NAISSANCE
côté, avait cherché à Bruges les secrets de la peinture à
l'huile : il n'en fallut pas davantage pour renouveler le vieux fonds byzantin. Si les retables de l'Ecole de Murano, l'ile voisine de Venise, se ressentent de cette double influence, avec la dynastie des Bellini (Jacques, et ses fils Jean et Gentil), l'Ecole vénitienne fait un pas de plus vers l'affranchissement.
Tout en regardant parfois encore du côté des Byzantins, Jean Bellin trouve, à l'occasion, des traits d’une ingénuité exquise. Telle est cette Madone de l'Académie de
Venise, où Marie assise tient sur ses genoux et adore le
PESSSAINRES
petit Jésus endormi, qui laisse tomber un de ses bras.
Relevons-y les formes élancées du « bambino » : nous avons affaire à un enfant de trois à quatre ans, plutôt qu'à un enfant à la mamelle. — Quoique Bellin ait évité de s'attaquer au drame, il y a rencontré, une fois du moins, des
accents véritablement pathétiques. Dans.sa belle Pieta du
Musée de Brera, Saint Jean sanglote amèrement, tout entier à sa douleur, sans souci du spectateur ; quant à la Vierge, représentée sous les traits d’une femme vieille et laide, avec quelle curiosité fébrile ne cherche-t-elle pas un
souffle sur les lèvres de son fils! C'est là plus qu'un su-
perbe morceau de peinture: c'est un drame vu et vécu.
Le Maitre de la vie de la Vierge,
Cliché Hanfstaengl