Daniel, IX
Si Ton vous dit alors : « Le Christ est ici», ou « Il est là ! » n'y ajoutez aucune foi. Car les faux Christ et les faux Prophètes surgiront, opérant de grands signes et prodiges, afin d'entraîner dans Terreur, si cela se pouvait, les élus eux-mêmes.
Ainsi , je vous ai prévenus . Si donc quelqu'un vous crie : « Voilà qu'il est dans le Désert », n'y allez point: « Il est ici, dans l'intérieur de la maison », ne le croyez nullement.
Tel l'éclair part d'Orient et brille aussitôt à l'Occident, tel en effet sera l'avènement du Fils de l'Homme : « Où que soit le cadavre, les aigles s'assemblent* ».
Et immédiatement après ces jours de tribulation, le soleil s'obscurcira; la lune ne donnera plus sa lumière; les étoiles tomberont du firmament : la dynamique des cieux sera ébranlée.
En ce moment apparaîtra, dans le Ciel, le signe du Fils de l'Homme. Toutes les tribus de la terre seront dans le gémissement : et elles verront le Fils de l'Homme arrivant sur les nuées célestes, avec grande puissance et majesté. Pour Lui, il enverra ses Anges, lesquels, au son éclatant de la
1. Celle expression clail un proverbe juif, qui exprime, comme ce qui précède, Tidée de rapidité foudroyante. Qu'imporle le lieu où Ton vienl de voir Taigle? il n'y est déjà plus. 11 ne réside pas : il plane, il voil parloul, il va parlent. L'empire où reposent ses ailes n'a pas de frontière, c'est l'espace illimité : où qu'apparaisse sa proie, il la discerne et tombe sur elle comme l'éclair. Tel sera le Fils de rilomme à son avènement; telle sera la soudaine irruption de sa justice.
trompette et aux accents de leur grande voix, rassembleront ses Élus, des quatre vents de Thorizon, d'une extrémité du monde à l'autre extrémité. »
« Prenons, dans le figuier, un terme de comparaison. Quand sa ramure devient tendre et que ses feuilles commencent à naître, vous savez que Tété est proche. Eh bien I quand vous verrez tous ces signes, sachez que le Fils de l'Homme est proche : sur le seuil de la porte.
En vérité, je vous le déclare; cette race [la race humaine] ne s'éteindra pas que tout cela ne s'accomplisse. Ciel et Terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
De ce jour et de cette heure, personne ne sait le secret, pas môme les Anges du Ciel : personne, excepté le Père, seul*. »
« Telles étaient les choses au temps de Noé, telles elles seront aussi quand aura lieu l'avènement du Fils de l'Homme. De môme, en effet, qu'aux jours antédiluviens les gens mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient les leurs, jusqu'au moment oii Noé entra dans l'Arche; de môme qu'ils ne comprirent rien jusqu'à ce que survint le Déluge qui
1. En tant que Dieu, Jésus connaissait celle heure, disent les théologiens, mais en tant qu'Homme, pour parfaites que fussent sa nature et spn intelligence^ il ignorait ce secret aussi bien que les Anges.
les engloutit tous; de même en sera-t-il à l'avènement du Fils de l'Homme.
Deux ouvriers seront alors dans un champ- : Tun sera pris [parles Anges*], l'autre sera laissé de côté. Deux femmes seront à moudre au moulin : Tune sera prise et l'autre laissée. Soyez donc toujours sur vos gardes, puisque vous ne savez à quel instant aura lieu l'arrivée de votre Seigneur.
Rendez-vous bien compte de ceci : c'est que si le Maître de la maison connaissait l'heure à laquelle doit faire irruption le voleur, il veillerait assurément, en cette heure-là, et ne laisserait pas faire une brèche à son logis. Mais vous, soyez toujours prêts, puisque l'heure, — cette heure à laquelle doit survenir le Fils de l'Homme, — vous ne la savez point. »
<c Quel est, à votre avis, le serviteur fidèle et prudent à qui le Maître donnera pouvoir sur ceux de sa maison, afin qu'il leur dispense, quand il le faudra, tout ce qui est nécessaire? — Quel est-il? Ce sera l'heureux serviteur que le Maître, en rentrant chez lui, aura trouvé agissant avec prudence et fidélité. Oui, je vous le déclare, c'est celui-là qu'il établira sur tous ses biens.
