DIX-NEUF MARS, SAINT JOSEPH
Joseph les accompagnait à pieds portant leur modeste bagage au bout d’un bâton. La tradition prétend que, sur le passage du divin enfant, les idoles tombaient, et la nature lui rendant l’hommage du à son créateur, les palmiers s’inclinaient et abaissaient leurs feuilles jusqu’à terre. » C’est à cause de ce voyage que les Voyageurs réclament le patronage de saint Joseph. Les Iiagiologues, contrairement à cette légende, inclinent à penser qu’exposé à l’ennui de se voir dans un pays inconnu, sans aucune ressource pour soulager une mère telle que la Sainte Vierge et un enfant tel que Jésus, Joseph eut beaucoup à souffrir de ne pouvoir les assister que par le travail de ses mains. Si cette assertion était exacte, les Voyageurs l'imploreraient pour être exempts du sort qu’il fut lui-même obligé de subir.
De retour à Nazareth, Joseph y passa le reste de ses jours avec Jésus et Marie. Jésus lui était soumis en tout. « Admis pendant tant d’années, dit Théophile Raynaud (1), dans la société de Jésus et de sa sainte Mère et jouissant habituellement de leurs exemples et de leurs célestes conversations, il dut indubitablement parvenir au plus haut point de la grâce et de la perfection évangélique, » bien qu’il n’y ait rien de certain, d’après les livres saints qui gardent le silence à cet égard ; cependant une révélation de sainte Brigitte donne à penser que sa plus précieuse Bénédiction fut sans doute, pour lui, celle de mourir entre les bras de Jésus et de Marie ; aussi réclame-t-on son assistance pour obtenir une bonne mort , ce qui le constitue réellement le patron des Agonisants. Les Sonneurs, les Carillonneurs , les Fossoyeurs , cortège inévitable de la Mort, ont également requis le même patronage.
Gomme époux de la très sainte Mère de Dieu et père putatif du Verbe incarné, saint Joseph doit occuper la première place parmi les saints, aussi l’invoque-t-on dans les Cas désespérés. Les Bollandistes citent une guérison miraculeuse opérée sur la personne de sœur Anne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun, qui était atteinte d’une pleurésie que les médecins avaient déclarée devoir être mortelle. Saint Joseph est également très puissant contre les tentations, et le père Paul de Barri de la Compagnie de Jésus assure qu’il a connu plusieurs personnes dont il était directeur, qui ne pouvaient contenir leurs mauvaises langues et se plaisaient dans la médisance ou dans les querelles; d’autres qui avaient des aversions mortelles pour leur prochain ou qui étaient tourmentées par de violentes affections charnelles et qui toutes, par la médiation de saint Joseph, avaient obtenu des grâces victorieuses.
L’ Invocation pour les yeux repose probablement sur la guérison miraculeuse d’une supérieure de la Congrégation du Verbe incarné à Lyon- Les Bollandistes mentionnent que ses yeux étaient si gravement attaqués qu’elle ne pouvait déjà plus lire. Voyant que son mal était irrémédiable, elle fit vœu à saint Joseph, si elle guérissait, de s’engagera lire son petit office chaque jour de l’année, et elle retrouva la vue immédiatement.
Le Patronage réclamé à Rouen par les Lanneurs et Tondeurs de draps ne parait pas devoir être expliqué.
Le nom de saint Joseph se trouve dans de très anciens martyrologes au 19 mars ; mais on n’a commencé à faire sa fête qu’assez tard, °dit Dom Calmet (2). On croit que ce furent les Carmes qui apportèrent cette
(1) Dipt. fol. 44.
O) Dictionnqfre de la Bible. 1er vol. p. 436.