CHAPITRE VIII
Hutons-nous de détourner les yeux de ce triste spectacle , et parcourons la Terre-Sainte, cherchant çà et là des vestiges du passage de Jésus-Christ.
a ville de Bethléem dépendait delà tribu de Juda. Son nom ^(Maison du Pain) , qu'elle reçut d'Âbrcliam , indique la fécondité de son territoire. On rappela aussi Ephràta, (la féconde), et cité de David, parce que ce saint roi y avait gardé les troupeaux (I). Elle est bâtie sur une colline qui domine une loiUjue vallée.
J.CS premiers chrétiens y élevè- I eiïl une pelile chapelle sur la grotte
**^^|ii^ V ^ \^ iTuiitiN i' iM\ l^ieii » pris
{|)C>*1 par allusion à la signification de ces deux mots
sintdans la cilé qui les porUir, sainte Paule s'écria
«Je te salue, BcUiléein. toi maie %naison de
in descendu du ciel; je te salue, Éphrata. féconde
naissance ! » [Ginivii, toin. \^ pag. 166.1
BETHLEEM. 5*J3
où le Sauveur était né. Adrien y substitua un temple ù Adonis. Sainte Hélène construisit à la place une n)a{;ni- (ique église, en forme de croix, avec une façade tournée h Torienl; les murs en étaient ornés de mosaïques précieuses et d^inscriptions grecques et latines. [Eusèbe. ] Elle la dédia à sainte Marie.
En 385 , saint Jérôme se retira à Bethléem , où il s'occupa de la traduction des livres saints. A la partie orientale de la ville , & main droite , on trouve une salie voûtée soutenue par six colonnes de marbre , où Ton prétend qu'il avait établi une école. Cette salle sert maintenant d'étable. Saint Eusèbe de Crémone , disciple de saint Jérôme , fut abbé d'un des monastères de Bethléem. Après le sac de Rome par Alaric; sainte Paule et sainte Eusloéliie sa fille, dames romaines de la famille des Gracques, se rétirèrent près de saint Jérôme. Sainte Paulebàlit à Bethléem quatre monastères de femmes, dont les débris même ont presque disparu. I Saint Jérôme. > Ep. 27 ad Eust.)
Prise par les Musulmans en même temps que Jérusalem , la ville de Bethléem leur fut enlevée, en 4 099, par Tancrède et Baudouin du Bourg. Enrichie par la piété des rois chrétiens, elle fut dévastée, en 4265, par les Turcs, qui dépouillèrent relise de tous les marbres précieux qu'elle contenait.
En 4628^ Philippe IV envoya trente mîUe ducats pour réparer le couvent de Bethléem; mais cette somme fut insuffisante pour rendre à l'église son premier éclata
Bethléem s'appelle à présent Beyt^el-Lahm ; c'est un petit village qui renferme environ trois mille habitants. La plupart sont catholiques, et le nombre des chrétiens orthodoxes augmenterait chaque jour, si des menaces de prison et d'amendes n'empêchaient la conversion des sehismatiqties.
Pour aller à Bethléem , on sort de Jérusalem par la porte du Bien-Aimé.
A gauche du chemin de Bethléem , au bout du champ du Foulon, est te mont du Mauvais-Conseil. On y voit les ruines d^uue vieille tour carrée, qui appartenait à Caiphe, et dans laquelle s^assemblaient les scribes et les pharisiens.
Environ un mille plus loin sont les débris d'un monument élevé par les chrétiens à la place de la maison de saint Siméon. Il est sur un |)etit tertre & main droite, à peu de distance delà route. A moitié chemin de Bethléem, était autre^ fois un vieux térébinthe, sous lequel la tradition disait que la Vierge s'était reposée en portant Jésus-Christ au temple. Il fut brûlé au dix septième siècle par TArabe propriétaire du terrain , dont les pèlerins endommageaient la moisson en allant cueillir des branches de Tarbre vénéré. Quelques pierres entassées en indiquèrent longtemps la place ; elles sont maintenant dispersées.
A un mille de là est la citerne près de laquelle les rois Mages se reposèrent. C^est un puits profond , autour duquel on a placé trois bassins de pierre pour servir d'abreu-> voir.
