‹ Les saints ÉvangilesChapitre 54 sur 93 · Lévit, XIX · texte numérisé non relu

Lévit, XIX

Si David rappelle <^ Seigneur », en quelle manière « est-il donc son Fils * »?

Nul ne put lui répondre. Et, dès ce jour, personne n'osa plus le questionner.

Jésus alors, s'adressant à la multitude en même temps qu'à ses Disciples, prononça ces paroles :

ce — C est dans la chaire de Moïse que sont assis les Scribes et les Pharisiens * : observez donc tout ce qu'ils vous disent, et faites-le.

Mais gardez-vous d'imiter leurs œuvres ! Car ils disent et ne font pas; car, d'un côté, ils s'appliquent à former comme un faisceau de fardeaux lourds et insupportables dont ils imposent la charge à l'épaule des hommes; et de l'autre, eux-mêmes, pour leur propre compte, ils se refusent à les remuer du bout du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour le

1. Pour répondre ils n'avaient qu*à reconnaître l'origine de Jésus : Fils de David selon la chair^ il était son Seigneur par sa génération éternelle. Mais alors la passion les aveuglait, et ils se turent, pendant que « le peuple écoutait avec joie ». (L'abbé Fouard.)

2. <L C'est dans la chaire de Moïse » : ce qui veut dire qu'ils sont revêtus du caractère sacré de l'autorité et qu'il faut obéir aux préceptes de Moïse, qu'ils ont mission d'enseigner et de remettre constamment sous les yeux du peuple.

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regard d'autrui, affectant de porter de plus larges phylactères et des franges immenses*. Dans les festins, ils aiment les premières places ; dans les synagogues, les premiers fauteuils; au dehors ils veulent des révérences; ils se complaisent à entendre les hommes les saluer du nom de Maîtres.

Vous, cependant, ne vous faites pas appeler Maîtres : car un seul est votre Maître ; et, pour vous, vous êtes tous frères. N*atlribuez en outre à personne sur terre le nom de Père ; car un seul est votre Père : Celui qui est dans les Cieux. Qu'on ne vous appelle pas non plus Docteur; car un seul, est votre Docteur : le Christ.

Le plus grand parmi vous, ce sera le serviteur de vous tous. Car celui qui s'élève sera abaissé, tandis que celui qui s'abaisse sera élevé.

Aussi, malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites! parce que, quand les hommes se présentent à la porte du Royaume des Cieux, vous la leur fermez au visage. Vous n'entrez point et vous ne permettez pas que les autres entrent.

Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites ! parce que, sous prétexte de prier vos longues

1. Phylactère signifie c mémorial de la loi du Seigneur ». Interprétant à la lettre certains passages du Pentateuque, où il est commandé d'avoir toujours la Loi devant les yeux, les Juifs en écrivaient des maximes sur des bandelettes de parchemin, qu'ils attachaient au bras gauche et au front. Les Pharisiens se piquaient de porter des bandelettes ou phylactères plus larges. (L'abbé (îrampon.)

prières, vous dévorez le patrimoine des veuves! Et c'est pour ce fait-là que vous subirez le plus rigoureux jugement*.

Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui parcourez terres et mers pour conquérir un seul prosélyte, et qui, lorsqu'il Test devenu, en faites un enfant de TEnfer, deux fois pire que vous !

Malheur à vous, guides sans yeux, qui proférez des maximes comme celles-ci: « Si quelqu'un jure a par le Temple, ce n'est rien du tout : mais si « quelqu'un jure par Vor du Temple^ il contracte « une obligation ». Stupides et aveugles! Lequel est donc le plus grand, ou de l'or, ou du Temple qui sanctifie l'or?... Et encore : « Si quelqu'un jure par « l'Autel, ce n'est rien du tout; mais quiconque « jure par C offrande qui est sur VAulel, il contracte « une obligation ». Stupides et aveugles! lequel donc est le plus grand, ou de l'offrande, ou de l'Autel qui rend l'offrande sacrée? — Sachez-le I qui-

