‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 185 sur 734 · DIX FÉVRIER, SAINT GUILLAUME · texte numérisé non relu

DIX FÉVRIER, SAINT GUILLAUME

Un schisme s’étant élevé dans l’Eglise pour la nomination de l’antipape Anaclet, Guillaume prit parti pour ce dernier contre le pape Innocent II qui avait été élu par toutes les voix justes et canoniques. En outre, il chassa de ses Etats les évêques qui ne voulaient pas reconnaître Anaclet et s’empara de leurs biens. Pour remédier à cet état de choses, le Pape envoya saint Bernard et Josselin, évêque de Soissons, auprès de Guillaume qui menaça saint Bernard de la mort; cependant le pape ayant joint aux autres légats Godefroy, évêque de Chartres, et plusieurs prélats célèbres par leur doctrine ou leur sainteté, après plusieurs conférences qui eurent lieu à Parthenay, Guillaume consentit à obéir à Innocent II, mais il ne voulait pas restituer les biens ecclésiastiques qu’il avait annexés à son domaine.

De guerre lasse, saint Bernard s’écria qu il fallait avoir recours à Dieu. Toute l’assemblée rentra dans l’église excepté le duc et ses partisans parce qu’ils étaient excommuniés. Après la consécration le saint abbé prenant le corps de Jésus-Christ sur la patène, s’avança vers la porte de l’église où se trouvait Guillaume : « Nous t’avons prié et tu nous « as méprisés ; tous ces serviteurs de Dieu t’ont supplié et tu n’en as « tenu compte : voici le fils de la Vierge, le Chef et le Seigneur de « l’Eglise que tu persécutes, qui vient devant toi ; voici ton juge, et ton « âme passera bientôt par ses mains ; voyons si tu feras cas de lui, ou « si tu lui tourneras le dos comme à nous. » Le duc ne pouvant supporter l’éclat de la voix de saint Bernard et moins encore la présence du Dieu vivant, fut saisi d’une telle frayeur qu’il tomba par terre et qu’écumant comme un forcené, il ne pouvait dire un seul mot ; il fut relevé par ses officiers, mais il retombait autant de fois jusqu’à ce que saint Bernard l’eut touché du pied et lui eut commandé de se lever et de dire tout haut ses intentions.

La main du Tout-Puissant l’avait changé en un instant, il reconnut Innocent, remit les évêques en leurs sièges et leur restitua leurs biens.

Guillaume touché intérieurement, ne pensait plus qu’au salut de son âme et aussi après avoir pris conseil d’un ermite qui menait la vie la plus sainte au milieu d’une forêt près de Poitiers, il fit son testament par lequel il mettait ses deux filles sous la protection du roi de France. Il y inscrivit un grand nombre de legs pieux destinés à plusieurs monastères. Puis après avoir distribué aux pauvres l’argent et les joyaux qu’il possédait, il vint retrouver l’ermite qui lui dit que la pénitence qu’il aurait à faire devait être en rapport avec la grandeur et la multitude de ses péchés, que, pour expier les crimes de son impureté, il porterait la haire et jeûnerait étroitement le reste de ses jours : « Quant à l’expiation du « sang humain qui a été si cruellement répandu par vos violences, « ajouta-t-il, il y a en ce désert un armurier qui fera des armes sur la « mesure de votre corps, et au lieu de les porter sur vos vêtements, vous « les porterez sur la chair couverte seulement d’une haire. » Guillaume immédiatement se dépouilla de ses vêtements, prit une rude haire, mit le casque en tête, endossa la cuirasse et se lia tout à l’entour de dix chaînes. L'armurier riva si adroitement les clous auxquels elles tenaient , qu’il ne les pouvait ôter. Ce fut ainsi qu’il se présenta au pape Eugène qui était à Reims et lui demanda d’être absous de tous ses crimes. Le pape lui remit un bref adressé au patriarche de Jérusalem, avec puissance de lever l’excommunication et de lui donner une absolution géné»

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