CHAPITRE II
sées à la porte. L^une d'elles s^y voit encore ; Tautre a été transférée à Rome, en Féglise de Saint-Jean de Latran.
La grotte où se retira saint Pierre repentant est à la descente du mont Sion, près du mur de la ville , et porte encore le nom du prince des apôtres.
De la maison de Caiphe au palais de Pilate , il y a douze à treize cents pas. Ce palais était au nord-ouest du mont Moria, à cent cinquante pas de la porte d^Éphraïm. On y montait par un escalier de vingt-huit degrés de marbre blanc (1). Une allée voûtée, portée par des piliers massifs , menait de la salle du prétoire à une haute galerie appelée Xislus (2), qui traversait la rue. Au milieu de celte galerie B^ouvrait une grande et large fenêtre fermée à Toccident par un mur plein, d'où Ton apercevait le temple et une partie de la ville. Cette galerie est aujourd'hui nommée Tare deTEccE HOMO.
Renvoyé par Pilate à Hérode, Jésus-Christ, escorté des satellites du procurateur, prit à Touest une petite rue qui menait au palais d'Hérode, à cent vingt pas du prétoire. Ce palais, somptueusement orné à Tintérieur , et environné de jardins spacieux décorés de statues de bronze, était muni d'une muraille de trente coudées de haut, flanquée de tours.
La tradition nous a conservé la sentence par laquelle Pilate condamna Jésus-Christ au fouet : « Jesum Nazarenum, virum sedilioêum, et Moscncœ legis contemptorem, per pontifices et principes suœ gentis accusatum, expoliate, tigate, et virgis cœdite; i, lictor, expedi virgas, »
a Que Jésus de Nazareth, homme séditieux, contempteur de
(OCet escalier, transféré à Rome, y est révéré sous le nom de Sealasanta, échdie sainte.
(2) On l'appelait aussi en hébreu Gabbatha.Hen grec LUhostrotos, noms qui indiquent une espèce de kulcoo pavé de pierre. (Gbiàmb. , t. i.)
ta loi de Moïse, accusé par les pontifes et les principaux de sa nation, soit dépouillé, lié et battu de verges; va, licteur, prépare les instruments du supplice. »
Vis-à-vis du préloire de Pilate , de Fautre côté de la rue , à quatre toises de Fescalier du palais , était la salle destinée à la flagellation. Au milieu , une grosse colonne de deux pieds et demi de haut, surmontée d^un anneau de fer , servait à attacher le condamné, dont on passait les mains dans Tanneau. En 4235 , le cardinal Jean y légat d^Honoré III , fit transporter cette colonne à Rome dans Téglise de Saint- Praxède. Une autre, qui soutenait la salle, teinte du sang du Sauveur, fut placée par sainte Hélène dans Téglise du mont Sion (i).
Après la flagellation , on ramena Jésus-Cbrist dans la cour du prétoire. On le plaça, pour le couronner d'épines, sur un tronçon de colonne , de deux pieds de haut. Cette colonne, dit de Vimpropère, se voit dans Téglise du saint Sépulcre.
Adrichomius [ Z)^«mp/îo fTî^ro^o/., ck.Hy 8.] rapporte Farrèt qui condamne Jésus à la croix.
M Jesum Nazarenum, subversorem gentis , Ccesaris contemptorem et falsum messiam, ut majorum suœ gentis testiiàonio probatum est, ducite ad communie supplicii locum, et cum ludibrio regiœ majestatis, in medio duorum latronum crucifigite.
« I , lictorrcxpedi cruces. »
« Conduisez au lieu du supplice Jésus de Nazareth, qui provoque le peuple à la rébellion, qui méprise César, et se ditfaus-sèment le Messie , comme le prouve le témoignage des anciens de sa nation; et, avec le vain appareil de la royauté, crucifiezle au milieu de deux voleurs :
(l)Elle est maintenant dans Tégiisede Saint-Sauveur. Les fidèles ne sont admis à la voir qu'une fois par an, le soir du vendredi saint, ( Gêrahb., f. i . p. 51 f.)