‹ Les saints ÉvangilesChapitre 52 sur 93 · Ps. CXVIÏ · texte numérisé non relu

Ps. CXVIÏ

Continuant de recourir à des comparaisons, Jésus leur fit encore ce récit, qu'il rapporta au Royaume des Cieux.

— Un Monarque, dit-il, qui célébrait les Noces de son Fils, envoya ses serviteurs prévenir les conviés d'avoir à s'y rendre- Mais ceux-ci n'en avaient nulle envie.

De nouveau, il expédia des messagers, qui eurent pour instruction de leur dire de sa part : « Voici que le Festin est préparé. Mes bœufs et les animaux engraissés sont tués; tout est prêt; venez aux Noces. »

Or, les conviés n'en tinrent nul compte; et ils s'en allèrent, celui-ci à la campagne, celui-là à ses affaires. Il y en eut môme qui s'emparèrent des serviteurs, et qui, après les avoir abreuvés d'ou- Irages, les massacrèrent.

Saisi d'indignation à cette nouvelle, le Roi donna à ses troupes l'ordre d'exterminer ces meurtriers et d'incendier leur ville.

« — Les Noces sont prêtes, dit-il à ses serviteurs; mais ceux qui avaient été invités n'en ont pas été dignes. Parcourez les carrefours; et tous ceux que vous trouverez, appelez-les au Festin. »

Les serviteurs s'en vont donc par les rues, assemblent tous ceux qu'ils rencontrent, bons et

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mauvais, de sorte que la salle fut remplie de convives.

Étant entré, cependant, pour voir l'assistance, le Roi aperçoit là un individu qui n'avait point revêtu la robe nuptiale*.

« — Mon ami, lui demande-t-il, pourquoi es-tu entré ici sans revêtir la robe de noces ? »

Cet homme reste court.

Le Roi s'adresse alors à ses agents :

<c — Rejetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres extérieures, leur commande-t-il. C'est là qu'auront lieu les pleurs et les grincements de dents. »

Beaucoup sont appelés : un petit nombre est choisi.

Les Pharisiens s'étaient concertés pour le surprendre dans ses paroles, et ils lui dépêchèrent quelques-uns de leurs partisans, en compagnie de

1. Les rois d'Orient ont coutume de mettre à la disposition de ceux qu'ils invitent le manteau de fête avec lequel ceux-ci doivent paraître en leur présence.

Le convive de la Parabole n'a pas même pris la peine de revêtir ce manteau dans le vestibule^ et est entré comme dans une cuisine d'auberge à la Noce du Fils du Roi. C'est le mauvais Chrétien qui va à la Table sainte pour suivre la foulC; et sans avoir revêtu au Tribunal de Pénitence, par le repentir et le ferme propos, la Robe nuptiale de l'absolution sacramentelle.

certains personnages appartenant à la cour du roi Hérode ^

— Maître, lui dirent ces gens-là, nous savons que toutes vos paroles sont véridiques; nous savons que vous enseignez en toute vérité la voie de Dieu, sans avoir souci de qui que ce soit, car vous n'êtes certes point de ceux qui regardent à la personne de rhomme. Donnez-nous donc votre avis : est-il licite, oui ou non, de payer le tribut à César?

— Fourbes que vous êtes, pourquoi me tendezvous un piège? leur repartit Jésus, pénétrant leur malice.... Montrez-moi la monnaie du tribut?

Ils lui présentèrent un denier.

— De qui est cette image? leur demanda-t-il. de qui cette inscription ?

— De César, répondirent-ils *.

— Eh bien, reprit Jésus, rendez alors à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu.

Grand fut leur étonnement à cette réponse. Ils quittèrent Jésus et ils se retirèrent.

Ce même jour des Sadducéens (ce sont ceux qui nient la Résurrection) vinrent lui soumettre ce cas :

1. On comprend aisément comment, au moment de poser à Jésus une question touchant à la politique romaine, les Pharisiens aient trouvé bon de se faire accompagner par quelques personnages appartenant à l'entourage du Prince.

2. Les impôts nouveaux se payant avec la monnaie du peuple conquérant, c'est-à-dire avec le denier, monnaie romaine ; le langage de rÉvangéliste est donc d'une parfaite exactitude. (Hug.)

— Vous savez, Maître, dirent-ils, que Moïse a édicté ceci : « Si quelqu'un vient à mourir sans avoir « d'enfant, que son frère épouse sa veuve et suscite « au défunt une postérité*. »

Or, parmi nous il s'est trouvé sept frères. Le premier, s'étant marié et étant mort sans enfant, a laissé ainsi sa femme à son frère. Pareillement le second, puis le troisième, jusqu'au septième. Enfin, après eux tous, la femme aussi est passée de vie à trépas.

Duquel des sept, ayant été la femme de tous, sera-t-elle donc l'épouse à la Résurrection ?

— Votre question repose sur une erreur, leur répondit Jésus, parce que vous ignorez à la fois, et les Écritures, et la puissance de Dieu. A la Résurrection, il n'y aura en effet ni époux ni épouses; et l'on sera dans le Ciel comme sont les Anges de Dieu.

Et quant à la Résurrection elle-même, quant à la Résurrection des morts, n'avez-vous donc pas lu la parole de Dieu, à vous adressée ? « — Je suis, « dit-il, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu « de Jacob *. » Or, ce n'est point des morts, c'est des vivants qu'il est le Dieu.

La multitude attentive était émerveillée de sa doctrine.

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