CHAPITRE IIT. — LES SAINTS ÉPONYMES DES PAROISSES
de la légende de Lexobie, placée au Coz Yéodét en Ploulec’h (la vetus civilas des anciens textes) : ce sont là des hypothèses que rien ne rend plausibles *, L'on est, en l'absence de documents, dans l'impossibilité de rétablir le nom de l'éponyme de cette paroisse, et si une hypothèse devait être tentée, il serait préférable de supposer que Ploultéc’h comporte la forme hyÿpocoristique du nom de saiñt Lohan, ou Loc’han, qui a eu jadis une chapelle en cetté paroisse *.
PLESTIN
Plestin à pour éponyme saint Gestin ; l’on prononce en breton Plistin, et le saint s'appelle sand Istin ; c'est un saint bréton venu de l’île qui, comme tant d'autres Bretons, portait un nom latin, Justinus. Saint Jestin possédait une chapelle en Plestin, à 1 kilomètre au sud du bourg. On voit encore les ruines de cette chapelle. Le culte de ce saint, éponyme dé la paroisse, ne se célébrait pas dans léglise paroissiale. L'emplacement de cette chapelle passe pour avoir été le lieu de son ermitage. De fait, à l’époque où fut rédigée la vie latine de saint Efflam, les bois qui entouraient cette chapelle étaient l’objet d’un grand respect, et l’on n’osait pas y couper des arbres pour les usages domestiques. Ceci
21. LONGNON (Les noms de lieu de la France, cours publié par MM. Miraut et Marichal, Paris, 1922 et seq., in-8°, n° 1292) a supposé que Ploulec’h aurait été jadis Plebs lapidum, je ne sais sur quelle autorité ; il se peut que les éditeurs de ce cours n'aient pas compris un simple rapprochement possible, tenté par Longnon, avec le nom de la Plebs Lapidea, dans le Haut-Léon, dont il est parlé dans la vita Pauli Aureliani, cap. xIv. À l'appui de cette hypothèse amusante, on aurait pu faire valoir qu'il existe dans le mur du cimetière paroissial un petit lec’h. — C'est LA BoRDERIE (Les trois vies de sain Tudual, in Mém. Soc. arch. C.-du-N., seconde série, IT, p. 336), qui à proposé l'hypothèse du Léguer et de l'ofigine de la légende de Lexobie ; je n'insiste pas à ce sujet ; les scribes, en transcrivant en latin le nom de la paroisse, ont prouvé qu'ils ignoraient cette étymologie ; par ailleurs, le nom de ceite rivière est le Léguer partout, depuis son embouchure en Servel, où il y à un village de Bec-Léguer (C.E.-M.), jusqu'en Trégrom, où, en bordure de éette rivière, il y a une vieille seigneurie de Coat-Téquer (C.E.-M.).
29. Sür ce personnage, on trouvera un article infra, au chap. V.
indique que la tradition qui représente la chapelle comme ayant remplacé l’ermitage de ce saint est très ancienne et que jamais le bourg chef-lieu de la paroisse n’a été situé en cet endroit *.
La paroisse de Plestin est demeurée sous le patronage de saint Gestin. Il ne pouvait tomber dans l'oubli, puisqu'il avait sa chapelle et qu’il jouait un rôle dans la vie latine de saint Efflam.
GUIMAËCG
Guimaëc, comme Plougasnou, appartient au Tréguier, et ces deux paroisses, situées à l’ouest du Tréguier, sont les seules de cet évêché pour lesquelles le bourg portait un nom en Guic-, Guicaznou, Guimaëc ; ces noms sont, on le sait, fréquents dans le Léon.
Guimaëc, vicus Maïoci, dans la Vita Melorii qui est très ancienne, a pour éponyme saint Maëc. I1 est fort probable que plusieurs personnages ont porté ce nom qui est très répandu dans l’hagio-onomastique bretonne. Il existe un lieu-dit Trémaëc en Plouigneau (F.), à une quinzaine de kilomètres au sud de Guimaëc, c’est très certainement un établissement terrien du même culte, qui correspond à l'établissement côtier de Guimaëc *.
L'église de Guimaëc est sous l’invocation de saint Pierre.
PLOUGASNOU
LA
Cette paroisse, dont le nom s'écrit aussi Plougaznou, qui est une graphie plus rationnelle bien que l’on prononce
23. Je n'’insiste pas sur ce saint, qui touche trop à saint Efflam et par conséquent à la vie latine de ce dernier. C'est un chapitre de mon travail sur saint Efflam que je donnerai plus tard.
24. Sur saint Maëc, v. Six saints, p. 17 et n. ; le nom de * Ploumaëc a disparu quand le territoire paroissial de Guimaëc s'est trouvé réduit au bourg, guic, les établ'ssements dolois de Lanmeur et de Locquirec ayant de deux côtés à la fois empiét£ sur le territoire primitif de Ploumeëc. Je reviendrai sur cette question au chapitre IX, en étudiant la géographie ecclésiastique de la région. — L'on prononce Guimæc.