‹ Les saints évangilesChapitre 252 sur 258 · SAINTS · texte numérisé non relu

SAINTS

et du grand poète bat pour toutes les souffrances: de même qu'il sait bercer le spectateur sur un océan de délices, de même il sait le plonger dans un abime de douleurs. Une autre page célèbre, la Chute des Damnés,

à la Pinacothèque de Munich, avec ses avalanches de

figures tombant du ciel, est une vision effrayante, sinistre, à vous donner le vertige; une vision telle que seuls les

musiciens modernes sembleraient avoir la conce-

On

nature bouleversées, l’irruption du chaos, des gouffres

pu

voir. dirait les éléments déchainés, les lois de la

sans fond. La verve et le pathétique de cette scène laissent

bien loin derrière elles le Jugement dernier, de Michel-

Ange, alors mème que Ru-

Nouveau Testament il lui a consacré plus de soixante-dix

tableaux !, mais avec quelle différence d'inspiration ! Loin

d'y exalter le côté pompeux ou triomphant, à la façon de

son émule, il fait choix des épisodes où éclate le mélange

d'humilité et de résignation qui forme le fond des ensei-

gnements du Christ. C’est avec des figures pauvres, des

étoffes communes, des couleurs ternes, avec toutes les

brutalités du réalisme, en un mot, qu'il a pris à tâche d'atteindre à l'éloquence.

Vis-à-vis de l'Histoire Sainte, le programme de Rem-

brandt est d’une extrême netteté et d'une extrème logique :

représenter les scènes absolument comme si elles s'étaient

passées de son temps, en

bens ne s’y serait pas montré

DL

aussi véritablement peintre que Michel-Ange était véritablement sculpteur, surtout quand il prenait en main les pinceaux !

Le plus séduisant et le plus choyé d’entre les élèves de Rubens, Van Dyck, affecla triste, lors-

tionne note

qu'il aborde la peinture re-

ligieuse: ce ne sont que Christs pleurés par la Vierge et par les Anges (tous deux au Louvre, Christsen Croix, Pietäs, Erections de la Croix cathédrale de Courtrai), Crucifixions (cathédrale de N

en général plus calmes, plus

alines.. Ses Madones sont reposées, plus recueillies que

celles de Rubens: le disciple a moins de hate que le

fixer davantage notre atten-

maitre; par là réussit à

ion. La plus belle de ces

dans bonne

Hollande, la

ville d'Amsterdam. A ses yeux le Christ est un de ses concitoyens, rien de plus;

les Israëlites, des Juifs €@

Ghetto ; le costume mi oriental de ces hôtes étrai gers lui paraissait suffisar pour produire l'illusion d passé. L'artiste a poussé loin son système qu'à tout instant, il nous réduit ànous demander si nous avons af-

faire à un tableaureligieuxou

à un tableau de genre: le

Ménage du Menuisier, au ouvre, n'a-t-il pas souvent

été pris pour une Sainte

lamillel Et, “defait, 1lMest

ificile de deviner s'il s'agit e personnages historiques

u de simples artisans. En

procédant ainsi, Rembrandt

ious touche d'autant plus

u'il transporte les scènes

lus près de nous. Le spec-

mon avis, est Qui

connait la composition? As-

adones, à

celle du Louvre. ne DI

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