SAINTS
et du grand poète bat pour toutes les souffrances: de même qu'il sait bercer le spectateur sur un océan de délices, de même il sait le plonger dans un abime de douleurs. Une autre page célèbre, la Chute des Damnés,
à la Pinacothèque de Munich, avec ses avalanches de
figures tombant du ciel, est une vision effrayante, sinistre, à vous donner le vertige; une vision telle que seuls les
musiciens modernes sembleraient avoir la conce-
On
nature bouleversées, l’irruption du chaos, des gouffres
pu
voir. dirait les éléments déchainés, les lois de la
sans fond. La verve et le pathétique de cette scène laissent
bien loin derrière elles le Jugement dernier, de Michel-
Ange, alors mème que Ru-
Nouveau Testament il lui a consacré plus de soixante-dix
tableaux !, mais avec quelle différence d'inspiration ! Loin
d'y exalter le côté pompeux ou triomphant, à la façon de
son émule, il fait choix des épisodes où éclate le mélange
d'humilité et de résignation qui forme le fond des ensei-
gnements du Christ. C’est avec des figures pauvres, des
étoffes communes, des couleurs ternes, avec toutes les
brutalités du réalisme, en un mot, qu'il a pris à tâche d'atteindre à l'éloquence.
Vis-à-vis de l'Histoire Sainte, le programme de Rem-
brandt est d’une extrême netteté et d'une extrème logique :
représenter les scènes absolument comme si elles s'étaient
passées de son temps, en
bens ne s’y serait pas montré
DL
aussi véritablement peintre que Michel-Ange était véritablement sculpteur, surtout quand il prenait en main les pinceaux !
Le plus séduisant et le plus choyé d’entre les élèves de Rubens, Van Dyck, affecla triste, lors-
tionne note
qu'il aborde la peinture re-
ligieuse: ce ne sont que Christs pleurés par la Vierge et par les Anges (tous deux au Louvre, Christsen Croix, Pietäs, Erections de la Croix cathédrale de Courtrai), Crucifixions (cathédrale de N
en général plus calmes, plus
alines.. Ses Madones sont reposées, plus recueillies que
celles de Rubens: le disciple a moins de hate que le
fixer davantage notre atten-
maitre; par là réussit à
ion. La plus belle de ces
dans bonne
Hollande, la
ville d'Amsterdam. A ses yeux le Christ est un de ses concitoyens, rien de plus;
les Israëlites, des Juifs €@
Ghetto ; le costume mi oriental de ces hôtes étrai gers lui paraissait suffisar pour produire l'illusion d passé. L'artiste a poussé loin son système qu'à tout instant, il nous réduit ànous demander si nous avons af-
faire à un tableaureligieuxou
à un tableau de genre: le
Ménage du Menuisier, au ouvre, n'a-t-il pas souvent
été pris pour une Sainte
lamillel Et, “defait, 1lMest
ificile de deviner s'il s'agit e personnages historiques
u de simples artisans. En
procédant ainsi, Rembrandt
ious touche d'autant plus
u'il transporte les scènes
lus près de nous. Le spec-
mon avis, est Qui
connait la composition? As-
adones, à
celle du Louvre. ne DI