‹ Les saints ÉvangilesChapitre 77 sur 93 · Le mot locum Calvar*i8d veut dire place du Crâne · texte numérisé non relu

Le mot locum Calvar*i8d veut dire place du Crâne

2. L'inscription de la Croix est différente dans chacun des Évan>

— N'inscrivez pas : « Roi des Juifs », mais bien : « Cet homme a dit : Je suis le Roi des Juifs ».

— Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit, leur répliqua Pilate.

XXXIY

Après ravoir mis en Croix, les Soldats s'étaient emparés de ses vêtements, dont ils firent quatre parts : une pour chaque Soldat *.

Le partage fait, il restait encore la tunique, une tunique sans couture, et d'un seul tissu depuis le haut jusques au bas.

— Ne la déchirons point, se dirent-ils, mais tirons au sort à qui elle appartiendra ^

Ainsi s'accomplissait la prophétie de l'Écriture : <c Ils se partageront mes vêtements et tireront au « sort ma tunique. »

Ce fut précisément ce que firent les soldats.

Pendant ce temps, tout contre la Croix, se tenaient

gélistes. Saint Marc donne probablement la forme latine ; saint Luc, la grecque; saint Jean^ l'araméenne.

A ce titre dérisoire^ à la vue des deux scélérats qui entouraient le Christ , formant sa cour et son peuple, les Juifs comprirent l'ironie.... Pilate montrait à la nation juive quel mépris il faisait de leur royauté chimérique. (L'abbé Fouard.)

1. Tout poste romain se composait de quatre légionnaires. (Lipsius, De Cruce, II, 16.)

2. D'après la loi romaine, les habits du condamné appartenaient aux légionnaires. (Ulpien, au Digeste^ XLVIII; XX^ 6.)

debout la Mère de Jésus, Marie de Cléophas, sœur de sa mère, et Marie-Magdeleine.

Jésus aperçut sa Mère.... Puis, ses yeux se portèrent sur le Disciple qu'il aimait et qui, lui aussi, était là, et il dit alors à sa Mère :

— 0 Femme, voilà votre Fils.

Et ensuite, il dit au Disciple :

— Voici ta Mère !

C'est à partir de ce moment que ce Disciple Ta prise chez lui.

Voyant que toutes choses avaient eu leur accomplissement, Jésus voulut encore que se réalisât un dernier texte de TÉcriture, et il prononça cette parole :

— J'ai soif.

Il se trouvait sur place un vase qui contenait du vinaigre. Des soldats en imbibèrent une éponge, et, la fixant à un rameau d'hysope, la portèrent jusqu'à ses lèvres.

Dès qu'il eut goûté ce vinaigre, Jésus dit : — Tout est consommé.

Puis, inclinant la tête, il rendit l'esprit.

Or ce jour-là était la veille du Sabbat. De sorte que, pour empêcher que les corps demeurassent en croix le lendemain — qui était un Sabbat solennel, — les Juifs allèrent prier Pilate de donner ordre que Ton rompît les jambes aux suppliciés et qu'on enlevât leurs corps *.

Des Soldats vinrent donc pour cet office et rompirent successivement les jambes aux deux criminels qu'on avait crucifiés avec Jésus*. Mais quand ils arrivèrent à ce dernier, ils constatèrent qu'il était déjà mort .et ne les lui brisèrent point. D'un coup de lance, l'un d'entre eux lui perça le côté, et il en sortit du sang et de l'eau.

Celui-là même qui l'a vu de ses yeux en rend ici témoignage, et son attestation est véridique. Et il a conscience de s'être fait le narrateurde la vérité, afin que, vous aussi, vous ayez la foi.

Ce dernier détail s'était ainsi passé, pour que fût

1. La Loi prescrivait de ne pas laisser le condamné sur le gibet au delà d'un jour, et ce commandement était plus pressant que jamais à la veille de la Pâque, qu'il convenait de ne pas troubler par le spectacle des crucifiés. (L'abbé Fouard.)