On entre à Bethléem par la porte orientale ; on pénètre dans réglise, en suivant un portique couvert, d'environ vingt pieds de long sur huit de large ; la nef u^est point voûtée; quarante-huit colonnes, chacune de quinze pieds de haut, placées sur quatre lignes, soutiennent la frise et la charpente de bois de cèdre. [Dou^d.,] En >i652, Doubdan vit cette charpente solidement couverte en plomb, et les religieux avaient soin de Tentretenir à mesure que les lames de métal tombaient , ou étaient enlevées par les Arabes pour en faire des balles. Lorsque M. de Chateaubriand visita lietbléem , la toiture de la nef était dans un tel état de dé-^
2^fthieem
BETHLÉEM. 3î)7
gradation, qu'il crut qu'elle n'avait jamais élé achevée.
Les murs portent quelques fragments de mosaïque; ailleurs , des tableaux sur bois en cachent la nudité. Çà et là se voient des crampons de fer qui soutenaient les tables de jaspe et de porphyre enlevées par les Infidèles. La nef est séparée du reste de Téglise par un mur. Un autel , dédié aux Mages, occupe le fond du chœur; une étoile de mar* bre , tracée sur le pavé , ûgure celle qui guida les trois rois.
L'église souterraine est au-dessous du chœur de la grande église. On y descend par deux escaliers tournants, de chacun quinze degrés , placés h droite et à gauche du chœur. La grotte où Jésus-Christ naquit a trente-sept pieds de long, onze pieds trois pouces de large, et neuf pieds de haut. Elle est pavée de marbres précieux ; le roc est également revêtu de tables de marbre. A la place où la Vierge enfanta, est un marbre blanc incrusté de jaspe, et environné d'un cercle de rayons en argent ; à Tentour on lit ces seuls mots :
« UlC DE VlRGUN'E MaRIA
0 Jésus Ghristus natus est. n
Ici de la Vierge Marie Jësus-Clirist est né.
De nombreux tableaux rappellent les mystères accomplis dans ces lieux sacrés.
Au midi, on descend par deux degrés dans la crèche. C'est une grotte dont la voûte très-basse est soutenue par trois petites colonnes de porphyre. La place où Jésus-Christ reposait est marquée par une auge en marbre blanc d'un seul bloc, élevée d'un pied au-dessus du sol. A côté est un petit autel et un banc de pierre, sur lequel on dit que les Mages déposèrent leurs présents. On appelle cette auge le
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SaiuUPrœsepe ; le berceau primitif qui était en bois a été transporté à Rome.
 côté de la grotte de la Nativité , une diapelle souterraine, suivant la tradition, senit de sépulture aux Innocents.
De cette chapelle on passe à Touest dan& la grotte de saint Jérôme. On y voit son tombeau , celui de saint Eusèbe, et ceux de sainte Paule et de sa fille. L'oratoire de saint Jérôme renferme le portrait du saint. Il porte une langue barbe; il est couché, enveloppé dans une robe d'ermite, le front dans sa main droite. Ce tableau est de Técole italienne et du seizième siècle. Un autre, de Técole espagnole comme la plupart de ceux qui décorent ces voûtes souterraines, représente les deux descendantes de Scipion, mortes et couchées dans un même cercueil. « Le peintre a donné à la mère et à la Dlle une parfaite ressemblance; la jeunesse, un voile blanc et une couronne de roses sont les seules marques qui distinguent Tune de Taulre. » [GÉaAMB. , t.1 , p.^ 70.]
L'église souterraine de Bethléem est éclairée par trentedeux lampes. Au-dessus de Tautel de la principale grotte, qui consiste en une tablette de marbre apposée sur le roc, brûlent trois lampes, dont la plus belle est un présent de Louis XUI.
Le monastère de Bethléem est à côté de Téglise , h laquelle il est uni par les murailles d'une cour : il ressemble a un château gothique. En 185>i. , pendant le siège de Jérusalem par les Arabes, un violent tremblement de terre Ta détruit presque en entier. Les galeries du cloître sont couvertes en terrasse; h l'entrée du jardin de ce clottre est nne chapelle dédiée à sainte Catherine ; au-dessous se troove h chapelle des lunocents , et une grotte dédiée à saint Joseph , où ce saint se retira, dit-on, pendant l'enfantement de la
Vierge. Elle est située au midi du tombeau des victimes d'Hérode.
« Le monastère est habité par douze religieux franciscains, gordiens de la crèche du Sauveur. Chaque jour, à quelques heures après midi , les religieux , portant un flambeau, vont visiter en procession la grotte de la Nativité; ils chantent des versets et des hymnes analogues à la naissance de Jésus-Christ. En sortant de la grotte de la Nativité , les cénobites font des stations pieuses à Tautel de saint Joseph , à la grotte des saints Innocents , h Toratoire de saint Jérôme et & son tombeau, aux tombeaux de sainte Paule, de sainte Eustochie et de saint Eusèbe de Crémone* De là on remonte dans la chapelle de sainte Catherine, qui est Téglise du couvent.» [Corresp. d'Or.^ ch, 120.]
