V . Dele peccamen
Vexatis peste juvamen Mœstis solamen Porrige temper. Amen.
V. Détruisez le péché, apportez toujours du soulagement à ceux qui sont atteints de la peste, et de la consolation à ceux qui sont tristes. Ainsi soit-il.
Le nombre des miracles de Geneviève est tellement considérable qu’il serait impossible de les relater tous ici ; aussi, l’éclat de sa sainteté s étendit dans le monde entier et en Orient, saint Simèon Stylite . qui vécut plus de cinquante ans sur une colonne, se fit recommander à ses prières.
Enfin, après quatre-vingt-neuf ans d’une vie consacrée tout entière aux bonnes œuvres et aux plus rigoureuses austérités, Geneviève rendit son ame a Dieu cinq semaines après Clovis, le 3 janvier 512. Son corps lut enterre dans l’église de saint Pierre et saint Paul, sur le haut de la montagne du palais des Thermes. Cette église avait été commencée par Ucms et achevée par sainte Clotilde. Un grand nombre de miracles s étant accomplis au tombeau de sainte Geneviève , l’église prit plus tard
(1) Histoire du diocèse de Paris, p. 20, 1" vol., édit, do 1863.
TROIS JANVIER, SAINTE GENEVIÈVE
le nom de la Sainte. Elle fut démolie en 1807. Vers le milieu du XVIII6 siècle, elle tombait en ruines ; Soufflot fut chargé d’en bâtir une nouvelle.
Sous Louis-le-Gros, en 1129, on signala, en France et à Paris surtout, une étrange maladie appelée Feu sacré, Mal des Ardents. C’était comme une fièvre contagieuse qui avait déjà fait beaucoup de victimes ; les médecins étaient impuissants pour la guérir. On porta processionnellement la châsse qui contenait les reliques de la sainte en l’église de Notre-Dame où l’on avait réuni tous les Ardents. Ils furent tous guéris à l’exception de trois qui n’avaient pas assez de foi. L’année suivante le pape Innocent II étant venu à Paris, ordonna qu’il serait fait mémoire de ce miracle chaque année, dans le bréviaire de Paris, au 26 novembre. Pour en perpétuer le souvenir, on bâtit une église sous le nom de Sainte-Geneviève des Ardents. C'est après cette guérison surnaturelle qu’on a commencé à invoquer sainte Geneviève contre la Fièvre. « Erasme, quoique libertin en religion, dit André Duval (add. à Ribadaneïra) tremblant de la fièvre au collège de Montaigu en l’Université de Paris, où pour lors il demeurait, se voua à celte sainte pour être guéri et le fut incontinent ». Pour s’acquitter de son vœu, il composa un panégyrique de sainte Geneviève en vers latins.
Ce Mal des Ardents qui avait un caractère essentiellement inflammatoire, a été assimilé par les Espagnols à une espèce de Lèpre et aussi dans le calendrier de Saragosse de 1876, sainte Geneviève est qualifiée :
Abogada contra la lepra, \ Avocate contre la lèpre.
Dans le Missel de Paris de 1602 (n° 970, Bibliothèque de Lyon) on trouve cette oraison adressée à sainte Geneviève, contre le mal des Ardents :
ORATIO
Deus qui beatœ Genovefæ virginis excellentiam multiplici virtutum gloria declarasti, concédé nobis, quœsumus, ut quœ hodierna die per gratiam luarn in membris humants ignis horrendi consumpsit incendium, nos quoq ne a Gehennœ incendiis liberatos, ad gaudia transférai Angelorum.
PRIÈRE
Dieu qui avez manifesté l’excellence de la vierge sainte Geneviève par la gloire multipliée de ses miracles, nous vous prions de faire que celle qui par votre grâce, dans ce siècle a éteint dans les membres humains, l’incendie de ce feu horrible, nous préserve de l’incendie de l’Enfer et nous introduise dans la joie des Anges.
Dans V Officium Mariæ Virginis, Lyon, 1597, on trouve également cette oraison contre les Fièvres contagieuses (n° 1469, Bibl. de Lyon) :
ORAISON A MADAME SAINCTE GENEV1EFUE
Glorieuse vierge de France Geneviefue de bonté pleine De Dieu tu as grande puissance La chose est vraye et certaine ; Tu gettes les gens hors de peine Qui ont maladies furieuses De par la bonté souveraine Guéris des fiébures contagieuses.
Ses reliques qui, primitivement, avaient été placées dans une châsse faite par saint Eloy, furent brûlées en place de Grève par les barbares de 93, et la belle église élevée sous son vocable, fut à cette époque trans-