2. Les soldais dont parle ici saint Jean sont différents de ceux qui avaient élevé les trois croix, car des ordres sévères interdisaient à ces derniers de s'éloigner des gibets avant la mort des victimes. Friedlieb, Archàologie der Leidensgeschichte, S. 1 49.(7^.)

accomplie cette prophétie de rÊcriture : « Vous ne « briserez pas un seul de ses os », et aussi cet autre texte : « En présence de celui qu'ils ont transpercé « leurs yeux verront* ».

Ce fut après tout cela que Joseph d'Arîmathie, qui était Disciple du Seigneur, — mais en secret, par frayeur des Juifs, — alla demander à Pilate Tautorisation d'enlever le corps de Jésus. Pilate le lui permit, et Joseph vint détacher le corps.

Nicodème (celui-là même qui avait jadis visité Jésus pendant la nuit), arriva aussi, apportant une composition de myrrhe et d'aloès, environ cent livres.

Tous deux prirent le corps de Jésus, Tenveloppèrent de linges et, suivant la coutume juive, Ten-

1. Lorsque le Christ eut expiré sur la croix pour le salut des hommes, on vient de voir que Tun des soldats romains dont il était entouré, voulant s'assurer de la mort, le perça de part en part de sa lance. L'Évangile ne dit point son nom, mais la tradition Ta recueilli: il s'appelait Longin. Ses yeux étaient malades; il était louche et avait la vue basse. Quelques gouttes du sang divin jaillirent jusque sur son front et ruisselèrent sur ses paupières. Et tout aussitôt son regard devint droit et sa vue claire et nette. En môme temps, sous ce môme baptême, son àme fut transformée, et il reconnut le Fils de Dieu.

sevelirent dans des aromates et dans des parfums*.

A côté de l'endroit où Jésus avait été crucifié, se trouvait un jardin, et, dans ce jardin, un sépulcre neuf qui n'avait encore servi à personne. — Comme c'était la veille du Sabbat et que ce Sépulcre était tout proche, ils y déposèrent Jésus.

Le lendemain du Sabbat, de très grand matin, — avant le jour, — Marie-Magdeleine se rend au Tombeau. Elle voit la pierre tombale rejetée à côté du Sépulcre.

Elle va alors en toute hâte prévenir Simon-Pierre et cet autre Disciple que Jésus aimait.

— On a enlevé le Seigneur de son Tombeau, leur dit-elle, et nous ne savons où on Ta placé.

Pierre sort aussitôt avec l'autre Disciple et tous deux se mettent à courir pour aller au Sépulcre.

1. L'embaumement des Juifs différait de celui des Égyptiens. Ces derniers soumettaient le cadavre à de longues préparations, en retiraient les entrailles et la cervelle, le maintenaient pendant soixante-dix jours dans un bain de natron, etc. Chez les Juifs^ aucune incision n'était faite au corps ; on se contentait de le laver avec soin^ de le plonger dans les huiles précieuses, de l'entourer de parfums maintenus par des bandelettes; mais ces soins n'empêchaient pas la décomposition^ car nous la voyons commencer chez Lazare quatre jours après la mort. (L'abbé Fouard.)

Mais le Disciple courait plus vite que Pierre, de sorte que, gagnant les devants, il y parvint le premier.

Il pencha la tête sur le Tombeau et il aperçut les linges posés à terre. Toutefois, il n'entra pas.

Simon-Pierre, qui venait derrière lui, arrive à son tour et pénètre aussitôt dans le Sépulcre II regarde : les linceuls étaient là ; le suaire dans lequel on avait enveloppé la tête de Jésus y était aussi, non pas avec les linceuls, mais à une autre place et plié à part.

Le Disciple qui était arrivé le premier entre également. Ses yeux s'ouvrent, et la foi le gagne. Jusqu'à ce moment, en effet, ils n'avaient point encore compris ce que dit l'Écriture : « Qu'il fallait que le Christ ressuscitât « d'entre les morts ?>.

Pendant que les Disciples rentraient chez eux, Marie, tout en larmes, était restée auprès du Tombeau.