A deux cents pas de Téglise de Bethléem on trouve la Grotte du lait, où Ton dit que parfois Marie venait allaiter Jésus-Christ. C'est une petite carrière fort basse où Ion descend par six marches ; trois gros piliers supportent la voûte. Les Infidèles même vénèrent ce lieu , et en emportent de la la terre, à laquelleils attribuent des vertus curatives. L'église élevée près de là, dédiée à saint Nicolas, n'existe plus ; à deux cents pas plus loin, une chapelle en ruine marque la place d'une maison qui, dit-on, avait appartenu à saint Joseph.
A cent pas à Test de Bethléem est le village des Bergers ( Dta-el-natour ) ; à Feutrée est une citerne appelée le Puitsde-la-Vierge. Environ un quart de lieue plus loin , au fond d'une vallée , est le Champ-des-Pasteurs. La grotte où ils se reliraient avait élé transformée, par sainte Hélène, en l'église dédiée à la Vierge; plus tard on y éleva un monastère. Ces monuments, de deux âges différents, sont unis en une seule ruine. 4u milieu des décombres on dislingue à peine les débris de deux chapelles , ayant leurs autels tour-
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nés h l'orient ; et dans Tune , quelques vestiges de peintures. Selon saint Jérôme, c'est dans ce lieu que Jacob éleva !a tour j^ilder ou dû Troupeau , aiin de surveiller plus aisément ses bergers. [S. Jér., de locis Heb. EpUt.] [Dodbd. pag* -150 el suiv.] [NicÉPHORE, liv. 8, cli. 50.] [âdrigh. in Jiid.] [hinér. de Par. àJérus.] [Géramb., t. I.]
Au nord de Bethléem , h deux lieues de Jérusalem , est le village de Saint-Jean-du-Désert, et la grotte où il passa ses premières années. Celte grotte se trouve au milieu de montagnes, que Findustrie des Juifs a taillées très-anciennement en amphithéâtre, pour en faciliter la culture. Elle est sur le penchant d'une de ces montagnes. L'entrée au nord, en est basse et étroite. Yis-à-vis est un banc de pierre de six ou sept pieds de long , deux de large et trois de haut , ou reposait le Précurseur , et où les religieux disent quelquefois la messe. La grotte a neuf pieds de long du nord au sud , cinq ou six pieds de large , et huit pieds de haut : elle reçoit, par une ouverture cintrée, les rayons du soleil couchant. A la porte , un large caroubier donne son ombrage aux visiteurs, et une source coule entre les fleurs, et descend , en petites cascades , dans le vallon.
A un quart de lieue, un arbre et quelques pierres indiquent le lieu où fut le tombeau de sainte Elisabeth.
A deux milles de là , vers Jérusalem , existent les ruines d'un monastère élevé à la place de la maison de sainte Elisabeth , et une source abondante qu'on appelle Fontaine-de-la- Vierge. C'est là que la tradition place le lieu de la Visitation de Marie. Un demi-mille plus loin est le village de Saint- Jean. 11 renferme une église ornée de quelques tableaux espagnols. Elle a été construite sur les fondements de la maison deZacharie, et restaurée parles ordres de Louis XIV. Pn\s de l'autel, du côté de l'évangile, est une chapelle obscure où
BETHLEEM. 40^
Ton dit que naquit saint Jean-Baptiste. Cette chapelle est entourée de bas-reliefs représentant la naissance de saint Jean, le baptême et la mort de Jésus-Christ. Au milieu du pavé on lit, sur un marbre circulaire :
« Hic Prœcursor Domini natus est, »
« Ici est né le Précurseur du Seigneur. »
A une lieue et demie du village est le monastère de Sainte-Croix, dontTéglise, enrichie de peintures à fresque et de mosaïques, a été bâtie par sainte Hélène. L'autel est une pierre de marbre qui indique, selon la tradition, la place de Tolivier dont le bois servit à faire la croix de Jésus- Christ. Ce couvent appartient aux Géorgiens. [Géramb. , L2.]
lYs ile rÉvangile, c'est le nom que
les chrétiens orientaux donnent à la
(Kililée, parce que Jésus- Christ y
passa une partie de sa vie. Elle est
bornée au nord par les montagnes
du Liban; au sud , par la Samarie;
Il l'est , par le Jourdain et le lac de Gé-
nésareth ; à l'orient, par la Méditerranée.
