‹ Les saints évangilesChapitre 245 sur 258 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

’AGE d'or de la Renaissance, sans sacrifier le culte de Marie, reprend l'illustration des Evangiles sur une base plus large et dans un esprit de propagande plus méthodique. A Raphaël surtout est due la gloire d'avoir renouvelé et réorganisé de

fond en comble lPiconographie sacrée, si gravement compromise par les témérités des réalistes de la Première Renaissance: il lui a rendu lesérieux, la dignité, la noblesse, qui, depuis, aux yeux de tout croyant, sont inséparables de l’exégèse de la nouvelle foi.

Il y avait trop de fantaisie dans l'imagination du grand Léonard de Vinci, qui, à certains égards, servit d'initiateur à Raphaël, pour qu'il püt remplir ce role de réformateur de l'art religieux. Assurément, aucun maitre n'a su évoquer avec autant de charme que lui, dans la Vierge aux Rochers, où la Sainte Anne, l'idylle dont les héros sont l'Enfant Jésus et son jeune compagnon, sa Mère et son aïeule. Mais le croyant ne s’efface-t-il pas trop souvent chez lui derrière le peintre, avide de réaliser quelque beau tour de force? Le fait qu'il se plut à représenter l'Enfant Jésus jouant avec un chat, ou avec des balances, ou encore avec des fuseaux, ne prouve-t-il pas qu'il voyait essentiellement dans l'Evangile un prétexte à toutes sortes de variations sur un thème gracieux ou piquant ?

Une fois, une seule fois, le Vinci s'attaqua résolument, sans ambages ni arrière-pensée aucune, à la plus auguste des cérémonies du christianisme: la Sainte Cène. L'image qu'il en a tracée esttellement haute, tellement parfaite, que les peintres des âges suivants, désespérant de le surpasser,

se sont vus réduits à l’imiter. Ce chef-d'œuvre forme, on

le sait, l'illustration de la parole du Christ : « L'un de vous me trahira ». Etant donnée, chez chacun des acteurs, la

force de la caractéristique, étant données la vivacité des

NOTES

D'ART

Panetti, pinx

Page 1