Pendant qu'elle pleurait ainsi, elle vint à se pencher et à regarder dans l'intérieur du Sépulcre. Et voici que deux Anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été le corps de Jésus, — l'un à la tête, et l'autre aux pieds, — apparaissent à ses regards.

Ces x\nges l'interrogent :

— Femme, pourquoi pleurez-vous ?

SAINT JEAiX, XX, 13-18. 523

— C'est qu'on m'a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a déposé.

Après avoir dit ces mots, elle se retourne.... Et derrière elle, mais sans se rendre compte que ce fût Lui, elle aperçoit Jésus, qui se tenait debout.

— Femme, lui demande-t-il, pourquoi pleurestu? Qui cherches-tu?

Elle suppose que c'est le propriétaire du jardin.

— Seigneur, répond-elle, si c'est vous qui l'avez enlevé d'ici, dites-moi où vous l'avez déposé et j'irai le chercher.

La voix de Jésus prononce alors ce mot :

— Marie!...

Et soudain Marie se précipite vers Lui.

— 0 mon Maître! s'écrie-t-elle....

— Ne t'attache pas ainsi à moi !.. . reprend Jésus. Je ne suis pas d'ailleurs remonté encore vers mon Père.... Va transmettre à mes frères cette parole : a Je fais mon Ascension vers mon Père et le vôtre, « vers mon Dieu et votre Dieu.... »

Marie-Magdeleine court trouver les Disciples, et leur annonce celte nouvelle :

— J'ai vu le Seigneur I... Et voilà ce qu'il m'a dit!

Le soir de ce môme jour (le lendemain du Sabbat], les Disciples étant rassemblés et toutes les portes étant closes par crainte des Juifs, Jésus survint et, se tenant debout au milieu d'eux, il leur dit :

— La Paix soit avec vous !

Puis, il leur montra ses mains et son côté. Les Disciples étaient dans l'allégresse de contempler le Seigneur.

Alors il leur répéta :

— La Paix soit avec vous ! Comme mon Père m'a envoyé, Moi-même, je vous envoie.

Ensuite, il souffla sur eux et prononça ces paroles :

— Recevez le Saint-Esprit. Seront absous de leurs péchés ceux que vous en absoudrez; et conserveront leur dette ceux à qui vous la maintiendrez.

Or Thomas, l'un des Douze (celui qu'on avait surnommé Didyme) n'était pas avec eux au moment où Jésus apparut ainsi.

— Nous avons vu le Seigneur, lui dirent les autres Disciples.

— A moins que, de mes propres yeux, je ne constate les marques des clous dans ses mains, répondit Thomas; à moins que moi-même, je ne mette,

le doigt dans la place des clous et ma main dans la plaie du côté, je n'en croirai rien.

Huit jours s'étaient passés. Les Disciples étaient, comme précédemment, à Tintérieur de la maison. Thomas se trouvait avec eux. Toutes les portes étaient fermées.

Soudainement, au milieu d'eux, Jésus apparaît de nouveau :

— La Paix soit avec vous, leur dit-il. Puis s'adressant à Thomas :

— Porte ici ton doigt et regarde mes mains.... Approche encore : mets ta main dans mon côté....

Et ne sois plus incrédule, mais croyant.

— 0 mon Seigneur et mon Dieu! s'écria Thomas.

— Parce que tu m'as vu de tes yeux, tu as cru, Thomas I Bienheureux ceux qui ne verront point et qui croiront!

Jésus fit encore devant ses Disciples beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas consignés dans ce livre. Mais ceux-ci ont été écrits afin que vous ayez foi que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, possédant une telle foi, vous ayez la Vie en Lui.

Quelque temps après, sur le bord du lac de Tibériade, Jésus se manifesta à ses Disciples dans les circonstances suivantes.

Simon-Pierre ; Thomas, surnommé Didyme; Nathanael, de Cana en Galilée; les fils de Zébédée et deux autres Disciples, étaient ensemble.

— Je vais pêcher, dit Simon-Pierre.

— Nous y allons avec toi, dirent les autres.

Ils partent et montent à bord de la barque. Mais la nuit s'écoule sans qu'ils prennent rien.

