‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 16 sur 734 · MART\ R AVEC SES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

MART\ R AVEC SES COMPAGNONS

Contre les Loups, l’Incendie et l’Epilepsie. — Dans les calamités

publiques.

Saint Défendant était soldat et l’on croit qu’il faisait partie, avec ses compagnons, de la Légion Thébaine que l’empereur Maximien fit massacrer presqu’entièrement dans les plaines d’Agonne. Ce farouche persécuteur des chrétiens, à peine arrivé à Marseille, se préoccupa surtout d’anéantir les détachements de la légion Thébaine qui, à la suite d’une mission lointaine, se trouvaient dans cette contrée. Saint Défendant et ses compagnons furent donc livrés aux bourreaux, après avoir été torturés, sans qu’aucunes souffrances pussent ébranler leur courage, ils reçurent le coup de la mort, comme de glorieux martyrs.

Les chrétiens, pendant la nuit, s’emparèrent de leurs corps pour que les païens ne fussent pas tentés de violer leurs sépultures. Le secret fut strictement gardé sur le lieu où ils avaient été déposés. Ce ne fut que deux siècles plus tard que le saint évêque de Marseille, Théodore,

(1) La Civilisation chrétienne chez les Francs, p. 274.

(2) Que M. Üzanam paraît confondre avec l’Abbaye d’Herford.

(3) Tome lor, p. 1086.

DËUX janvier, saint macaire. i

découvrit leurs reliques et fit élever, sur leur tombeau, une église qui n’existe plus aujourd’hui ; mais leur culte est resté cher aux Marseillais. Si l’on ne confond pas suint Défendant, martyr à Marseille, avec un autre saint du même nom, son culte, d’après Ferrarius, se serait étendu dans les régions subalpines, à Chivaso, dans le diocèse de Turin, à Casai, capitale du Montferrat, à Novarre, etc.

Ferrarius raconte également qu’un habitant d’un bourg du diocèse de Casai, le jour de la fête de saint Défendant, au lieu d’aller à la Messe, avait rapporté de la chasse des perdrix qu’il se proposait de faire cuire, quand tout à coup les oiseaux ressuscités s’envolèrent et lui-même perdit à l’instant l’usage de ses yeux. Comprenant toute l’étendue de sa faute, il se repentit amèrement ; après avoir fait amende honorable à l’autel du saint martyr, il obtint son pardon et recouvra la vue.

Les Bollandistes (1) mentionnent, d’après Charles évêque de Novarre (2) , que saint Défendant était représenté avec un costume militaire et qu’il était invoqué contre les loups et pour arrêter les incendies. L’abbé Corblet (3) rapporte également que saint Défendant est invoqué à Faverolles (Somme) contre le mal caduc. Il est plus que probable que la première invocation, celle contre les loups, tire son origine de la signification même du nom du saint ( Défendant ou Défenseur), qui implique une protection contre une agression quelconque.

Dans son mandement contre le choléra (à la date de juillet 1884, Univers, 21 juillet) Mgr Robert, évêque de Marseille, signale saint Défendant comme un saint auquel Dieu s’est plu à accorder un crédit particulier dans les malheurs publics et il prescrit de l’invoquer contre le fléau qui sévit chaque jour.

(Galesinius, — du Saussaye, — les Bollandistes, — • Plancy et Daras).

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