‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 355 sur 734 · ONZE AVRIL, SAINTE GODEBERTHE · texte numérisé non relu

ONZE AVRIL, SAINTE GODEBERTHE

Adalbert, qui, par charité, l’avait logé chez elle. A Cologne, il guérit des écrouelles son hôte. A Mayence, il sauva un meurtrier de la fureur de ceux qui le poursuivaient. A Malines, il éteignit, par ses prières, un incendie qui menaçait de brûler toute la ville. A Tournay, il apaisa une émeute populaire. A Cambrai, l’entrée des portes de l’église Notre-Dame lui ayant été refusée, les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes. AMaubeuge, un valet ayant jeté par dérision du sang que le Saint s’était fait tirer, il fut frappé de la lèpre.

A son arrivée à Gand, en l’an 1011, Macaire avait reçu l’hospitalité dans le couvent de Saint Bavon. On voit encore la petite tour, de construction romane, qu’il choisit pour sa résidence et qu’on nomme cellule de saint Macaire. Après y avoir séjourné quelque temps, il voulut se remettre en route pour l’Arménie ; mais il fut obligé de rentrer au couvent, ayant été saisi par une grosse fièvre, dont il fut guéri par saint Bavon, saint Landoald et d’autres saints qui vinrent le visiter pendant son sommeil. Saint Macaire , néanmoins, nourrissait toujours le projet de retourner en Arménie, quand il survint tout à coup à Gand une peste si cruelle qu’on ne pouvait plus suffire à enterrer les morts. Le saint évêque s’oflrit à Dieu pour le salut de ce pauvre peuple : il fut exaucé et Dieu permit qu’il en fût atteint ; à peine en fut-il frappé, il perdit l’usage de la parole ; puis il annonça, par signes, qu’il en mourrait, avec deux autres moines qui s’étaient offerts comme lui, et que le fléau cesserait immédiatement après. Il se fit porter dans l’église Notre-Dame, où il marqua avec son bâton la place où il voulut être enterré, devant l’autel de saint Paul ; puis, ayant donné sa bénédiction au peuple, il se retira dans sa chambre, pria Dieu, les mains étendues en croix, et lui rendit son âme le 10 avril 1012. Sa prophétie s’accomplit. Il fut la dernière victime de l’épidémie.

Telle est l’origine des prières qu’on lui adresse pour éloigner la Peste.

En 1617, ses reliques furent transportées de Gand à Mons, pour apaiser une maladie contagieuse qui ravageait toute la contrée. Les bourgeois de Mons, reconnaissants, les rapportèrent à Gand l’année suivante, dans une riche châsse qu’ils avaient fait faire exprès.

A Gand, en 1767, d’après une description qui fut publiée à cette même époque, on célébra le Jubilé de 700 ans de saint Macaire, qui est désigné comme patron particulier contre la Peste.

[Les Bollandistes. — Le Père Giry.)

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