Le matin arrive, et sur le rivage Jésus est debout. Les Disciples cependant ne s'aperçoivent point que c'est Lui.

— Enfants, leur crie-t-il, n'avez-vous rien à manger?

— Non, répondent les Disciples.

— Lancez le filet à droite de la barque. Vous trouverez.

Ils lancent donc le filet : et voilà qu'il s'emplit tellement de poissons qu'ils ne pouvaient le retirera eux.

— C'est le Seigneur! dit à Pierre le Disciple que Jésus aimait.

A cette parole : « C'est le Seigneur », Simon-

Pierre, qui n'était point vêtu, prend sa tunique et se jette à Teau.

Les autres Disciples, en ce moment peu éloignés de terre, — environ de aeux cents coudées, — arriventensuite avec la barque, traînant leur filet à la remorque.

Une fois descendus sur la plage, ils voient des charbons allumés, du poisson dessus et du pain. Et Jésus leur dit :

— Apportez quelques poissons, de ceux que vous avez péchés à l'instant.

Simon-Pierre monte alors dans la barque et tire à terre le filet. 11 était plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois; et, malgré ce grand nombre, le filet ne se rompit pas.

—7 Venez manger, dit Jésus aux Disciples.

Ils prennent place, et aucun d'eux ne peut avoir la hardiesse de lui dire : « Qui êtes-vous? » — Ils voient de leurs yeux que c'est le Seigneur.

Jésus s'approche : il prend du pain et il le leur distribue, ainsi que le poisson.

C'était la troisième fois depuis sa résurrection d'entre les morts que Jésus se manifestait à ses Disciples.

Après le repas, Jésus dit à Simon-Pierre: — Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci?

— Oui, Seigneur, répond Pierre, vous savez que je vous aime.

— Sois le pasleur de mes agneaux, dit alors Jésus. Puis il reprend encore :

— Simon, fils de Jean, m*aimes-tu?

— Assurément, Seigneur, répond encore Pierre, vous savez que je vous aime.

— Fais paître mes brebis, dit Jésus.

Et il répète une fois de plus :

— Simon, fils de Jean, m'aimes-tu?

Pierre fut attristé de cette question « M'aimes-tu? i> renouvelée à trois reprises.

— Seigneur, dit-il, vous savez tout. Vous savez donc que je vous aime.

Et Jésus prononça cette parole :

— Sois le pasteur de mes brebis!...

En vérité, en vérité, voici ce que je t'annonce.

Alors que tu étais plus jeune, tu nouais ta ceinture et tu allais où tu voulais. Eh bien, dans ta vieillesse, tu auras les mains étendues; et ce sera un autre qui te passera la ceinture autour des reins, et qui te conduira où tu ne veux point.

Il s'exprima de la sorte, faisant allusion au genre de mort par lequel Simon-Pierre devait glorifier Dieu.

— Suis-moi! ajouta Jésus.

Pierre, s'étant retourné, vit un autre Disciple qui arrivait derrière eux.

C'était celui qu'aimait Jésus, celui qui, pendant la Cène, avait posé la lête sur sa poitrine et lui avait

dit : « Seigneur, quel est donc l'homme qui doit « vous trahir? »

En Tapercevant, Pierre, demande à Jésus :

— Et celui-ci? qu'en adviendra-t-il ?

A quoi Jésus répond par cette parole :

— S'il est de ma volonté qu'il attende jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Pour toi, tu n'as qu'à me suivre.

De là, le bruit se répandit parmi les frères que ce Disciple ne mourrait pas. Toutefois, Jésus n'avait pas dit : « Il ne mourra point » ; mais bien : « Si je veux qu'il attende jusqu'à ce que je vienne, <c que t'importe?...»

C'est précisément ce môme Disciple qui rend ici témoignage de tous ces événements. Il a pris la plume pour les écrire : et l'on sait, parmi nous, que son témoignage est véritable.

Il est cependant une multitude d'autres choses que Jésus a faites, et telles, que si l'on en donnait le détail, je ne pense point que le monde entier pût comprendre tous les livres qu'il y aurait à écrire là-dessus.

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