‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 521 sur 734 · DIX-SEPT MAI, SAINTE RESTITUTE · texte numérisé non relu

DIX-SEPT MAI, SAINTE RESTITUTE

niers l’ont également pris pour Patron ; une confrérie des Cuochi (cuisiniers) est établie, à Florence, sous l’invocation de Pascal Baylon dans l’église de Sainte-Marguerite. Quelques femmes vinrcntun jour demander le supérieur dans l’intention de se confesser. Celui-ci ordonna à Pascal de leur dire qu’il n’était pas chez lui. — « Je leur dirai, répliqua Pascal, que vous ne pouvez pas venir étant occupé. » — « Non, reprit le supérieur, vous direz que je ne suis pas à la maison. » — ■ Pardon, répartit alors Pascal qui, d’ailleurs, était extrêmement timide et soumis ; « je ne puis pas dire cela, car ce serait un mensonge et par conséquent un péché. » Une autre fois, comme le supérieur lui disait de mieux gérer les intérêts de la communauté et de ne pas faire l’aumône à tous ceux qui se présentaient.— « Mais » répondit naïvement Pascal,. « s’il se présente douze pauvres, et que je ne donne qu’à dix, il est à craindre que précisément parmi les deux que je renvoie, il ne se trouve Jésus-Christ.

Pascal, pour faire comprendre la différence qui existe entre la vraie etla fausse piété, appelait naïvement les scrupules les Puces de la conscience, en faisant remarquer que l’important, pour les âmes dévotes, était d’avoir une confiance sans bornes en Dieu et un véritable amour. Aussi, en recevant la sainte communion, il n’exprimait pas sa ferveur par des gestes, des soupirs et des contorsions, comme font certaines gens ; mais il y allait simplement, paisiblement, comme un ami qui va voir et embrasser un ami.

Des mendiants, à cette époque, sillonnaient toute la France et faisaient partout la chasse aux moines et aux ordres religieux. Or, le provincial de Valence, avant des communications importantes à faire au général de l’ordre qui était à Paris, etpersonnene voulant entreprendre ce voyage si dangereux, ne vit que le frère Pascal auquel on put proposer déporter ses dépêches à Paris. Notre Saint partit joyeux ne désirant rien tant que d'être martyr de son obéissance. Il courut les plus grands dangers, reçut même une blessure à l’épaule dont il demeura estropié le reste de sa vie. Néanmoins, il fut assez heureux pour rapporter la réponse qu’attendait le provincial.

Après avoir fait éclater sa piété par la vie la plus exemplaire, par des miracles sans nombre et aussi par le don de prévoir les choses à venir, Pascal rendit son âme à Dieu le dimanche de la Pentecôte en 1592. Il fut canonisé par une bulle d’Alexandre VIII à la date du 1er novembre 1680.

(Les Petils Bollandistes).

Page 1