QUATORZE AVRIL, SAINT VALÉRIEN
qu’on eut achevé tout ce qui présentait l’exécution la plus difficile. Le corps du Saint fut inhumé dans la chapelle romane que l’on voit encore sur le fragment du merveilleux pont. Une grande partie du pont étant tombée en 1669, on retira son corps du cercueil, où il était resté parfaitement intact. Après de longs débats entre les cours de Rome et de Paris, il fut enfin déposé dans l’église des Gélestins. Pendant la Révolution, cette église ayant été convertie en prison, les reliques furent dispersées, et la translation solennelle d’une grande partie n’eut lieu qu’en 1854, dans l’église de Saint-Didier. Le culte de saint Benezet a survécu à toutes les vicissitudes, et l’on trouve dans son office propre une oraison commençant ainsi :
OREMÜS
Omnipolens sempiterne Dcus qui, miro divi Benedictuli mérita facloque sidereo ponti» liujus stemmate urbetn Avenionem perlustrare voluisti
ORAISON
Dieu tout puissant et éternel qui, par le mérite et l’œuvre également admirable de saint Benezet, avez voulu illustrer la tille d’Avignon par la gloire merveilleuse de ce pont (i).
D’après la Revue des Socièlés savantes (6e série, tome IV, p. 81), le Rhône enlevait les arches du pont de Lyon, au fur et à mesure qu’elles sortaient de l’eau. La lutte avec le fleuve dura six siècles. Il en fut seulement élevé un en 1182, par les Frères Pontifes (2).
Bien que saint Benezet ne fût pas le fondateur des Frères Pontifes d’Avignon, il fut le membre le plus illustre de cette confrérie de Moines ouvriers qui bâtirent le pont d’Avignon et celui du Saint-Esprit, deux œuvres colossales : l’une de vingt-deux arches, l’autre de vingt-six. Aussi son patronage des Frères pontifes s’explique tout naturellement. Il en est de même de celui des Bergers , qui est un souvenir de la première profession de saint Benezet.
( Les Bollandisles. — L’Abbé André. — Les petits Bollandistes.)