CHAPITRE V. — SAINTS DIVERS
ici que ceux dont le culte paraissait ancien dans le pays, parce que rien ne révélait que ces culles aient pu, à une époque quelconque, avoir été l’objet d’une extension. Il y a un personnage éponyme de Lok-, qui a été conservé parce que son culte pouvait sembler être antérieur à la constitution du nom de lieu en Lok-; d’autres personnages sont au dehors de la région, éponymes d’une Lan-, mais n’en sont pas moins des inconnus. Enfin d'autres ne sont altestés que par la seule chapelle ou le seul nom de lieu qui sera étudié ici; ce nom de lieu, ou la chapelle, est le seul élément qui indique qu'il aurait existé un saint de ce nom. Les formes anciennes font défaut. L'on n’est pas sûr que le terme saint contenu dans le nom de lieu soit la forme primitive de ce terme * et le second terme qui serait le nom du personnage, si réeilement c’est un nom de saint, peut avoir été déformé et ne plus permettre de reconnaître en ce saint, qu’on croit local, un saint qui peut-être est bien connu.
L'on voit par là les difficultés d’une telle entreprise et lon ne sera pas surpris que cette étude n’apporte presque jamais aucune conclusion sur chaque personnage en particulier, parce qu’on n’a jamais les éléments suffisants pour statuer sur chacun d’eux *.
12. Et cependant aucune confusion avec un autre terme n'était possible ; Nant-, ne pouvait devenir Sant- ; et cela d'autant plus que rien n'invitait à chercher un nom de saint dans ce nom de lieu. — Quand j'ai interrogé les habitants de Pleslin sur ce que pouvait être Saint-Logot, on ignorait que ce nom de lieu puisse comporter un nom de saint, on n'a pas voulu, l’'admettre etl'on me proposait une explication par Zan = vallée, cette explication n'est pas acceptable : san, dans LE GONIDEC et dans ERNAULT, Gloss. moy. bret., p. 596, signifie canal} acquedue, gouttière, et on ne le trouve nulle part avec le sens de vallée ; on ne le rencontre jamais dans la toponymie.
13. J'ai étudié successivement tous les saints romains où celtiques attestés dans la région, même ceux dont le culte est d'importation récente, comme saint Eutrope. Celle étude offre beaucoup d'intérêt. parce qu'elle permet de voir comment ces cultes se sont développés, sous quelles influences et par quels cheminements. Enfin, l'étude des cultes récents démontre péremptoirement que l'historien ne doit, en aucun cas, faire état des pratiques superstitieuses, même les plus païennes, qui accompagnent le culle d’un saint. Ces pratiques sont assez changeantes, elles viennent se greffer sur des cultes importés de nos jours ; elles ne peuvent jamais permettre de sé prononcer sur l'antiquité du culte d’un saint, ni sur l'antiquité d’un lieu du culte. CSSS TNISMDD Tan A0 AnrL2 80 16186; 1e