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A FUITE EN EGYPTE

ÉGLISE DE SAN ONOFRIO (itoME) fresque suivante, l'Adoration des Verges nous montre le méme temple, le même autel, mais, par un de ces contrastes si essentiellement dramatiques, et dont Giotto a le premier su tirer parti, les personnages sont à genoux. Derechef, dans les Æiancailles de Saint Joseph et de la Vierge, l'artiste a eu recours à cette répétition, qui, en certaines circonstances, peut devenir si éloquente. La scène a changé, mais le décor est resté le même ; quant à la composition, elle abonde en traits ingénieux, délicats. La baguette que tient Saint Joseph porte au bout un lys; dela corolle duquel s'échappe une colombe. Les rivaux du fiancé sont en proie aux sentiments les plus divers; l’un

dépité — brise la baguette qui n'a pas fleuri, un autre

s'extasie. Plus loin, le cortège nuptial se déroule, à la

façon des théories du Parthénon, tant il offre de mesure, de distinction, de rythme. En avant, deux joucurs de flûte et un joueur de violon : puis deux invités s'avançant gravement ; ils précèdent la Vierge, qui marche seule, belle et majestueuse comme une reine; à sa suite, et fermant la marche, le groupe de ses compagnes. La beauté de cette composition défie toute analyse; les pompes nuptiales y

Dans la Lazare, enfin, au Christ, admirable de beauté et de gra-

éclatent en joyeuses fanfar Résurrection de vité, Giotto oppose Lazare se dressant, enveloppé comme une momie, pâle, défait, les joues couvertes d’une barbe qui à poussé dans le tombeau. Parmi les assistants, les une s'extasient, d'autres prêtent une main secourable : les deux sœurs de Lazare se jettent aux pieds de leur bienfaiteur, par un mouvement tout d'une pièce, sans avoir la

force de le remercier.

Des phalanges d'artistes prirent à tâche d'appliquer ou de développer le programme élaboré par le grand Giotto. Nos gravures montrent avec quelle inspiration soutenue le peintre anonyme de la chapelle des Espagnols, à Florence, illustra le Portement de Croix, la Crucifixion, la Descente

aux limbes, la Descente du Saint-

Résurrection et la Esprit.

Retenons, de ce vaste cycle, la superbe scène de la Montée au Calvaire. Qu'il est pathétique, ce cortège, se déroulant devant les remparts de Jérusalem, garnis d'une armée de spectateurs! De distance en distance, des cavaicrs où des fantassins, sans pitié pour la victime qu'ils mènent au supplice. Vers le centre, le Christ, se retournant VCrS sa mère qui s'avance derrière lui, le regard aissé, les mains croisées sur son sein, brisée par la douleur et cependant si résignée! A côté d'elle, une femme qui proteste, un disciple qui se lamente. Tout cela net,

ittoresque, et cependant profondément senti et vécu !

Partout, dès lors, dans les églises de Florence et des

environs, à San Francesco de Pistoie, à la Pieve de

rato, au Campo Santo de Pise, dans la chapelle San Giorgio de Padoue, au Palais des Papes à Avignon, etc., etc., prennent naissance des fresques monumentales ou des tableaux d’autel retraçant la vie du Christ, de la Vierge, de Saint Jean-Baptiste, de Saint Jean l'Evangéliste. Ce sont des récits tour à tour piquants et pathétiques, riches en détail naïfs ou sublimes, de véritables épopées, faites pour graver dans toutes les mémoires, non le souvenir d’exploits guerriers, comme chez les Grecs, mais les traits de résignation et les souffrances qui forment la base du Christianisme. Parfois le Jugement dernier vient compléter ces enseignements, frappant de terreur les méchants et ouvrant aux bons une échappée sur les splendeurs du Paradis.

Parmi les tableaux de chevalet, une Descente de Croix, peinte par un artiste de l'entourage de Giotto, peut-être

l'énigmatique Giottino, nous montre avec quelle virtuosité

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