‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 56 sur 188 · CHAPITRE III. — LES SAINTS ÉPONYMES DES PAROISSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — LES SAINTS ÉPONYMES DES PAROISSES

pas primitivement dédiée à l’éponyme dé la paroisse sous la forme hypocoristique Cat, dont le nom aurait subsisté avec la terminaison du diminutif -ic ; la chapelle aurait été plus tard dédiée à saint Sylvestre.

L'église de Louargat est sous linvocation de la Vierge.

PÉDERNEC

Pédernec est un nom formé avec le suffixe ec, sur le nom Pédern, forme bretonne du nom de Paterne". Actuellemeni, c'est saint Pierre qui est patron de l’église paroissiale, et il n’y à aucun souvenir d'aucune sorte d’un saint Patern,

Il s'agit d’une paroisse ancienne, dont le territoire était considérable, et qui détenait jadis deux trêves, Moustérus et Tréglamus ; si l’on ajoute à ce fait que le seul exemple de nom de lieu formé avec un nom d'homme et le suffixe -ec, Caouënnec, trêve de Cavan, appartient à la même région et comporte le nom d’un saint, Caouan, nom d'un saint attesté par ailleurs, qui était jadis patron de Cavan, il semble

67. V. Six saints, p. 38, où je rapproche Caouënnec, formé sur Caouan, nom breton de Cavan (C.-du-N.), etc. ; pour Squiffiec (G.-du-N.), je suis plus hésitant ; en outre du Squiviec que je signalais en Mûr (C.-du-N.), j'en ai relevé un autre en Plougastel-Daoulas (F.) (C.E.-M.). -— Pour la forme bretonne de Paterne, cf. Guerz sant Pedern, transcerit phonétiquement dans les Ann. de Bret., XI, 1896, pp. 236-249, J. LoTu, NSs., p. 101, et Rev. celt., XXXWNI, 1915, p. 145. — A. DE COURSON, dans ges Pouillés de Bret., à la suite du Cartul. de Redon, p. 559, donne la graphie Podernec ; c'est une coquille, et on ne saurait fonder sur cette graphie l'hypothèse que Pédernec contiendrait le nom de saint Ternoc ; au surplus, on aurait eu Ploudernec, car on ne peut supposer Pou = Pagus, dans le nom d’une paroisse. LONGNON, Pouillés de Tours, pp. 339, 344 et 349, donne Pedernec où Pedernac en 1330, Pedernec en 1461, ce qui prouve que Podernec est une coquille; dans Les monuments originaux de Saint-Yves, Saint-Brieuc, 1887, in-4°, p. 173, on trouve un parochianus de Bidernec, à est une faute pour e ; ces textes sont d’ailleurs émaillés de fautes. — A noter un village de Padarnac, en Pauillac (Gironde) (P.T.T.), qui est probablement un fundus en -ac du même nom Paternus, une villa Paderni en 1094 dans l'Hérault et un Putlernacus en 791 dans l'Indre-et-Loir (D’ARBOIS DE JUBAÏNVILLE, Recherches sur la propriété foncière et les noms de lieux habités en France, Paris, 1890, in-8°, p. 482).

Te PREMIÈRE PARTIE. — LES SAINTS

que l’on puisse admettre que Pédernec comporte le nom d’un saint, Pedern, Paternus, suivi du suffice -ec, employé pour constituer un nom de lieu, de la même façon que le suffixe gallo-romain -acus.

Saint Patern, quels que soient les personnages que cache ce nom unique, n’est l’éponyme que d’une seule lan, en Plabennec (F.), Lan-badern, au milieu des terres, dans l'évêché de Léon. Par contre, il a un certain nombre de chapelles : dans le Morbihan d’abord, ancien évêéché de Vannes : en Malguénac, canton de Cléguérec, en Saint- Tugdual, canton de Guéméné, en Meslan, canton du Faouet® ; c’est le nom d’une paroisse de la ville de Vannes, et auprès de Vannes, il y a une fontaine Saint-Patern en Sené (Ros.) ; dans les Côtes-du-Nord, Saint-Palern est le nom de villages, en Plourach, canton de Callac, et en Saint- Agathon, près de Guingamp (C.E.-M.) ; dans le Finistère, il existe en Motreff, évêché de Cornouaille, un village de Saint-Paterne (C.E.-M.).

Pédernec et Lambadern seraient les deux seuls établissements anciens du culte de ce saint”. Les chapelles ne sont probablement pas anciennes, les saints patrons des évêchés voient généralement leur culte s'étendre beaucoup. Pédernec et Lambardern, l’un évêché de Tréguier, l’autre évêché de Léon, n’ont certainement rien de commun avec le premier évêque de Vannes, qui ne semble pas un saint breton et n’a aucun Lan-, Plou- ; tout indique que ce saint Patern de Vannes était un gallo-romain.

68. Cette chapelle aurait été construite au début du xvne siècle, LUCG, Pouillé de Vannes, p. 402.

69. À moins que Baharn ne soit Paternus, hypothèse émise par LA BORDERIE, Un évangéliaire bret. du X° siècle, pp. 10-11 (Mosaïque bretonne, Rennes, 1893, in-8°). M. J. Lorx a rejeté cette hypothèse, NS., pp. 101 et 129, que rien d'ailleurs ne justiflait, — Saint Pern est

un autre personnage aussi (Ns., p. 403). — Sur saint Patern, v. DUINE, Memento, n° 29, D:009:

Page 1