CHAPITRE IL
liommes pour les fermer. [Josèphe, liv. 7 de la Guerre , chap. XII et xv. ] Celles de la première enceinte , dite le parvis des gentils^ étaientau nombre de quatre, et regardaient les quatre pointscardinaux. Les deux principales étaient la porte dorée à Test, la seule couverte de lames d'or; et la belle porte à l'occident.
Le parvis des gentils avait quatre stades ou cinq cents pas de tour. Le milieu n'en était point pavé. Les galeries qui l'entouraient avaient trente pieds de large et plus de cinquante de haut , et un stade de long. Elles étaient soutenues par cent soixante-deux colonnes de marbre , placées sur quatre rangs , si grosses que trois hommes les embrassaient à peine , et de vingt-sept pieds de haut , sans les chapiteaux et leurs doubles soubassements. Les lambris étaient ornés de sculptures en bois. C'est dans cette enceinte qu'on permettait aux gentils de traBquer ; ce fut là que les pharisiens amenèrent la femme surprise en adultère.
Le parvis des Juifs formait la seconde enceinte. Il était moins grand que le précédent, pavé de marbre, et environné de portiques soutenus par de riches colonnes. Sous ces portiques et dans les salles contiguês s'assemblaient les docteurs. C'est là que Jésus-Christ enfant s'assit au milieu d'eux, dominant déjà par sa spontanéité divine les vieux représentants des doctrines passées. C'est là que vingt ans plus tard , vaincus parla puissance morale du Sauveur, ils résolurent d'employer contre lui la puissance matérielle , la seule dont ils pouvaient disposer.
La troisième partie du temple , le parvis des prêtres, était pavé de marbres précieux. L'autel des liolocaustes , dressé au milieu , était carré et élevé sur un talus. Chacune de ses faces avait vingt coudées de large et dix de hauteur, environ trente pieds sur quinze. A côté, deux bassins soutenus
chacun par douze bœufs de bronze servaient à laver les pieds et les mains des sacriGcaleurs ; sur cet autel on entretenait un feu perpétuel destiné h consumer les victimes ; là Jésus- Christ fut présenté au temple (I).
Le parvis des prêtres était entouré des bâtiments qui leur servaient de logement, et des magasins où Ton déposait les vases sacrés. A l'extrémité commençait le temple proprement dit y dont rentrée n'était permise qu'aux prêtres de service. Après avoir traversé un vestibule de vingt coudées de long sur dix de large , on entrait dans un sanctuaire de soixante coudées sur vingt , au milieu duquel s'élevait , enrichi d'or y l'autel des parfums; ces deux parties étaient à ciel découvert. Une cloison , où s'ouvraient deux portes de bois d'olivier dorées , et derrière cette cloison un grand voile de fin lin, de couleur d'écarlate et dliyacinthe , les séparaient du saint des saints , qui renfermait l'arche d'alliance. Le grand-pontife pouvait seul pénétrer dans ce lieu redoutable, et seulement une fois l'année.
Le saint des saints était à l'ouest, et l'ouverture du temple à Test, suivant les coutumes des Juifs. Les chrétiens adoptèrent au contraire d'exposer le chœur des églises au levant et le portail au couchant. [d'Anville.] [Adrigdomios , Theatrum terrœsanctœ. ] [Marin Sanuto. ] [Doubdan. ] [JosÈ- PHE, Guerres des Juifs, liv. 7.]
Près du mur du parvis du temple , au nord-est, se trouvait la piscine probatique. C'était un vaste réservoir de cent cinquante pieds de long sur quarante de large. Il était entouré de cinq grands portiques à plein cintre. L'Évangile rapporte qu'à une certaine époque de l'année l'eau de ce
(I) On montre dans la mosquée d*Omar le lieu où saint Siméon prophétisa , s'il faut en croire madame Belzooi , qui pénétra en 1818 dans cette mosquée habillée eu femme turque. ( Gibimb. t. f , page 381 .