‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 90 sur 188 · CHAPITRE V. — SAINTS DIVERS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — SAINTS DIVERS

M. Yves-Marie Maguer, à la ferme du hameau de Saint- Lavan.

En Plounévez-Moëdec, il existe une chapelle dédiée conjointement à saint Lavan et à saint Laurent, Le cadastre écrit Saint-Lavant (B, 985), la carte d'Etat-Major Saint- Laurent. Cette chapelle tombe aussi en ruines, la toiture est effondrée, mais la maçonnerie est assez bien conservée et a gardé un joli campanile *. Il est fait mention de cette chapelle dans une pièce de 1786 des Archives départementales des Côtes-du-Nord, E 2371.

Saint Lavan a été signalé pour la première fois par l'abbé Tresvaux, dans ses notes de la réédition des vies des saints de Dom Lobineau. Tresvaux, I, 1836, p. 180, n. 1, l’a identifié avec le disciple de saint Tudual, auteur de la /° vita Tuduali.

S. Loenan, Loevan ou Lavant est honoré d'un culte public dans quelques paroisses de l'ancien diocèse de Tréguier… Il a une très jolie chapelle à Plounévez-Moëdec, et une autre à Ploulec’h, avec une croix appelée la Croix de S.' Lavant, devant laquelle s'arrêtent les nombreux pèlerins qui vont visiter le Guéaudet. On célèbre sa fête le second dimanche d'août.

Kerdanet s’est emparé de cette note qu’il reproduit dans son édition des Vies d'Albert Le Grand, 1837, p. 787 ; il ajoute une confusion avec l’éponyme de Tréflaouénan dans le Léon, et transcrit en breton le nom de la croix de saint Lavant : Croaz sant Lavan.

Garaby a transcrit cette notice (Vies des saints de Bret. 1839, p. 195). Jollivet a répété les renseignements fournis par Garaby (Les C.-du-N., IV, 1859, pp. 54 et 164). Gaultier du Mottay a fait de même (loc. cit. et Icon. et hag., 1869, p. 56), en ajoutant toutefois une description de la statue en Ploulec’h : le saint est représenté en abbé, tête nue, une crosse à la main gauche, un livre dans la main droite *.

49. J'apprends par la petite revue Arvorig, ocl. 1924, p. 221, que ja chapelle a été restaurée et que le pardon y a été célébré à nouveau le 1 septembre 1924.

50. On a là un exemple très curieux de la façon dont les hagiographes se copient les uns les autres. Il se forme ainsi des traditions littéraires très puissantes ; j'ai suivi l’évolution d'une tradition littéraire semblable concernant saint Nérin et saint Kirio, dans mes Sir saints, pp. 64 et 71.

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