et que Lok- est toujours suivi du nom de ce Saint.
54. Le terme lan a disparu très tôt de la langue parlée ; le mot tref a pris un sens si différent (territoire d'une frérie ou territoire d'une église succursale), qu’il ne pouvait plus expliquer les noms de hameaux: j'ai l’impression que dans les chartes de Lahdévennec, tribus a la plupart du temps le sens de frérie, dimerie, trait de dime, et non pas de hameau. La preuve en est que la fribus comporte plusieurs villa.
55. Ou vicarium ; le Cart. de Landévennec en offre plusieurs exemples : in vicario Eneuur, in vicario Demett — Plonéour-Lanvern, Plozévet (F.) ;\ces pièces sont du milieu du xr° siècle : la vie latine de saint Goueznou, qui est de la même époque; traduit Plabennec par Parochia Abennoca (sur l'éponyme, cf. Lezabennec en Port-Launay, F
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