1. Au moment où le divin Maître confondait ainsi sous le poids des anathëmes l'orgueil et Tambition de ces sectaires^ un scandale public venait de les vouer au mépris du monde entier. L'historien Josèphe nous apprend qu'un Juif de Kome, aidé de quelques docteurs pharisiens, avait converti au Mosaïsme une noble dame nommée Fulvia, et lui avait persuadé de léguer au Temple de Jérusalem toute sa fortune, qui représentait une valeur énorme. Le legs fut recueilli par les hypocrites menteurs, mais ils ne remirent pas une obole au Temple, et se partagèrent intégralement les dépouilles arrachées par leur avarice à la bonne foi d'une étrangère. Le fait produisit une impression immense. Tibère rendit un décret qui expulsait tous les Juifs de Tenceinte de Rome. (Josèphe, Antiqu., XVIII, Ili. — Cité par l'abbé Darras.)

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conque jure par TAutel, jure à la fois, et par l'Autel, et par tout ce qu'il porte. Quiconque jure par le Temple, jure à la fois, et par le Temple, et par Celui dont il est la demeure. Quiconque jure par le Ciel, jure à la fois, et par le trône de Dieu et par Celui qui y est assis*.

Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme pour une feuille de menthe, d'aneth ou de cumin, et qui mettez entièrement de côté ce qu'il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde, et la bonne foi* !... Il fallait faire ceci et ne pas omettre cela. Guides frappés de cécité, qui prenez un filtre pour ne pas avaler un moucheron et qui engloutissez un chameau * I

1. il est bieB manifeste que le Temple et FÂutel; qui sanctifient les présents, sont de plus grande dignité que le don qu'on met dessus pour les sanctifier. Et cependant ces guides aveugles étaient assez insensés pour dire que le serment qu'on faisait par le don et par Tor qu'on avait consacré dans le Temple et sur FAutel était plus inviolable que celui qu'on faisait par le Temple et par l'Autel même. Pourquoi? parce qu'Us voulaient qu'on multipliât les dons et l'or dont ils profitaient; et c'est pourquoi ils en relevaient le prix ; et ils poussaient l'aveuglement jusqu'à déclarer le présent préférable au Temple et à l'Aulel où on le consacrait. (Bossuet, Méditations, dernière semaine^ LIX*" journée.)

2. Les coutumes judaïques étendaient la loi de la dîme à toutes les plantes aromatiques et potagères. (Maasheroth, I, Ij 2.) Jésus blâme les Pharisiens, non de s'y soumettre, mais de ne pas observer les grands préceptes de la Loi avec la même fidélité que ses moindres observances. (L'abbé Fouard.)

3. Le Lévilique (XI, 20, 23, 41, 42) défendait de manger tout animal impur. Dans la crainte de violer cette loi, les Pharisiens ne buvaient rien qui ne fût soigneusement filtré. Les Pharisiens filtraient donc le vin et l'eau, de peur qu'il ne s'y trouvât un petit

128 SAINT MATTHIEU, XXIll, 25-34.

Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez le dehors d'une coupe et d'un plat qui sont remplis au dedans de rapines et d'immondices! Aveugle Pharisien, nettoie d'abord l'intérieur de la coupe et du plat, afin que le dedans soit comme le dehors, sans souillures.

Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous êtes pareils à des sépulcres peints en blanc ! Ils ont, à l'extérieur, une belle apparence ; mais, au dedans, il n'y a que des ossements de morts et toute sorte de pourriture. Tels êtesvous. Par la forme, vous paraissez justes aux regards des hommes; mais, en vous-mêmes, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité.

Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui élevez des tombeaux aux Prophètes, qui couvrez d'ornements les édifices dressés à la mémoire des Saints, et qui allez, disant : « Si nous eussions « été là du temps de nos pèreSy nous n'aurions pas « été leurs complices dans l'assassinat des Pro- « plîètes! » Et par là, vous témoignez vous-même que vous êtes les fils de ceux qui faisaient périr les Prophètes. A vous donc, après vos pères, de combler la mesure.