Le nom de Galilée signifie Sujet aux révolutions.
y [ Indêx biblims. ] On la divisait en basse et haute Ga-
La Galilée est semée de monuments chrétiens:
^^ Nazareth, où Jésus-Christ se prépara à Taccomplis-
sement de sa mission, et s'apprit à servir son Père
oélesleeu prêtant secours à ses parents ; le mont Thabor où ses disciples virent un glorieux témoignage de la divinité du Christ; Gapharnaûm, Gana, Jéricho, Génésareth : si c^est à Jérusalem qu^il scella de son sang FÉvangile , c'est du haut des montagnes de Galilée qu'il annonçait aux peuples échelonnés sur les coteaux la consolation des pauvres et la liberté des captifs.
Nazareth ( la Fleurie) est située sur une montagne, à Touest du mont Thabor, à vingt-huit lieues de Jérusalem. C'était une bourgade peu considérable de la tribu de Zabulon, dont le Juif Nathanaêl disait à saint Philippe: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? (A Nazareth potestne aliquid boni esse ? ) Jésus-Christ y passa ses premières années. Il y donna l'exemple du travail en s'y assujettissant au métier pénible de charpentier. Au temps de saint Cyrille, évéquede Jérusalem , en 537, on montrait encore une noue (espèce de gouttière en bois ) qu'on disait être l'ouvrage des mains du divin artisan.
La maison de la Vierge était bâtie sur le penchant de la montagne, au nord; derrière était la grotte où l'on place la scène de F Annonciation. Elle a seize pieds de long, cinq pieds et demi delarge à l'est, et dix à l'ouest. Sainte Hélène fit bâtir à l'entour une magnifique église. [ Nigéphore, livre 8.]
Au temps des rois chrétiens, Nazareth fut le siège d'un archevêché, troisième métropolitaine du patriarcat de Jérusalem. Cet archevêché avait pour suffragant l'évêquede Tibériade , et devait fournir à l'armée du roi cinquante soldats.
Le jour de l'Annonciation de l'an 4234 , saint Louis visita Nazareth. Du plus loin qu'il Taperçut, il descendit de cheval, et baisa la terre; il communia dévotement dans la grotte de l'Annonciation.
Naxarelk renferme maintenant douze à quinze cents habitantSy presque tous chrétiens. Leurs maisons sont disposées en amphithéâtre sur les flancs de la montagne. Le couvent des Pères latins de Nazareth est une espèce de citadelle, où Ton pénètre par une forte porte fermée d^une grille en fer. Cet édifice, détruit par les infidèles au dix-septième siècle, fut rebâti vers le même temps. Sous le grand autel de l'église un escalier de marbre blanc, de quelques marches, mène à la maison de la Vierge. Elle est divisée en deux parties. Au midi est une salle voûtée, dite Chapelle de TAnge, ayant vingt-quatre pieds de long sur sept de large. A droite de la porte, au sud, et au fond d'une arcade, un autel consacré à sainte Anne ; et plus loin , à la place de la cheminée de la salle , à Test, un autre autel dédié à saint Joseph. De cette chapelle on passe dans la grotte de F Annonciation. Deux grosses colonnes de marbre, dont Tune est à moitié brisée, marquent, au midi, la place de TAnge et celle de Marie. A Test est un autel de marbre. Trente-deux lampes d'argent éclairent ce lieu mystérieux.
Sur une table de marbre on lit :
« Yerbum caro hic factum est. »
« Ici le Verbe s'est fait chair. »
Près du couvent sont les ruines ^ Tarchevéché et des maisons des chanoines, et quelques piliers de la basilique de sainte Hélène. A deux cents pas vers Touest, on voit les débris de la synagogue où Jésus-Christ expliqua les paroles du prophète Isa'îe. Du même côté, à quatre cents pas du couvent , est une fontaine appelée Fontaine des apôtres ; et à côté une grande pierre meulière, qu'on nomme Table du Messie, où Jésus-Christ, dit-on, prenait quelquefois ses repas avec ses disciples.
