‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 449 sur 734 · SAINTE MONIQUE VEUVE, MÈRE DE SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

SAINTE MONIQUE VEUVE, MÈRE DE SAINT AUGUSTIN

iv° siècle. — 332-387.

Patronne des Femmes mariées. — Invoquée pour la conversion d’un fils.

Monique était née à Tagaste, ville d’Afrique, sur la route de Carthage à Hippone. Ses parents chrétiens, d’une condition médiocre, l’élevèrent dans la vertu. Comme elle avait quelque disposition à boire souvent un peu de vin ou des liqueurs, elle s’en guérit complètement en écoutant, avec honte et de sérieuses réflexions, les moqueries de sa servante. Elle fut mariée à un bourgeois de Tagaste , qui était païen , violent et débauché ; mais elle apporta, dans cette union, tant de sagesse, de modération et de piété, qu’enfin elle le gagna à Jésus-Christ, et il reçut le baptême avant de mourir. Elle ne lui faisait, au reste, jamais de reproches amers, et elle conseillait à toutes les femmes qui se plaignaient de leurs maris d’en agir ainsi à leur égard, si elles désiraient vivre en paix. Elle avait eu, de ce mariage, un fils nommé Augustin, qui devint plus tard le grand évêque dTIippone. Ce fils avait embrassé une vie de désordres, et, en outre, était tombé dans l’hérésie de la secte des Manichéens. La pauvre mère versait des torrents de larmes et priait nuit et jour pour la conversion d’Augustin. Elle traversa la mer pour aller le trouver à Milan où il avait été envoyé pour enseigner la rhétorique. Là, elle eut la joie de le voir assister aux prédications desaint Ambroise qui le convertit et le baptisa dans sa trente-quatrième année. Augustin devint un grand Saint, Tune des plus fermes colonnes de l’Eglise catholique. Comme Monique, dans toute l’allégresse de son âme, se disposait à retourner en Afrique, elle mourut, à Ostie, à l’âge de cinquante-six ans. Quelques jours avant de tomber malade, assise au bord de la mer et tenant la main de son fils dans la sienne, elle lui avait parlé dans un langage inexprimable du ciel qui étaitsa seule espérance maintenant qu’Augustin s’était consacré au service de Dieu. C’est cette scène admirable qu’un peintre contemporain, Ary Schefler, a retracée avec un véritable sentiment religieux.

Les bons conseils que Monique donnait aux autres femmes et aux mères de famille, ainsi que la conversion de son mari expliquent suffisamment l’origine du patronage réclamé par les femmes mariées. La conversion de saint Augustin obtenue de Dieu par les prières incessantes de sa mère justifie également, de la manière la plus frappante, l’invocation adressée à sainte Monique pour la conversion d’un fils.

(Ribadaneira. — Martyrologe déjà, cité.)

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