CHAPITRE III. —- LES SAINTS ÉPONYMES DES PAROISSES
Plouganou, a pour éponyme un saint complètement oublié ; sur ce nom, on ne peut que reproduire la notice donnée par M. J. Loth (Ns., p. 19) :
CAT-NOU : Ploi-Cathnou (Gart. de Saint-Georges, p. 118, an 1040), au). Plougaznou (Fin) ; Plou-gannou en Ploumagoar. Cat-nou = Catugnou-0-s, de Catu- combat, et gnouo-s, moy. bret. gnou, manifeste, évident. Il est fort possible que ce soit un des noms complets de Catoc.
Le même nom, porté par un laïc, se retrouve dans Kergano en Persquen (M.), écrit Kergaznou en 1427 et en 1440%. Il ne semble pas que Catoc soit la forme hypocoristique du même nom, rien ne permet de supposer l'identité des deux personnages..Plougannou en Ploumagoar (C.-du-N.) soulève des difficultés considérables, et à défaut de formes anciennes on n'oserait y voir une forme sincère ; ce n’est pas une paroisse, aussi le premier terme Plou- doit être interprété comme représentant un ancien Poul-*.
M. J. Loth a fait de saint Cano un personnage séparé, ce saint est éponyme d’un lieudit Saint-Cano en Erquy, d’un
25. Ros.:; DE LAIGUE, Noblesse *bret., év. de Vannes, I, p. 447. — D’ARBOIS DE JUBAINVILIE, in Rev. celt. III, p. 412, avait proposé Caznou — gallois Cadnaw, renard, qui est impossible. -— Cf. les étymologies fantaisistes de Plougasnou, données par CAMBRY, Voyage dans le Finistère, édit. Souvestre, in-4°, 1835-38, p. 51.
26. Le cadastre, section C, n° 135-139, maisons, sols et cours, donne Plouganou ; on n'y a jamais cité de chapelle, ni de découvertes archéologiques. Cf. pu MoTray, Notice sur Ploumagoar, in Annuaire des C.-du-N., 1854. Si ce nom devait être considéré comme une forme sincère comportant le terme Plou-, il y aurait lieu de se demander si ce n’est pas l’ancien nom de la paroisse. Ploumiagoar paraît désigner la paroisse de la muraille (NS., p. 106) : le chef-lieu aurait pu changer d'emplacement et, en même lemps, la paroisse äurait changé de nom; les paroisses anciennes, qui ont pour éponyme un nom commun où un adjectif, sont l'exception. Les Plé-châtel, Plé-lan, Plé-meur, Plé-bihan, ont dû, elles aussi, avoir un saint patron qui devait leur donner son nom ; la grande paroisse, la petite paroisse n’est pas un nom, c’est un nom d'occasion donné par les habitants de la région voisine. Les paroisses anciennes, dont le nom n'est pas en Plou-, Guilers, Peumerit, Kemper-Guézennee, empruntent leur nom au chef-lieu, mais elles ont dû, comme les autres, avoir un nom pour la circonscription paroissiale, un nom en Plou- ; tout cela me fait dire que si Plouganou est une forme sincère, il faut admettre que c’est l’ancien bourg de la paroisse primitive dont le nom était Plouganou ; le bourg se transporta plus tard en un lieu-dit Magoar.
58 PREMIÈRE PARTIE. — LES SAINTS Langanou en Caulnes, tous deux dans la zoñe française des Côtes-du-Nord, et d'un Langanou en Sizun (F.) *. Il se peut que, comme le Kergano en Persquen, ces noms reproduisent un ancien Caznou.
La paroisse de Plougasnou est actuellement sous l’invocation de saint Pierre.
PLÔUÉZOC'H
L'éponymé dé cette paroisse est bien difficile à rétablir. On a vu d’ailléurs que les saints éponymes des paroisses sont souvent plus difficiles à rétablir que ceux des Lan- ou des Tré-, par le fait qu’il est rare que leur nom se rétrouve dans d’autres établissemeñts, tandis que les éponyiés de Lan- ou de Tré- sont fréquemment répétés par plusieurs noms de lieu.
Les patrons primitifs de Plouzélambre, Plufur, Plouaret, Ploulec'h, n’ont leur nom attaché qu'aux seules paroisses dont ils sont éponymes ; s’il est vrai que ce sont eux qui ont fondé ces paroisses, on comprendrait assez que fonder une paroisse est une œuvre de longue haleine, qui peut occuper la vie d’un homme ; le saint qui fonde une paroisse n’est pas un itinérant, il demeure là où il s’est fondé un ministère, où il a pris charge d'’âmes. L'itinérant, au contraire, laisse derrière lui des Lan- aux endroits où il a créé un ermitage, et des Tré- autour de ces ermitagés.
Les formes anciennes sont Plebehezac, 1330, et Ploëzoc’h, à la fin du xrv° siècle”. On a voulu retrouver dans ce nom le Toseocus qui cognomine Siteredus dicebatur, compagnon de saint Paul Aurélien, dans la vie latine de ce dernier, et lon à supposé une forme ancienne * Plebs Toséoci*. Cette
27. NS., p. 18. Cf. Trégano en Plogastel-Saint-Germain (F.) (C.-E.-M.). 28, LONGNON, Pouillés de Tours, pp. 341, 345.
29. Chanoine PEYRON, in Soc. Arch. Fin., 1913, p. 20. — Sur ce saint, V. NS. p. 118 s. v., Seoc ; La Villemarqué s'est emparé de ce T'oseocus Siteredus qu'il explique = citharède, pour en faire le premier des troüvères bretons ! : Lés Joculatores bretons, in Soc. arch. Fin, 1886, p. 7. — Souvestne, Les derniers Bretons, traduisail Plouézoc’h par la paroisse du Saumon ! (eng, pl. éoged = saumon), édit 1858, KÉD:r 25
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