‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 3 sur 734 · DE MONSEIGNEUR L’ÉVÊQUE DE PAMIERS · texte numérisé non relu

DE MONSEIGNEUR L’ÉVÊQUE DE PAMIERS

Pamiers, le 25 avril 1887.

A Monsieur du Broc de Segange, capitaine commandant au 8e hussards, Vienne [Isère).

Monsieur,

J’ai parcouru, avec un pieux intérêt, le premier volume de la grande œuvre de Monsieur votre père, que vous avez bieu voulu m’envoyer, « Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoqués dans les maladies et dans les circonstances critiques de la vie. »

Trop tôt réuni à ces bienheureux, dont il a voulu consacrer par ce monument la puissance auprès de Dieu et la vigilante bonté en faveur des hommes, Monsieur votre père a eu le bonheur de laisser après lui des mains pieuses pour recueillir et pour publier ces travaux dont on peut dire qu’ils arrivent à leur heure ; car notre Société rassasiée d’utopies, sentira peut-être le besoin de remonter aux sources des traditions nationales et de l’antique prospérité.

Son cœur de chrétien et de Français avait été ému par le spectacle du manque d’union et d’assistance entre les hommes de même profession ; c’est en effet l’une des infirmités sociales les plus regrettables de notre époque ; il l’a compris, il en a cherché la cause et les remèdes dans ses patientes études, et il a pu apprécier en toute évidence le rôle prépondé. rant que l’invocation, que l’exemple et que la protection des Saints ont exercé aux meilleures époques de notre histoire sur les corporations des métiers, comme aussi sur l’état physique et moral des particuliers , à

ce défaut d’union, aux misères individuelles de toute sorte, il s’est efforcé de porter remède en montrant, par l’histoire, quels trésors d’espérance et de force nos aïeux ont su puiser dans la charité du Ghiist, dans les exemples des saints, dans leur patronage et dans leur intercession.

La corporation était pour le peuple, après le foyer domestique, la grande famille ; elle a répondu au besoin des faibles de s’unir, de s’entr’aider, de se défendre ; elle a vécu de ce besoin ; comme aussi elle a abusé de sa puissance pour devenir tracassière et exclusive, et elle en est morte.

Ce besoin d’autrefois, il subsiste toujours, il se révèle même dans certaines circonstances avec une énergie inconnue aux âges dans lesquels la liberté d’association, au lieu d’être une théorie sonore, était entrée dans les mœurs ; d’autre part la tendance de l’homme à tirer des meilleures pratiques des conséquences abusives, n’est pas diminuée. Mais qu’est devenu l’idéal de ces associations vivantes et bienfaisantes ? Où est le souffle qui les animait ? le protecteur qui du haut du ciel veillait sur leurs intérêts ? le saint patron sur lequel devait prendre modèle chacun de leurs membres ?

Il est au ciel, nous répond le pieux écrivain. Et nous, nous pouvons ajouter que, si le ciel ne s’est pas éloigné de nous, hélas ! les regards de l’homme se sont détournés du ciel. Souvenons-nous donc qu’au jour de sa prospérité, chaque corporation avait là-haut son protecteur, son guide ; qu’elle portait son nom, qu’elle arborait son image, qu’elle invoquait son appui, et qu’elle trouvait dans son culte une fraternité issue d’une foi et d’une charité divines. Pour revivre, il faut que l’association se tourne de nouveau vers le ciel ; tel est le grave enseignement historique qui découle de cette vaste nomenclature du patronage des Saints sur les corporations, tel est le côté social chrétien, éminemment pratique de l’œuvre de Monsieur du Broc de Segange.

Il en découle aussi un autre enseignement d’un intérêt moins général, mais néanmoins très précieux : les défaillances, les maladies physiques ou morales de chacun de nous en particulier, les fléaux qui lui viennent de la nature vivante ou inanimée, les catastrophes sociales contre lesquelles tous ses efforts sont impuissants, ont de tout temps, et spécialement dans les âges chrétiens, fait sentir au malheureux le besoin d’un protecteur surnaturel. Gomme les corporations, l’homme individuel l’a trouvé en Dieu par l’intercession des Saints ; il a éprouvé leur secours avec une efficacité si évidente que, depuis de longs siècles, il invoque le même saint pour le même mal déterminé, et le nombre de ces célestes médecins est comme infini ; leurs noms associés aux noms des infirmités guéries par eux remplissent ce volume.

Avec le saint Concile de Trente (session XXIV) nous professons « que

les Saints qui régnent avec Jésus-Christ, offrent à Dieu des prières pour les hommes ; que c’est une chose bonne et utile de les invoquer et supplier humblement, et d’avoir recours à leurs prières, à leur aide et à leur assistance pour obtenir des grâces et des faveurs de Dieu » ; et nous voyons avec joie dans « Les saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoqués dans les maladies et dans les circonstances critiques de la vie » notre foi confirmée par la constante pratique du peuple chrétien et par la bienfaisante intervention, en notre faveur, des Saints auprès de Dieu.

"N euillez agréer, Monsieur, l’expression de mon respectueux dévouement en Notre Seigneur.

"h PIERRE-EUGÈNE, Evêque de Pamiers.

APPROBATION

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