1. Par les Anges. Ces mots ne sont point dans le text^^ m&i9 iU^ sont dans la pensée^ d'après les commentateurs; car il s'agit ici des Anges qui rassembleront les Élus des quatre coins dq Ciel, comme il est dit un peu plus haut, dans ce môme discours^ à la page précédente. '
Mais si le serviteur, étant mauvais, dit en son cœur : « Mon Maître tarde à venir ! » ctqu'il se mette à battre ses compagnons, à manger et à boire avec les ivrognes, son Maître surviendra tout à coup, au jour où ce serviteur ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ignore. Et, le chassant loin de sa présence, il lui assignera sa place avec les hypocrites. Là seront les pleurs; là seront les grincements de dents. »
« Et en ce moment le Royaume des Cieux présentera cette ressemblance * :
Portant leurs lampes en main, dix Vierges, allaient à la rencontre de TÉpoux et de TÉpouse.
Cinq d'entre elles manquaient de sens, les cinq autres étaient prudentes. En prenant leurs lampes, les cinq qui étaient dénuées de raison ne se munirent point d'huile. Mais celles qui
1. Pour bien comprendre la parabole que l'on va lire, il faut connaître certains usages relatifs à la célébration des Noces parmi les Israélites. L'Époux, suivi de ses compagnons — appelés a amis de l'Époux, garçons de l'Époux, paranymphes », — allait, vers le soir, chercher l'Épouse à la maison de son père. « Celle-ci, dit l'abbé Crampon, était environnée de ses compagnes, lesquelles, lorsque l'Époux approchait, allaient à sa rencontre, et le conduisaient à l'Épouse, qui était restée en arrière. Puis le cortège se mettait en marche, à la lueur des lampes que les jeunes (illes et les jeunes gens portaient, fixées au bout de bAtons, soit pour éclairer la route, soit comme un symbole de Téclat que répand autour de soi Pinnocence et la pureté du cœur. On célébrait alors le repas des Noces, dans la maison et aux frais du fiancé, y»
étaient prudentes emportèrent, avec la lampe, leur provision d'huile dans un vase.
L'Époux tardant à venir, elles cédèrent toutes au sommeil et s'endormirent
Au milieu de la nuit, un grand cri s'éleva :
« — Voici l'Époux qui arrive! Sortez au-devant de Lui ! »
Toutes ces Vierges se levèrent et apprêtèrent leurs lampes. Et les insensées s'adressèrent aux sages :
« — Nos lampes s'éteignent, dirent-elles; donneznous de votre huile?
— Il n'y en a peut-être pas assez pour nous et pour vous, répondirent les sages. Courez plutôt en acheter chez les marchands. »
Or, pendant qu'elles y allaient, survint TÉpoux ; et celles qui étaient prêtes entrèrent, en sa compagnie, à la fête nuptiale. Après quoi la porte fut close.
Cependant les autres Vierges se présentent enfin, en s'écriant :
« — Seigneur ! Seigneur ! ouvrez-nous ! »
Mais il leur répondit :
« — En vérité, je vous le déclare, je ne vous connais point. »
Donc tenez-vous en éveil, puisque vous ne savez ni le jour ni l'heure. »
« Autre comparaison à ce sujet :
Sur le point de partir pour un voyage fort long, un homme appelle ses serviteurs et leur confie
diverses sommes : à celui-ci, cinq talents; à celui-là, deux; à ce troisième, un seul *. A chacun, suivant sa capacité personnelle.
Aussitôt après, il se met en route.
Celui qui avait reçu cinq talents les exploite par son travail et en gagne cinq autres. De môme, celui qui en avait reçu deux en gagne deux autres.
Quant à celui qui n'en avait reçu qu'un, il va faire un trou en terre, et il y enfouit l'argent de son Maître.
Après un long temps écoulé, le Maître revient enfin; et il fait rendre compte à ses serviteurs.
Celui qui avait reçu cinq talents se présente, porteur de cinq autres :
« — Seigneur, dit-il, vous m'avez confié cinq talents. En voici cinq de plus, que je leur ai fait rapporter.
— Très bien, bon et fidèle serviteur ! Puisque, dans la gestion de peu, tu t'es montré fidèle, je te confierai la gestion de beaucoup. Entre dans la joie de ton Maître*. »
Celui qui avait reçu deux talents vient ensuite et dit également: