‹ Les Saints ÉvangilesChapitre 222 sur 240 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

va du Saint-Sépulcre à la porte Saini-Étienne. Il est soutenu par deux pilastres massifs engagés en partie dans les maisons voisines. Il supporte une galerie large dé huit à dix pieds, fermée à Fouest par un mur plein, où s^ouvrent quelques petites fenêtres rondes. Du côté opposé sont deux jambages en pierre d'environ dix-huit pieds de haut, seuls restes de la grande fenêtre qui occupe la largeur do la rue. Dans le mur plein est un morceau de marbre blanc sur lequel apparaît une inscription latine. M. Doubdan, qui n^ put distinguer que la syllabe to deux fois répétée , suppose qu'elle portait : Toile y toile, crucifige eum; paroles par lesquelles les Juifs prononcèrent à la fois et la condamnation du Juste et^leur propre condamnation.

« A cent vingt pas de VEcce Homo sont les ruines d'une église consacrée à Notre-Dame-du-Spasme. Ce fut là, selon saint Anselme, que Marie rencontra son fils portantia croix. Sur le chemin du Calvaire , on retrouve toutes les autres stations de la Voie douloureuse que nous avons décrites plus haut.

» L'emplacement du palais d'Hérode n'est pas loin de là, au nord. Il est élevé sur une petite butte, et est bâti solidement en pierres de taille..; Au reste, l'édifice actuel ne rappelle l'ancien ni par ses dispositions, ni par la beauté de son architecture.

» Le cintre seul de la porte judiciaire est encore à jour. Des deux côtés de cette porte il y a quelques restes des anciennes murailles de la ville. On ne suit pas l'ancien chemin du Calvaire, qui était à gauche, au midi , et tournait ensuite au couchant; mais on prend à gauche de la porte la grande rue qui mène au couvent de Saint-Sauveur et à l'église du Saint-Sépulcre.

» La basilique de Constantin fut incendiée le>l2octo-^ n. AS

TiSC JÉRUSALEM.

br^>l 807. Les Arméniens, ne pouvant obtenir de permission de réparer leurchapelle àdemi-ruinée, résolurent d'y mettre le feu , espérant qu'on leur accorderait alors plus facilement le priviléfje de relever leur sanctuaire. Ils croyaient pouvoir maîtriser la flamme au point de Tempécher de sortir de la chapelle; mais Tincendie {^agna bientôt toutes les galeries, et s'élança jusqu^au dôme du Temple; les colonnes corinthiennes qui soutenaient la nef furent renversées ; le dôme de l'église, en bois do cèdre, ne pouvait lutter longtemps contre le feu ; il tomba avec la partie supérieure de la nef, et dans sa chute il brisa le saint Tombeau. La flamme s'étendit jusque sur le Calvaire, et tous ses autels furent brûlés. Les tombeaux de Godefroy et de Baudouin disparurent à la suite de cette catastrophe. » Des témoins oculaires assurent que les Grecs, jaloux de ces monuments des Latins, profitèrent de l'incendie pour les renverser. [ Correspondance d'Orient, tome V. ]

« La flamme épargna la partie qui s'étend derrière le chœur, la chapelle de la Vierge, l'autel de la division des stations, l'autel de V Improperium ^ les deux sanctuaires de sainte Hélène et de l'Invention de la Croix ; toute cette partie du temple est aujourd'hui ce qu'elle était du temps de Godefroy. La façade de l'église échappa aussi à l'incendie. >) [ Ibid. V. ]

Lés Grecs réparèrent l'église, en suivant exactement Tancien plan, ce Un architecte grec de Conslantinople, nommé Comérano Calfa, présida à la réédification du monument. Quoique la nouvelle église du Saint-Sépulcre ne diffère en rien de l'ancienne, on peut dire qu'elle n'en est qu'une grossière imitation : la grande nef, entièrement réparée, est d'une fort mauvaise architecture ; rien de beau, rien d'élégant, rien de pur; à la place de ces colonnes corinthiennes

Vue extérieure .

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