CHAPITRE II
comme étant attribué à David et à Salomon , bordait la crête du rocher , selon le témoignage de cet historien , h quoi se rapportent aussi ces paroles de Tacite, dans la description qu'il fait de Jérusalem (ffi>^^ Uv. v, chap, >l>l ) : Ihios colles , immensàm édites claudebant mûri,., extrema rupis abrupta. D^où il suit que le contour de la montagne sert encore à indiquer Tancienne enceinte , et à la circonscrire.
La seconde colline s'élevait au nord de Sion , faisant face par son côté oriental au mont Moria , sur lequel le temple était assis , et dont cette colline n'était séparée que par une cavité , que les Asmonéens comblèrent en partie en rasant le sommet d'Acra , comme on Tapprend de Josèphe ( au même endroit que ci-dessus ). Car ce sommet ayant vue sur le temple , et en étant très-voisin , selon que Josèphe s'en explique, Antiochus-Épiphaney avait construit une forteresse pour brider la villeet incommoder le temple, laquelle forteresse , ayant garnison gi*ecque ou macédonienne , se soutint contre les Juifs jusqu'au temps de Simon, qui la détruisit, et aplanit en même temps la colline. Gomme il n'est même question d'Acra que depuis ce temps-là, il y a toute apparence que ce nom n'est autre chose que le mot grec JHzpa , qui signiBe un lieu élevé, qui se prend quelquefois aussi pour une forteresse , de la même manière que nous y avons souvent employé le terme de Aoca, la Roche. D'ailleurs le terme d'Hakraavec aspiration paraît avoir été propre aux Syriens, ou du moins adopté par eux pour désigner un lieu fortifié. Etdans la paraphrase chaldaique (Samuel, Uv. ii, chap. ii, t;. 7. ) Hakra-Dsiun est la forteresse de Sion. Josèphe donne une idée de la figure de la colline dans son assiette , par le terme A^otfjb<piKUfnoç , lequel , selon Suidas , est propre à la lune dans l'une de ses phases , entre le croissant et la pleine lune; et, selon Martianus-Capella , entre la demi-lune et
la pleine. Une circonstance remarquable dans le plan qui nous sert d^original , est un vestige de l^éminenee principale d^Acra entre Sion et le temple; et la circonstance est d'autant moins équivoque, que sur le plan même, en tirant vers Fangle sud-ouest du temple, on a eu l'attention d'écrire : lieu haut.
Le mont Moria , que le temple occupait, n'étant d'abord qu^une colline irrégulière , il avait (bIIu , pour étendre les dépendances du temple sur une surface égale , et augmenter l'aire du sommet, en soutenir les côtés, qui formaient un carré , par d'immenses constructions. Le côté oriental bordait la vallée de Cédron , dite communément de Josaphat , et très-profonde. Le côté du midi , dominant sur un terrain très-enfoncé, était revêtu de bas en haut d'une forte maçonnerie, et Josèphe ne donne pas moins de trois cents pieds d'élévation à cette partie du temple : de sorte même que , pour sa communication avec Sion , il avait été besoin d'un pont, comme le même auteur nous en instruit. Le côté occidental regardait Acra , dont l'aspect pour le temple est comparé à un théâtre par Josèphe. Du côté du nord y un fossé creosé ra(ppoç Si opcSpvrcro^ dit notre historien, séparait le temple d'avec une colline nommée Bezetha^ qui fut dans la suite jointe à la ville par un agrandissement de son enceinte. Telle est la disposition générale du mont Moria dans l'étendue de Jérusalem.
La fameuse tour Antonia flanquait Tangle du temple qui regardait le nord-ouest. Assise sur un rocher , elleavait d'abord été construite par Hyrcan , premier du nom , et appelée Bdpnç , terme grec, selon Josèphe, mais que saint Jérôme dit avoir été commun dans la Palestine, et jusqu'à son temps, pour désigner des maisons fortes et construites en forme de tours. Celle-ci reçut de grands embellissements de la part d'HérodC; qui lui fit porter le nom d'Antoine son bicnfai-