Voici rinscription qui en avertit:
'^X<mMtM'î ■
« TradiUo continua est et numquam interrupla apud omne$ nationes orientales y kanc petram, dictam Mensa Christi^ illam ipsam esse petram supra quam Dominus noster Jésus Chrislus cum suis discipulis comedit ante et post suam resurrectionem à mortuis. »
« Cest une tradition constante et non interrompue chez toutes les nations d'Orient, que cette pierre, dite Table du Christ, est celle même sur laquelle Notre-Seigneur Jésus- Christ mangea avec ses disciples avant et après sa résurrection dVntre les morts. »
Vers le haut de la montagne, au midi, sont les débris d'une abbaye de femmes, et d'une église consacrée à Notre- Dame-de-la-Craiute, à la place où la tradition rapporte que la Vierge tomba évanouie, au oiojrnent où les Juifs emmenaient Jésus-Christ pour le précipiter du sommet du coteau. [S. Luc, 28.] L'endroit où Jésus-Christ se déroba à leur fureur est indiqué par de vieux décombres.
Au nord de Nazareth est une chapelle élevée sur la maison de saint Joseph. Au levant, une fontaine, encadrée dans un réservoir de pierre carré , avec un escalier en pierre à Tun des coins, porte de temps immémorial le nom de Fontaine-de-la-Vierge.
Le mont Thabor ( Lumière ) est à six ou sept milles au sud-est de Nazareth , au nord de la plaine d'Esdrelon; c'est une montagne calcaire, isolée, de la forme d'un cône trour que. Les flancs en sont ombragés de chênes, de caroubiers et de térébinthes.
Les Évangiles ne nomment point le Thabor comme le lieu de la scène de la transfiguration; mais il a toujours été honoré comme tel ; il est vrai qu'une citadelle en occupait le sommet au temps de Jésus-Christ; mais ce sommet a une demi-lieue, ou, suivant Josèphe, deux mille cinq cents
pas de circuit, et les ruines qu'on y voit aujourd'hui sont
loin d'eu tenir toute l'étendue.
Josèpbe rapporte que, 4 50 ans avant Jésus-Christ, les Juifs élevèrent sur le Tbabor une forteresse, où ils se maintinrent jusqu'au temps de Vcspasien. Sainte Hélène y institua une église, et un monastère dit le Couvent des trois Tabernacles.
Godefroy de Bouillon y installa un évéque suffragantdu patriarche de Jérusalem. Les bâtiments du Tbabor furent partagés en deux couvents, l'un de moines noirs latins, l'autre de moines grecs de l'ordre de Saint-Basile. Tancrède, à qui était échue la principauté de Galilée, orna richement l'église du couvent latin.
Sous Baudouin P', les Musulmans surprirent les monastères et en égorgèrent tous les religieux. Ce massacre ne les empêcha pas d'avoir des successeurs, qui y demeurèrent jusqu'au temps de Saladin. Ce prince s'empara d'abord du couvent schismatique : le courage des fidèles , soutenu par la foi, lui opposa une vigoureuse résistance; mais il fallut céder au nombre, et les chrétiens furent chassés de leur demeure.
Le sommet du Tbabor ne présente plus qu'un amas confus de décombres, parmi lesquels plusieurs citernes conservent uneeau pure. C'est avec peine qu'en suivant une allée voûtée on pénètre dans trois chapelles rondes, disposées en forme de croix : celle de droite est consacrée à Moïse , celle de gauche à Élie, et celle du milieu à Jésus-Christ. Dans cette dernière il y a un autel. Au pied de la montagne, au sudouest, sont les débris d'une chapelle, construite à la place où Jésus-Christ laissa ses disciples avant de monter sur la montagne.
Du haut du Tbabor on découvre une grande partie de la
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'Ifm^A'fjir
Terre-Sainte. Saint Jérôme nous apprend que sainte Paule aimait à s^y asseoir pour contempler tant de lieux sacrés. Au nord, la plaine de Saarons , la mer de Génésareth , les montagnes de Bélhulie ; à Test , le mont des Béatitudes, où Jésus-Christ résuma dans un sermon sublime toute la morale évangélique; au midi , la plaine fertile d'Esdrelon , Samarie où repose saint Jean-Baptiste , les montagnes de Gelboé etd'Hermon; à leurs pieds, la ville d^Endor, le bourg de Na'im où fut rappelé à la vie le fils de la veuve ; et la vallée de Jezraël qui , entre les montagnes , étend ses tapis de verdure jusqu'aux rives du Jourdain. [Barbie du Bocage , Bibl., t. 15.] [GoiL. DE Tyr, liv. 9.] [Lamart., t. 5. ] [Jacques DE Vetri.] [Hier., Épist. ad Eust.] [Doubd.] [Adric. in Zabulon. ] [ Géramb., /. 2. ]