ROI DES JUIFS
Deux voleurs sont crucifiés avec Lui : l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. Et ainsi s'accomplit la parole de l'Écriture : « Il a été mis au rang des scélérats ».
Les gens qui passent l'accablent d'injures : — Allons ! allons ! s'écrient-ils en gesticulant de la tête, toi qui détruis le Temple de Dieu, et, en
le père d'Alexandre et de Rufup. noms connus des premiers chréliens <-oimiie ceux de leurs irères dans la loi. (L'abbé Fouai'd.)
trois jours le rebâtis, sauve-toi donc toi-même, descends de la Croix.
Grands-Prêtres et Scribes le raillent entre eux également :
« C*est le Sauveur d'autrui,. — qui ne peut se « sauver!... »
— Que « le Christ », que « le Roi d'Israël », descende maintenant de sa Croix, afin que nous voyions et que nous croyions !...
Ceux même que Ton a crucifiés avec lui Tinsultent aussi.
Vers midi, Tobscurité se fait sur toute la terre jusques à trois heures.
Et à trois heures, Jésus s*écrie :
ce Eloï^ Eloï, lamma sabacthani ! »
Ce qui signifie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez- vous abandonné? »
— ce II appelle Élie », supposent, à ces mots, quelques-uns de ceux qui Tentourent.
L'un d'eux pourtant s'empresse de prendre une éponge, de l'imbiber de vinaigre. Puis, l'assujettissant au bout d'un roseau, il offre à boire à Jésus :
— Laissez-moi faire! dit-il à ses compagnons : et voyons si Élie va arriver pour le détacher de la Croix.
Mais Jésus pousse un cri puissant; et il expire.
Soudain le Voile du Temple se déchire en deux, du haut en bas. Entendant ce grand cri que Jésus vient de pousser en expirant, le Centurion qui se
tient en faction devant la Croix prononce celte parole :
— En vérité, cet homme était le Fils de Dieu !
Il y avait là également des femmes, assistant de loin à ce spectacle. Parmi elles, Marie-Magdeleine , Marie, mère de Jacques et de Joseph, Salomé, qui avaient coutume de l'accompagner et de le servir lorsqu'il était en Galilée : plusieurs autres encore, qui l'avaient suivi à Jérusalem.
Déjà il se faisait tard. Et comme il fallait que tout fût prêt et entièrement terminé avant le Sabbat, un noble décurion, Joseph d'Arimathie, lequel vivait aussi dans l'attente du Royaume de Dieu, alla hardiment trouver Pilate, et réclama le corps de Jésus.
Étonné que Jésus eût sitôt expiré, Pilate fit comparaître le Centurion, et lui demanda s'il était déjà mort. Le Centurion confirma le fait; et le Gouverneur commanda alors que le corps fût remis à Joseph.
Ce dernier, ayant acheté un linceul, détacha de la Croix le corps de Jésus. Il l'enveloppa du suaire, le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, et roula un bloc de pierre contre la porte du Tombeau.
Marie-Magdeleine cependant, et Marie de Joseph, ne pouvaient détourner leurs regards de ce lieu où on l'avait enseveli.