Serpents, race de vipères, éviterez-vous d'être condamnés à TEnfer?... Yoici que Moi-même je vous

animal impur, un moucheron par exemple. — N'y a-t-il pas parmi les chrétiens de ces fausses piétés? On ne voudrait pas qu'il manquât un Ave Maria à son chapelet, mais les injustices, mais les médisances, mais la jalousie, on les avale comme de Teauj scrupuleux dans les petites obligations, large sans mesure dans les autres. (Bossuct.)

envoie des Prophètes, des Sages, des Docteurs. Mais vous tuerez et crucifierez les uns ; vous flagellerez les autres dans vos synagogues : vous les traquerez de ville en ville. Et ainsi, retombera sur vous tout sang innocent versé sur la terre, depuis le sang d'Abel le Juste jusques au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez égorgé entre le Temple et l'Autel. Oui, je vous le déclare, c'est sur cette engeance d'hommes que tout ce sang retombera.

Jérusalem! Jérusalem! qui tues les Prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je cherché à rassembler tes enfants, comme la poule ramasse ses poussins sous ses ailes, et tu ne l'as point voulu !...•,

L'heure approche pourtant où votre maison va devenir déserte ! Et bientôt, vous dis-je, vous ne me verrez plus, jusqu'au moment où vous vous écrierez : « Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur! »

Jésus était sorli du Temple et s'éloignait, lorsque ses Disciples l'abordèrent pour lui faire remarquer les diverses constructions de l'édifice sacré.

— Eh bien, leur dit-il, de tout ce que vous voyez là.

je vous déclare qu'il ne restera pas pierre sur pierre. Tout sera renversé.

Il était allé s'asseoir sur le mont des Oliviers. Des Disciples s'approchèrent de lui et, le prenant à part, lui posèrent cette question:

« — Apprenez-nous à quelle date s'accompliront ces choses et quel sera le signe de votre avènement et de la consommation des temps ?

— Veillez bien à ce que personne ne vous séduise, leur répondit-il; car plusieurs se présenteront en prenant mon nom. Ils diront : « Je suis le Christ! » et ils tromperont bien des hommes.

Vous entendrez aussi parler de guerres et de bruits de guerre. Gardez-vous de vous en troubler : car il faut que cela arrive; et ce ne sera pas encore la fin.

Se soulèveront en effet race contre race et royaume contre royaume. Il y aura des pestes et des famines ; en divers lieux, des tremblements de terre. Ce sera là le commencement des douleurs.

On vous livrera alors aux supplices : on vous mettra à mort. Vous serez, à cause de Moi, en butte à la haine de toutes les nations. Beaucoup défailleront devant les obstacles, se trahiront les uns les autres, et se haïront entre eux.

Plusieurs faux Prophètes surgiront et séduiront des multitudes d'hommes. Et comme l'iniquité sera à son comble, la charité d'un grand nombre se re-

froidira. — Toutefois, celuWà sera sauvé qui pei'sévérera jusqu'à la lin.

Cette bonne nouvelle du Royaume sera prêchée dans toute terre habitée, et attestée à toutes les Nations. Et c'est seulement après cela qu'arrivera la consommation des temps. »

« Quand vous verrez, suivant la parole de Daniel le Prophète *, l'abomination de la désolation installée dans le Lieu Saint — (entendez bien, Lecteur !), — que ceux qui seront dans la Judée se réfugient sur les montagnes; que celui qui sera sur le toit n'en descende point pour emporter quelque chose de sa maison ; et que celui qui est dans le champ ne rentre pas au logis pour chercher son manteau.... Malheur à celles qui seront alors enceintes ou qui auront un nourrisson!

Priez, priez, pour que votre fuite n'advienne ni en hiver ni en un jour de Sabbat. Car il y aura en ce moment une grande tribulation, une tribulation telle qu'il n'y en a pas eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, telle qu'il n'y en aura jamais. De sorte que, si ces jours n'eussent été abrégés, nulle vie n'eût été sauvée. Mais à cause des élus, ces jours seront abrégés.

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