‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 116 sur 734 · BIENHEUREUX CHARLEMAGNE, ROI DE FRANCE ET EMPEREUR · texte numérisé non relu

BIENHEUREUX CHARLEMAGNE, ROI DE FRANCE ET EMPEREUR

Patron de l’Université de Paris, des Instituteurs et des Marchands- Jurés-Messagers

respect des peuples était déjà préparé en faveur de la sainteté de Charlemagne, dit dom Guéranger (1), lorsque Frédéric-Barberousse fit rendre le décret de sa canonisation par l’antipape Pascal III, en 1165 ; c’est, pourquoi le Saint- Siège apostolique sans vouloir approuver une procédure irrégulière, ni la recommencer dans les formes, puisqu’on ne le lui a jamais demandé, a cru devoir respecter ce culte dans tous les lieux où il fut établi. » Depuis cette époque, dans tous les monuments et spécialement sur les monuments de la cathédrale de Strasbourg (XII8 siècle), ceux de la cathédrale de Chartres (XIIIe siècle), ceux delà cathédrale de Moulins (XY° siècle), Charlemagne est représenté avec un nimbe autour de la tête, qui est le signe ordinaire de la sainteté ; mais les nombreuses églises qui honorent sa mémoire depuis près de sept siècles se contentent, par respect pour le martyrologe romain, où son nom ne se lit pas, de le fêter sous le titre de Bienheureux. On n’a pas objecté seulement contre Charlemagne le défaut d’une canonisation en règle ; mais encore la licence de ses mœurs. Sous ce dernier aspect, il a pour défenseur Bossuet, Mabillon, le P. Cointe, le P. Noël Alexandre et un capitulaire, qui commence ainsi : « Nous défendons sous peine de sacrilège, l’envahissement des biens des églises, les injustices de tout genre, les adultères, les fornications, les incestes, les unions illicites, les homicides injustes, etc., par lesquels nous savons que périssent non seulement les royaumes et les rois, mais encore les simples particuliers »

Charlemagne , en marchant sur les traces de son père Pépin, a préparé généreusement l’indépendance du siège apostolique ; jamais les pontifes romains n’eurent de fils plus dévoué et plus obéissant ; et toujours, d’après dom Guéranger, on est encore à chercher dans l’histoire le souverain qui aurait conçu et réalisé avec autant de plénitude et de majesté que Charles-le- Victorieux, l’idée de la royauté chrétienne apportée du ciel par Jésus-Christ.

Le Bienheureux Charles était fils de Pépin qui fut, en 752, élu au trône de France et qui avait pour père le duc de Brabant et pour mère Bertrade, fille de l’empereur des Grecs. Ses hauts faits et son zèle pour la religion chrétienne lui valurent le surnom de Grand, et un concile de Mayence lui donna le titre de Très-Chrétien. Après avoir expulsé les Lombards de l’Italie, il fut le premier qui mérita d’être couronné empereur par les mains du pape Léon III. A la prière d’Adrien, prédécesseur de Léon, il entra en Italie avec une armée et rendit à l’église son patrimoine et l’Empire à l’Occident. Il vengea le pape Léon des violences des Romains qui l’avaient traité injurieusement durant la Grande Litanie, et chassa de la ville ceux qui s’étaient rendùs coupables de ce sacrilège.

(i) Temps de Noël, 2° partie, p. 49Ü.

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