SAINT GUÉRIN, ÉVÊQUE DE SION
Préservateur d’épizootie. — Protecteur des bestiaux.
l naquit à Pont-à-Mousson, en Lorraine, d’une noble famille, vers le milieu du XIe siècle. Puis il embrassa la règle de Giteaux dans la célèbre abbaye de Molesme, et il s’en vint un jour, sous la protection des comtes de Savoie, fonder l’abbaye de Saint-Jean d’Aulph dans une vallée solitaire du Ghablais.
Après plus de trente ans de fonctions abbatiales, il fut appelé par le Pape Innocent III au siège épiscopal de Sion, qu’il gouverna pendant de longues années. Tous les ans il venait visiter ses frères, et c’est au milieu d’eux que la mort le trouva plein de jours et de mérites.
Il reçut sa sépulture à Saint-Jean d’Aulph et il y a reposé jusqu’à cette heure. Seulement sa tombe, devenue promptement glorieuse, ne tarda pas à être l’objet d’un nombreux concours ; elle donna même naissance à une agglomération qui reçut le nom de Bourges, dont les habitants se levèrent, sur le milieu du XVI0 siècle, au cri deDeouero (Pour le vrai Dieu !) pour s’opposer au progrès du protestantisme dans le Ghablais.
L’hérésie n’osa pas se mesurer avec eux, ils lui barrèrent le passage, ils restèrent fidèles à la religion catholique jusqu’au bout, et si les soldats de la république française pénétrèrent dans leurs murs, détruisirent l’abbaye et y fermèrent l’église, ils ne purent entamer la foi de la vallée ni atteindre les restes de saint Guérin.
Les vigoureux montagnards demeurèrent inébranlables dans leurs croyances, et ils cachèrent dans l’épaisseur d’une muraille le corps du bienheureux évêque.
En 1 804, ces précieuses reliques furent rendues à la vénération publique, et depuis lors elles n’ont cessé de recevoir les hommages empressés de toute la contrée. On y conduit les bestiaux, soit pour les faire bénir, soit pour les faire toucher par une clef forgée avec le cilice en fer de saint Guérin, et cela dans le but de les préserver d’épizootie et autres maladies contagieuses.
[Petits Bollandistes, 6 janvier. — Univers, 5 septembre 1877).
SAINT IIILLOINE (*) (HILLONIUS)
RELIGIEUX DE L’ABBAYE DE SOLIGNAC (LIMOUSIN) vu0 et viii» siècle. — 608-702.
Pour les Enfants qui ont de la peine à marcher. — Contre la Fièvre. Patron des Graveurs au burin.
Hilloine était né en Saxe de parents ariens. Ses compatriotes, après avon ete vaincus par les Français, furent amenés en France comme
(1) Thèau, Tliielman, Thillon (Thillo).
26 SEPT JANVIER, SAINT HILLOINE
esclaves. Par une grâce toute particulière, Dieu permit qu 'Hilloine fut racheté par saint Eloy, qui le confia à saint Remacle, alors abbé de Solignac. Après avoir passé un certain temps dans cette abbaye, il se convertit à la foi catholique et s’enrichit tellement de tous les trésors du cœur et de l’àme unis à l’intelligence la plus développée, que saint Remacle n’hésita pas à le rendre à saint Eloy. Celui-ci le traita comme un ami et lui enseigna l’art de l’orfèvrerie. « Tous les deux , d’après un « manuscrit de l’Abbaye de Solignac, va.cqua.ient ensemble à leurs « ouvrages ; élevant cependant leurs esprits à Dieu dans la contemplation « des Mystères de notre saincte religion qu'ils représentaient avec une « naïveté non pareille sur l’or et sur l’argent. »
Saint Eloy, ayant été appelé à l’évôché de Noyon, conféra la prêtrise à saint Hilloine et le chargea de prêcher l’évangile à Tournay et dans d’autres lieux des Pays-Bas. Après la mort du saint évêque, il revint à Solignac et reçut l’habit des religieux dans l’Abbaye.
Après avoir embaumé ce couvent du parfum de toutes ses vertus, il se retira à Brajac, à deux lieues de Mauriac (Auvergne). Là, dans une retraite au milieu de rochers et de précipices inaccessibles, il vécut assez longtemps inconnu, n’ayant d’autre nourriture que quelques pommes sauvages, du pain et de l’eau dont il usait encore avec une certaine réserve ; mais bientôt la réputation d’une vie aussi austère et aussi riche en grâces de toute sorte, se répandit dans tout le voisinage et les nombreux visiteurs l’avaient surnommé Paul en souvenir du premier de tous les ermites ; chacun venait le consulter et tous ceux qui l’approchaient s’en retournaient toujours très édifiés de ses pieux discours dans lesquels il expliquait les passages de l’Ecriture sainte avec une merveilleuse grâce et une très rare éloquence. Ce fut par son avis que saint Bonnet, évêque de Clermont, se démit de sa charge pour finir ses jours dans la vie religieuse.
Mais un jour un ange vint l’avertir que Dieu désirait son retour dans sa première retraite de Solignac. A son arrivée dans le couvent, Hilloine supplia le père Abbé de lui faire bâtir un petit oratoire dans le voisinage, en l’honneur du grand saint Eloy, afin qu’il pût se livrer à l’oraison avec plus de calme et de recueillement. Cette demande lui ayant été accordée, il se trouvait plus heureux que le plus grand des monarques au milieu des splendeurs de son palais. Toutes les heures s’écoulaient dans les austérités et dans la prière. Par son intercession toute puissante, il guérissait les infirmités les plus fâcheuses et les maladies les plus désespérées. On l’invoque encore aujourd’hui, (dit Collin, docteur en théologie qui écrivait en 1659,) pour les Enfants qui ne peuvent se tenir sur leurs pieds, dans cet oratoire et dans celui de Seigne, près de Pompadour.
Il avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatorze ans, lorsqu’il fut pris par un accès de fièvre , et sentant sa fin approcher il envoya un dernier adieu à son évêque Hermenus, alors affecté sur les -yeux d’une fluxion qui lui avait ôté la vue, en le priant de venir assister le lendemain à ses funérailles. Hermenus ayant appris cette nouvelle, se fit habiller et conduire à Solignac, se sentant assez fort pour faire le voyage à pied. Ayant trouvé Hilloine déjà mort, il voulut porter lui-même son corps en terre. Pendant qu’il lui rendait les derniers devoirs, il fut guéri non seulement de sa fluxion, mais encore de toutes ses infirmités.