QUE DE MUNICH
CEA RIIRRIENIM
ANDIS que les Italiens, sans cesser d'étudier la nature s'appliquaient à l'idéaliser, à incarner dans les acteurs des Evangiles des types achevés de beauté et de noblesse, où l'humanité pouvait refléter ce qu'il y avait de meilleur en elle, les Flamands, par un instinct contraire, mettaient tous leurs soins à la représenter humble, pauvre, laide. Les uns, en un mot, se plaisaient à élever leurs contemporains jus-
qu’à la divinité, les autres à rabaisser celle-ci jusqu’à eux.
Malgré ces tendances, l'Adoration de l'Agneau mystique, peinte par les frères Van Eyck pour l’église Saint- Bavon de Gand, et qui forme comme la charte de la nouvelle Ecole flamande, rend un splendide hommage à la majesté de la Trinité, à la beauté de la Vierge, à la noblesse des Apôtres et des confesseurs ; grave et puissanté comme un oratorio, elle allie la majesté du moyen âge à une souplesse d'impressions toute moderne.
Mais le réalisme ne tarda pas à prendre le dessus : les
Vierges de Jean Van Eyck (musées du Louvre, de Bruges,
bo, pinx Gliché Hanfstaengl.