CHAPITRE IV. — LES SAINTS ÉPONYMES DES LAN
LANNELVOEZ EN PLOUIGNEAU
La carte d'Etat-Major indique un village du nom de Lannelvoez en Plouïgneau. Des pièces de 1749-1750 des Archives départementales du Finistère (G. Plouïgneau) portent Lanelvoeys, Convenant Lanelvoie, Lannelvoie et Lanelvoës. Il est facile de reconnaître ici le nom de saint Alvoez, déjà étudié par M.-J. Loth, Ns., p. 10: :
ALVOEZ (saint), en 1420) : Algouez en 1461, auj. Saint Aloué en Lignol. La forme Saint-Elvoez de 1433 (Rosenweig, Dict. top. du Morbihan) est à remarquer. La prononciation actuelle est en faveur de At-we = Al-wed, mais il y a eu sûrement échange dans plusieurs noms entre Al- et Ael-. Aussi peut-on rapprocher avec vraisemblance ZLian Elwedd en Radnorsshire “5.
donnés par MM. Loth et Duine, cf. Trégonval en Saint-Servais (C.-du-N.) el Coatconval en Pleyber-Christ (F.) (C.E.-M.), cf. et. le saint Congal, archidiacre &@e Drennalus, dans la vie de saint Clair par Albert Le Grand. Sur Planguenoual, cf. Saint-Denoual, commune à 15 kil. à l'est de Planguenoual, et un lieu-dit Guinguenoual, non loin de Saint- Denoual (Répert. archéol. C-du-N., p. 445). Planguenoual ne peut s'expliquer par Plebs-Conwall, Guinguenoual l'expliquerait plutôt ; cf. Denoual, point culminant en la Harmoye (C.-du-N.) (C.E.-M.). — Saint Convel = * Cuno magilos, est un personnage tout différent chapelle côtière en Landunvez (F.) (C.E.-M. et Soc. arch. Fin., IV, p. 26 et 1907, p. 206) ; chapelle ruinée à Trégonével, en Saint-Goazec (F.), canton de Châteauneuf (Soc. arch. Fin., 1910, p. 168) ; Trégomac! en 1428, devenu Saint-Caradec-Trégomel (M.) (Ros.). — L'éponyme de Plougonvelin (F.) me semble être le même nom avec le suffixe -en (cf. Saint-Primel, patron de Primelin, K.) ; l'éponyme de Plougou melen (M.) est peut-être un autre personnage (Ns., p. 28, Chresto. p. 199, n. 6) ; cf. Kergonvelen en Plourin-Tréguier (Ventes biens nat. Arch. dép. Fin.). — Conval et Convel sont, à l’occasion, on l’a vu, écrils Conneval, Connevel, mais jamais Conaval ou Conavel, Conaval est une forme différente ; je ne trouve pas d'explication. Si l’on avait eu une graphie Langonavald, on aurait pu songer au nom Cunawalt du Cart. de Redon, p. 120 en 830.
35. V. J. Lorx, Chreslo., p. 232 et n. 10. Il y a eu confusion en Lignol avee un autre nom : Rest-dezaelbeu en 1477, devenu Restaloué. Cf. Kerdalhué en Gestel et en Guidel (M.) (C.E.-M.), Kerdalvé en Plouay (M.) (Ros., la C.E.-M. donne Kerdalhué) qui correspond au nom de famille, autrefois Kerdelehuez (Pont-scorf, baptêmes, 1592 et sq.), Kerdaihué et Guerdalhué (Arzano, bap., mar., sép., 1715, 1716), actueltement Xérdalhé (Arzano, liste élect., 1912): — Quant à l’ecclesia Sti Aeluuodii du Cart. de Redon, p. 227, en 916, c'est la même que l'on
Le même nom, porté par un laïc, se retrouve dans Lézalhoué en Nostang (M.), Leselvoez en 1385, Leselgoez en 1423, Lesalvoez en 1505 *.
CAZIN ET LANCAZIN EN PLOUIGNEAU
Ce sont les noms de deux hameaux voisins, indiqués Sur la carte d'Etat-Major. Cazin est un nom de saint connu; M. J. Loth a donné à ce sujet la notice suivante (Ws., p. 20) :
CAZEN (saint) : Langazen en Trémaouézan (F.). — GALLES : Liangathen en Carmarthen. Le Cantref de Catheiniog lui doit son nom. La fête était célébrée le 17 mai. (Rees, Essay, 280).
retrouve dans les pouillés de Tours publiés par Longnon, au diocèse de Nantes, doyenné de la Roche-Bernard, Sanctum Elmodium en 1287, ecclesia sancti Elvodii en 1330, et à la fin du xv° siècle, ecclesia sancti Elvodii alias Sanctus Dolay (pp. 259, 264, 270 et 289). L'identification géographique est certaine, il s’agit de Saint-Dolay (M.) ; quant à la forme Dolay, elle paraît sincère ; il y a un hameau La Ville Dolais en Quédillac (I.-et-V.) (P.T.T.). Sur le nom de saint Dolay, voir un très long article du Vicomte LE GOUVELLO, in Revue Morbihannaise, II, 1892, p. 171 et seq. — Sur ce même nom, cf. Saint-Lalué en Iguiniel, paroisse voisine de Lignol (Ros. et C.E.-M.), Tréalvé en Saint-Avé (Ros.), voir NS., p. 38, s. v. Elvez, et cf. chapelle de la Trinité à Clec’helvez en Kergloff (F.) (C.E.-M.) — Crec’h-Elvez. Il existe un Lanalhuezen en Tréflez (F.) (C.E.-M.) qui, avec la désinence -en, est à rapprocher de ces formes, à moins qu'il n'y faille voir Lan + Maelhuethen. Il cest fréquent que m devient n après Lan- ; Maelhuethen est nom d'homme dans le Cart. de Redon.
36. Je n'ose rapprocher Guernalvez en Plourac'h (C.-du-N.) (C.E.-M.), qui peut être Guern-C'halvez, ni le nom de famille Evaouez, cité en 1764 (Furet. bret., I, p. 30). — Ce qui est bizarre, c'est la présence de noms semblables commençant par 4: M. J. Loth cite, p. 38, la forme Delvouez, conservée dans Bren-Delvouez, en Brelès (F.) (C.E.-M.). Il exisle un nom de famil e Dalvoet, Landéda (F.), liste élect., 1902, qui peut être rapproché des -Dalhué ci-dessus, sans que son étymologie soit cerlaine (T'al-houet, toutefois, n'est pas à supposer). — L'on est tenté de réunir en une seule forme les formes Alvoet et Dalvoet, ce qui expliquerait Saint-Dolay, si bizarre, le Rest aloué en Lignol, non loin de Saint-Aloué (la forme Rest-dezaelbeu en 1477 étant certainement une cacographie pour Rest-daelbeuez) ; mais c'est là une chose bien audacieuse el que rien ne juslifierait. Dans ces formes, il se trouve d'ailleurs beaucoup de noms formés avec le vannetais er-hlué — Je haut, d’er-hlué = d'en haut, v: ERNAULT, in Rev. celt., XXXWVII, 4917-19, p.104 mn) 1. |