SAINT ANSBERT, CHANCELIER DE FRANCE ET ARCHEVEQUE
DE ROUEN Vil' SIÈCLE. — 698.
Invoqué contre la Fièvre.
Ansbert eut pour père Siwin, qui était noble et avait une position élevée à la cour. Il naquit dans un bourg du Vexin appelé Chaussy. Son père ne considérant que la fortune temporelle de son fils, le maria à Angadrême, fille de Robert, comte de Renty et chancelier du roi Clotaire III. Ansbert et Angadrême avaient un égal éloignement pour le mariage, et bientôt Angadrême , avec l’autorisation de son mari, reçut de saint Ouen, archevêque de Rouen, la bénédiction et le voile des vierges. Ansbert, bien qu’il eut été substitué ou plutôt associé à son beau-père dans la charge de Garde des sceaux, ne tarda pas à se retirer à l’abbaye de Fontenelle, auprès de saint Vandrille qui le fit ordonner prêtre par saint Ouen. A la mort de saint Vandrille, Ansbert fut nommé abbé de Fontenelle, et saint Ouen, archevêque de Rouen, ayant rendu son âme à Dieu quelque temps après, Thierry, troisième fils de Clovis II, auquel Ansbert avait prédit qu’il deviendrait roi, sollicité par les habitants de la ville métropolitaine, voulut absolument qu’il remplaçât saint Ouen sur le siège de Rouen.
La plus grande préoccupation de l’épiscopat d ’ Ansbert fut pour les pauvres. Il accorda à son anciennne abbaye de Fontenelle le privilège de ne relever que du souverain Pontife. Il eut grand soin aussi des reliques de son prédécesseur. Les Bollandistes (volume 2, de février, p. 354) mentionnent dans une note que, pendant les cérémonies solennelles de leur translation en l’abbaye de Saint-Pierre qui, depuis, a pris le nom de Saint-Ouen, Ansbert fut guéri tout à coup de la Fièvre et retrouva sa première santé. Le saint évêque ne devait pas mourir dans sa ville épiscopale. Calomnié auprès de Pépin, il avait été relégué par ce prince au monastère de Hautmont en Hainaut. Connaissant que son heure était arrivée, il appela les Religieux du monastère et après avoir entendu la messe, reçu la sainte communion, il donna sa bénédiction aux assistants et s’endormit paisiblement dans le Seigneur. Son corps, suivant son désir, fut rapporté dans l’abbaye de Fontenelle.
Saint Ansbert est encore aujourd’hui invoqué contre la Fièvre à Fresnes Lesguillon, diocèse de Beauvais. Sa guérison, que nous avons citée plus haut, doit être l’origine de cette invocation.
(Surius. — Bollandistes. — • Petits Bollandistes) .