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LES NOMS DE LIEU CONSTITUÉS PAR LE SEUL NOM DU SAINT

Viennent ensuile les nombreux noms de lieu constitués par le seul nom du saint ; ce sont les noms comme Beuzec, Gueltas, Edern*. Le nombre de ces noms est considérable ;

C.E.-M.). C'est un rare exemple du mot parochia dans des textes rédigés en Basse-Bretagne, car on a toujours employé le mot Plebs. — L'habitude de traduire les noms en Plou- par Plebs- a continué jusqu'à nos jours.

56. Sur le mot guic —= lat. vicus, v. J. LoTx, Les noms latins dans tes langues britton., pp. 46 et 175, ERNAULT, Glossaire moyen-breton, Paris, 1895, in-8°, p. 304 ; noter en passant que vicus a pris en breton le sens très formel de bourg chef-lieu d'une paroisse primitive. — Le mot yploue est encore employé dans le Léon pour désigner le territoire paroissial et, sous ce sens, il est entré en composition dans de nombreux noms de lieu : Gorré-ploué = le haut de la paroisse.

57. I ne s'agit pas ici des noms en Saint-X…, que j'étudierai plus loin. — A la liste que j'avais donnée pour les communés des trois départements de Basse-Bretagne, dans mes Six saints, p. 26, n., il faut ajouter Edern (F.), cf. NS., p. 36, déjà éponyme seul dans la pièce xLvI du Cart. de Landévennec, vicarium unum Edern nomine, « une paroisse

dont le nom breton est Edern » ; la texte ne laisse pas de doute, ce n'est pas la même facon de s'exprimer que quand on trouve vicarium Eneuur —= Plonéour-Lanvern. — Tourch (F.) (v. Chresto., p. 160, et

B.C.D., 1913, p. 41, n. 1). — Corlay (C.-du-N.) est peut-être le même nom que celui d’un des personnages confondus sous le nom de saint Ourlo ; cf. Six saints, p. 53, n. 4, et Langrolay (C.-dui-N.). — Coray (F.) est peut-être aussi un nom de saint. — Perguel, ancienne paroisse, aujourd'hui en Bennodet (F.), son éponyme, a été à tort confondu avec sainte Brigitte (Berchet). — Melguen .(F.), cf. Melven en Penhars, Trémelven en Cast (F.), Trémelven en Saint-Quay-Perros, non loin d’une chapelle Saint-Méen (C.-du-N.) (C.E.-M.) et chapelle Saint-Melvan

en Cléguérec (M.) (Ros., Rép. arch. Morb., p. 78). — Marzan (M) — RL 3

c’est une habitude particulière à la langue bretonne que de désigner des localités par un seul nom d'homme. Des fermes portent le nom de ceux qui les exploitaient jadis : Jaffré, Roperz, Goasdoué, etc.; de même, les chapelles et les hameaux qui les entourent sont désignés par le seul nom de leur saint patron : Maudez, Claude, Christ ; des paroisses anciennes portent des noms semblables *

Il faut d'abord signaler que certains de ces noms de lieu n’ont pas toujours eu la forme actuelle. Gouesnou (F.) s’'appelait encore Langoeznou au xv° siècle*®. Crozon (F) est désigné deux fois dans la notice vi du cartulaire de

Martinus ; si le nom de cette paroisse n'était pas un éponyme breton, on aurait eu un nom de fundus, cf. le Merthiniac du Cart. de Redon, pp. 92 et 834. — En dehors de la zone brelonnante, cette catégorie

de noms est rare : Maæxent (I.-et-V.), qui do:, son nom à un monastère

doté des reliquês de saint Maixent, et fondé par le roi Salomon dans la seconde moitié du 1x° siècle, — Maure (I-et-V.), dont le nom a remplacé celui de Plebs Anast, à cause d'un prieuré qui relevait de Saint-Maure de Glanfeuil. — Sixte (L.-I.), une charte du Cart. de Redon en 879, p. 156, donne plebs quæ vocatur Sirti Martiris ; p. 360, en 842, et p. 156 en 879, on trouve in plebe Sizo, Sizæ plebis ; le même saint avait une chapelle à Siz en Arzal et une en Saint-Gravé (M.) (Luc, Pouiilé de Vannes, pp. 124, 184 et 174), et n'a certainement rien de commun avec le martyr romain. — Cardroc (1.-et-V.) semble difficile à expliquer et ne paraît pas pouvoir être assimilé à saint Cadreuc (v. NS., p. 17). — Vignoc et Goven (I.-etV.) semblent des éponymes (NS., pp. 56 et 133). — L'aire géographique de ces noms de communes est très franchement dessinée : Finistère et Morbihan : nombreux ; Côtes-du-Nord : rares ; Ille-et-Vilaine : très rares.

58. L'exemple le plus curieux de la tendance des Bretons à abréger les noms de lieu se trouve dans les noms des sanctuaires de la Vierge : Grâces, commune près de Guingamp (C.-du-N.), autour d'une chapelle fondée en 1506 sous l'invocation de Notre-Dame-de-Grâces ; et une commune du même nom près Uzel (C.-du-N.), autour d'une chapelle sous le même vocable ; Confort en Meilars (F.), autour de la chapelle Notre-Dame-de-Confort —æ réconfort, consolation ; Recouvrance, faubourg de Brest, à cause d'une chapelle Notre-Dame-de-Récouvrance, bâtie en 1346 par le duc Jean IV. — Le cas de l'évêché de Tréguier qu'on désigne sous le nom de sa capitale, le Tréguier, n'est pas du même genre ; le Tréguier est un nom de région, pagum Treher, dans la Z4 vita Tuduali, nom qui à été plus tard étendu à tout l'évêché ; ce

noms de pagus avait été importé de Cornwall, cf. J. Lorx, in Rev. cell. ALIMLOPS AD ZA

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