CHAPITRE IV
aurait sous ses ordres quatre métropolitains et cent évéques. En 595, le même empereur restitua les vases sacrés que Titus avait emportés à Rome, et qui, devenus en >455 la proie de Genséric, venaient d'être retrouvés à Carthage par Bélisaire. Ainsi ce qui restait du culte juif servit à la splendeur du culte chrétien.
En comblant de bienfaits le Saint-Sépulcre, en se hâtant d'y apporter leurs offrandes, les princes et les pèlerins semblaient prévoir le jour où leur piété serait entravée dans sa manifestation. En 6^5, Gosroës, roi des Perses, s'empara de Jérusalem, en brûla les églises, et enleva la vraie Croix. Les Juifs égorgèrent quatre-vingt-dix mille chrétiens prisonniers, qu'ils achetèrent au vainqueur, marché qui frappe d'une égale infamie les acheteurs et le marchand.
En 627, Héraclius défit Cosroës, et reprit la vraie Croix, qu'il reporta lui-même à Jérusalem sur ses épaules (4). Modeste, évéque de Jérusalem , répara l'église du Saint-Sépulcre.
La ville sainte n'échappa à l'oppression des Perses que pour être en butte à celle des Arabes. Le calife Omar la prit, en 656, après un siège de quatre mois. Trop occupé de sa défense personnelle pour songera persécuter les chrétiens, il leur laissa l'exercice de leur culte. Jérusalem passa successivement, jusqu'aux croisades, entre les mains de différentes dynasties musulmanes. Les querelles de ces dynasties sont étrangères à notre sujet. L'histoire sanglante et barbare des Ommiades, des Abassides , des califes de Bagdad, des Ikhschidites, desFatimites, des Ortokides , est en dehors de l'histoire pacifique des chrétiens de la Terre-Sainte. Elle
(«) Cette réintégration solennelle devint le motif de la fête de l'Eialtatlon de la sainte Croix. (Gbhahb.. 1. 1<'^ p. 163.)
sert seulement à démontrer, par la corrélation des doctrines et des actes, combien le fatalisme mahométan est inférieur à la morale de Jésus -Christ.
En 637, Omar fît déblayer le mont Moria, et à la place du temple fît construire une mosquée , qu^il nomma Gu* meat-el-ak^sa ( TÉloignée , par rapport à la Cahaba de la Mecque ), et que ses successeurs embellirent.
L'an 804, Haroun-al-Raseliid abandonna à Gliarlemagne la propriété du Saint-Sépulcre. Le roi de France , le plus ferme soutien du catholicisme, protégea les pèlerins et donna à leur hospice une bibliothèque. Les patriarches réclamèrent presque constamment jusqu^aux croisades les secours de ses successeurs. En 905, Élie 111 écrit à Gharlesi-le- Gros pour en obtenir les moyens de rétablir les églises de Judée. 11 parle de nombreux pèlerins qui, après avoir visité les saints lieux, retournaient dans leur patrie faire le tableau de la désolation des chrétiens d'Orient.
En effet, entre les vainqueurs et les vaincus^ il ne pouvait s'établir d'autre rapport que la persécution. En 996, Hakem, calife fatimite d'Egypte, ordonna d'abattre en partie l'église du Saint-Sépulcre, poursuivit les chrétiens d'accusations calomnieuses, et en fit emprisonner, fouetter et pendre un grand nombre. Il imposa aux fidèles l'obligation d'entretenir la quatrième partie des murs de la ville, depuis la porte de David, près du palais en ruine de ce roi, jusqu'à la porte d'Éphraïm , au nord. Cet espace renfermait les habitations du patriarche et des chanoines, les deux monastères latins et l'église du Saint-Sépulcre. [Guillaume de Tyr, Uva.] [d'Anv.] [Trésor clir.] [DeSponde.] [Ilinér. de Par. àJerus.]
Le petit-fils de Hakem traita les chrétiens avec moins de rigueur. En i 0>45, à la prière de Constantin-Monomaque , empereur d'Orient , ils obtinrent l'autorisation de relever