‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 83 sur 188 · Soc. arch. Fin., 1905, p · texte numérisé non relu

Soc. arch. Fin., 1905, p

21. Si l’auteur de la vie latine (ou Albert) avait su l'existence d'une chapelle en Tréflez sur la grêve, nul doute qu'il aurait fait voyager son saint par là ; mais les hagiographes ne constituaient pas, comme nous, des répertoires de topo-hagio-onomastique.

29, Soc. arch. Fin., 1909, p. 37. — Saint Guévroc aurait remplacé l'éponyme qui est un personnage tout différent, v. NS. p. 40, s. v. Euffret; et p. 182, s. v. Gerfret. — Un testament de 1684 comporte un legs à saint Quévroc, patron de l’église de Lanneufret, MÉVEL, Nofice sur Trémaouézan, Brest, 1924, in-12, p. 185.

23. Pour être certain que deux noms désignent un même personnage, ji faudrait trouver les deux noms coexistant en plusieurs endroits éloignés les uns des autres. V. pour Garan Cavan, Six saints, pp. 26 et sq.

Cette vie fait de saint Guirec un saint léonard. Il serait venu avec saint Tugdual et aurait fondé le monastère de Locquirec, mais tout le reste de sa vie écrite se passe dans le Léon ; il réside au lieu de sa chapelle en Ploudaniel, il est l'ami de saint Paul-Aurélien, il fonde l’église du Creisker au chef-lieu du diocèse * et il meurt à Landerneau. Il est probable que la vie latine imitée par Albert Le Grand comportait déjà l'identité du personnage du Bas-Tréguier et du personnage léonard. Albert, qui, en général, invente peu, et n’a pas grande audace, n’aurait pas inventé l'identification. Mais nous ne connaissons pas la vie latine et nous ne savons pas si l'invention n’a pas été l’œuvre d'Yves Le Grand de Kérigonval, dont Albert à continuellement utilisé les travaux. Il se peut très bien que le Léon ait possédé un saint Guévroc, objet d’un culte et ayant sa liturgie, et qu'un jour ou l’autre on l’ait identifié au saint Guirec du Tréguier. Il est fort possible, toutefois, que les deux noms désignent le même personnage Guévroc serait le surnom formé sur guevr = ambre ”, beaucoup de saints ont ainsi un double nom ; rien ne permet de trancher la question ni dans un sens ni dans l’autre.

Que décider sur ce personnage ? I] ne fournit son nom à aucune localité en Plou-, Lan-, Tré-; il a un Lok- et ce nom de lieu en lok est certainement postérieur au x° siècle, comme tous les Lok-. En dehors de cela on ne sait rien. La vie écrite n’a aucune valeur, l’on ne sait même pas sil est vrai, comme le dit Albert Le Grand, que les deux noms Guirec et Guévroc désignent le même saint. Il est impossible de dire à quelle époque ce personnage a vécu, ni de savoir si son culte, tel qu’il se trouve représenté, est ancien.

24. Détail curieux, qui a dû être emprunt à Yves Le Grand; dont il sera question plus bas. Peut-être saint Guévroc avait-il jadis une chapelle ou un autel dans cette église, ce qui aurait déterminé cette légende. — Un vitrail moderne au-dessus du maître autel représente le saint avec l'inscription : s. KIREC.

25. N$., p. 57. — Sur ces doubles noms, v. Sir saints, pp. 28-29.

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