CHAPITRE
oNGTEMPS encore la peinture chrétienne aurait pu se trainer dans l'ornière by-
malgré l'avènement du
g style
zantine,
gothique, lorsque parut, au cœur de
l'antique eremaeNtlonene Aunmiences génies prédestinés, dont l'initiative fait lus que les erorts combinés d'une longue suite de générations. Un pauvre petit pâtre, Giouo di Bondone 1266-1337), réussit, à lui seul, à renouveler l'inspiration et le style, à refondre l’iconographie sacrée, à rendre art la vie et l'éloquence qui en semblaient bannies. Du premier bond, il atteignit à la perfection : jamais artiste depuis n'a su retracer avec une émotion plus poignante le Massacre des Innocents, ni évoquer avec plus de ferveur es splendeurs du Paradis.
Pour faire pénétrer le lecteur dans lesprit de ces pages
sublimes, analysons quelques-unes des fresques laissées
par Giotto, soit dans la fameuse basilique de Saint Francois à Assise, soit dans l’humble église de la « Madonna
dell Arena » à Padoue.
Dans l’Adoration des Mages, nous admirerons tout d'abord le groupe superbe que forment la Vierge, assise sous un riche portique, les deux anges debout à côté d'elle, le vieux roi prosterné à ses pieds, et l'Enfant Jésus, s'inclinant pour poser sa petite main sur la tête blanche du vicillard. Du côté opposé, un autre roi, debout, appuie ses mains contre sa poitrine, comme s’il ne pouvait contenir l'enthousiasme qui y déborde. Son compagnon, qui le regarde tout ému, semble l'encourager dans cette admiration qu'il a éprouvée avant lui. Gestes et expressions sont animés, et comme transfigurés, par une émotion communicative. La Fuite en Egypte est conçue dans une donnée diamétralément opposée. Cinq figures Saint Joseph, la Vierge et l'enfant assis sur un âne, puis deux serviteurs, — se déroulant au premier plan avec la simpli-
cité et la gravité d'un bas-relief antique : voilà toute la
composition. Au fond, des rochers, au-dessus desquels voltigent deux anges chargés d'accompagner les fugitifs.
Plus dramatiques encore sont les fresques de Padoue,
PESSSAINTES
Dans la Rencontre de Saint Joachim et de Sainte Anne, la sainte a jeté un bras autour du cou de son époux; de la main restée libre elle presse sa joue par un de ces gestes d’une tendresse infinie dont Giotto avait le se- Crete
Dans la Remise des Verges au Grand Prétre, celui-ci, un beau vieillard, au front découvert, à la barbe majestueuse, debout près de l'autel, jette sur l’ensemble de la scène un indicible caractère de solennité. Devant le temple, représenté en coupe, se tient la foule des prétendants, les
uns recueillis, les autres pleins d'espoir ou d’ardeur. La
Gliché Alinari