‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 80 sur 188 · SAINT GUIREC · texte numérisé non relu

SAINT GUIREC

Ce saint donne son nom à la trêve de Locquirec, actuellement paroisse, et à la paroisse de Perros-Guirec, anciennes enclaves de Dol, l’une et l’autre ; par conséquent, Perros- Guirec n'est pas une paroisse primitive, et de ce côté l'établissement ne peut être présumé appartenir à la première antiquité.

Locquirec se trouve sur une petite péninsule à la limite du Finistère ; Perros-Guirec est dans les Côtes-du-Nord, à une vingtaine de kilomètres, lui aussi au bord de la mer. Sur la grêve en Perros, l’on montre l’oratoire de saint Guirec, bâti sur un petit rocher qui aurait servi d'embarcation au saint pour se rendre de l'Ile de Bretagne ou d'Irlande, en Armorique ; le rocher se serait arrêté en ce point *. La vie latine, aujourd'hui perdue, mais qui a été reproduite par Albert Le Grand, ignore la présence de ce monument, cette tradition et tout le culte à Perros. Elle dit que saint Guirec serait

14. Le rocher est entouré par les eaux à chaque marée. Ce culte, sur un si petit rocher, quelques mètres carrés à peine, mérite l'attention; s'il n’y a pas quelque réalité sous la légende, on se demande comment un sulte serait venu s’accrocher sur cette pierre. Le saint ne l’habita-t-il pas comme pratique d’ascétisme ? — De nombreuses gravures de ce petit monument ont été publiées, ALBERT LE GRaNp. édit. 1901, p. 46. Cf. DE FRÉMINVILLE, Antig. des C.-du-N., p. 36 ; Bibliothèque armoricaine, IT, 1852, p. 201. — En dehors de la pratique bien connue, des jeunes filles qui viennent piquer des épingles dans la statue, Sébillot a raconté que l’on allait prendre de l'eau à la fontaine du saint et qu'on la jetait sur la mer, pour apaiser les tempêtes (Légendes, croyances el superstitions de la mer, Paris, 1886, Il, p. 477) ; ef. uns histoire racontée par N. QUELLIEN, Contes et nouvelles du pays «le Tréguier, Paris, 1898, p. 90, où il est dit qu’un innocent (se servait de l'eau de la fontaine de saint Guirec de la même façon que les femmes des marins, qui répandent de l'huile sur les flots pour les apaiser. — Le Rép. archéol. des C.-du-N., p. 297, mentionne en Perros un menhir

dit Peuivan sant C'hirek: — D'après Albert Le Grand, Locquirec aurait détenu les reliques du saint, c'est probablement une invention gratuite de sa part. — En 1830, l'abbé Clec'h, vicaire de Lanmeur, avait

cru retrouver à Locquirec les ruines du petit monastère de saint Guirec, DE KERDANET, édit. d'Albert Le Grand, 1837, n. p. 615. Locquirec est un ancien établissement gallo-romain, il eût fallu une étude très

sérieuse pour discerner l’époque des ruines découvertes par l'abbé Clec’h.

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