DES ROIS
MUSÉE DE BERLIN
qui avait osé tenter jusqu'au fils de Dieu. Ecoutez plutôt
cette belle histoire du brave peintre Spinello Aretino,
narrée jadis par messire Giorgio Vasari, le biographe des
artistes italiens :
« Spinello avait donné à Lucifer une physionomie si horrible qu'il en eut lui-mème le cauchemar. Une nuit, Lucifer lui apparut, en lui demandant où il Pavait vu si laid et pourquoi il lui avait fait un tel affront. L’artiste, réveillé en sursaut, éprouva une telle frayeur qu'il n'eut pas la force de crier; ses tremblements convulsifs
éveillèrent à son tour sa femme, qui se leva pour le
secourir. S'il ne succomba pas sur le coup, du moins
souffrit-il désormais d'une contraction du cœur; son esprit se troubla et il ne cessait de rouler des yeux
hagards; à peu de temps de là il mourut. »
Ces âges, qui goûtaient tant les longues narrations, se déroulant sur les parois des basiliques, comme les Mystères se déroulaient, des journées durant, sur des échafaudages improvisés, ignoraient toutefois ou laissaient dans l'ombre tout un côté, et non le moins poétique, des Evangiles : je veux parler de la note fraiche, tendre, idyllique, qui, par la suite, est devenue inséparable des
récits de l'enfance du Christ. Vainement vous chercheriez,